Si mon analyse de la crise d’Écône (articles précédents) est juste, les scénarios d’avenir suivants se présentent à l’esprit.
Scénario 1 (le plus probable pour l’instant). La Fraternité Saint Pie X continue sa traversée du Niagara sur un fil, affirmant en même temps son identité catholique et, donc, sa communion avec le pape et le collège des évêques, d’une part, et proclamant aussi son refus de ladite communion dans la mesure où celle-ci implique la reconnaissance de Vatican II et du magistère des deniers papes, d’autre part.
Concrètement, elle dit son attachement à Rome tout en le niant dans les faits. Ce fut dès le début l’attitude de Mgr Lefebvre. Par rapport à d’autres dissidences, celle-ci est donc originale. Les précédentes se sont toutes cristallisées sur un refus de l’autorité papale, jugée exagérée ou déplacée. Mais cette originalité, ce maintien d’une tension avec Rome, est coûteuse en énergie. Elle engendre des difficultés internes et externes. Elle ne préserve l’unité de la FSSPX qu’au prix d’une guérilla perpétuelle afin de justifier des positions intenables, que ce soit en théologie, que ce soit en pratique.
À la longue, cette position schizophrénique pourrait nuire au recrutement de nouveaux séminaristes. On imagine mal des jeunes gens en recherche d’une identité religieuse forte s’accommoder indéfiniment du balancement entre le OUI et le NON à Rome. D’autre part, les milieux sociaux d’où sont issus aujourd’hui nombre de séminaristes pourraient à la longue perdre leur intérêt pour une dissidence de moins en moins crédible.
Scénario 2 (vraisemblable à terme). Les fissures déjà visibles au sein de la Fraternité s’élargissent et se transforment en fractures. La communauté lefebvriste éclate au moins en deux. D’un côté, ceux qui préféreront un retour à la pleine catholicité, moyennant quelques garanties dans la ligne des concessions déjà accordées par Benoît XVI. D’un autre côté, ceux qui s’installeront dans la dissidence, faisant finalement de celle-ci leur principal cheval de bataille (refus de Vatican II et de la «Rome conciliaire»). On peut s’attendre de leur part d’abord à une virulence accrue dans les attaques, puis à de graves tensions et conflits internes en vue du leadership. Un déclin, voire une disparition de la Fraternité est possible.
Le scénario 1 a des chances de se maintenir aussi longtemps que les quatre évêques ordonnés par Lefebvre sont encore aux commandes, avec ou sans Williamson. Ces prélats, ainsi que d’autres dignitaires de la même génération, doivent en quelque sorte tout au fondateur, qui les a choisis comme successeurs. Leur vocation est enracinée dans leur identification à Mgr Lefebvre. Difficile pour eux de rompre avec cela. Si l’un s’y essaie (par exemple Fellay), les autres feront tout pour l’en empêcher.
En revanche, quand cette génération aura quitté les postes de direction, mettons d’ici une vingtaine d’années, les suivants n’auront pas les mêmes raisons de s’identifier à Marcel Lefebvre… Entretemps, les chefs actuels auront-ils trouvé le moyen, comme Lefebvre, d’assurer leur succession? Ont-ils le charisme et la légitimité nécessaires pour cela? Les circonstances sociales et ecclésiastiques seront-elles encore favorables au maintien d’une dissidence née paradoxalement grâce à cet événement extraordinaire que fut le concile Vatican II?
Il y a fort à parier qu’avec le temps, c’est le scénario 2 qui s’imposera.
N’excluons pas, sans trop y croire, une miraculeuse conversion collective de la Fraternité…
p.o. Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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autre scénario
dans 15ans l'église conciliaire n'existera presque plus, du moins en Europe, alors que la Fraternité comptera toujours des familles nombreuses, des prêtres jeunes. Devant l'évidence de la nullité des fruits de Vatican II les autorités romaines reconnaissent enfin avoir été trompées et consentent à toutes les exigences de la Fsspx. Tout rentre dans l'ordre, l'Eglise tourne la page de tout le magistère personnaliste et renoue avec la Traditioné@Julien
Ce n'est pas parce que certains membres de l'Eglise d'après Vatican II ont failli, que tout doit être abandonné ! Vatican II a été une chance pour notre Eglise Catholique, j'en veux pour preuve les nombreuses communautés qui vivent du Concile (Cté St-Martin, Fraternité Sacerdotale St-Pierre, Opus Dei etc) et qui font, tout comme la FSSPX, preuvent d'une belle vitalité en communion avec le St-Père et dans l'esprit du concile. Vous ne voyez que la partie négative de notre Eglise actuelle et vous oubliez tout le bien qui s'accomplit au quotidien. C'est dommage et c'est très réducteur ! Il est vrai que le mal fait du bruit et le bien lui n'en fait pas !D'accord avec Julien Gunzinger
Monsieur l'abbé,Je suis un catholique, ayant eu une éducation catholique, et je suis profondément dégoûté par le spectacle du reniement de la foi par l'Eglise officielle hiérarchique: épiscopat, et même saint Siège je dois l'avouer.
J'ai été élevé par des parents qui sont sur la même ligne que vous, et c'est pourquoii ils se sont toujours interdits de rejoindre Ecône. Aujourd'hui, après une errance et une souffrance absoument inique qui leur a été imposée pendant plus de 40 ans, ils ont fini par trouver quelque chose qui ressemble un peu à une messe catholique tout en étant dans le giron romain, et cela leur permet de trouver un certain réconfort et à peu près ce dont leur piété a besoin, mais pas vraiment.
Pour ma part, tout celà m'a beaucoup détaché de l'Eglise. Je suis devenu totalement allergique aux messes modernes qui me paraissent des simulacres, des parodies et pour tout dire des sacrilèges. Certes l'on ne devrait pas en dire autant de ces prêtres qui, comme vous, ont accepté certains changements tout en restant "romains", par exemple ceux auprès desquels mes parents ont trouvé refuge, cependant à mes yeux, et malgré certains aspects "sociologiques", à vrai dire très superficiels et sans importance, d'Ecône, dont je comprend qu'ils puissent rebuter certains, je suis absolument CERTAIN que c'est Ecône qui est dans le vrai et Rome dans l'erreur.
Si Rome était encore catholique et même tout simplement chrétienne, jamais le scandale de ces 40 dernières années n'aurait pu avoir lieu.
Il est très évident, et malgré la foi et l'engagement méritoire de certains, dont vous peut-être, que l'actuelle tentative de replâtrage consistant à satisfaire au compte goutte la sensibilité des catholiques fermes, que l'on abuse en tirant parti de leur esprit d'obéissance, en leur concédant comme un susucre un peu de latin, tout en consacrant officiellement des doctrines clairement contraires aux textes DEFINITIFS du magistère comme Quanta Cura, Pascendi, etc., tout cela doit être considéré comme l'ouvrage consistant à maçonner des sépulcres blanchis, faits d'imposture et de trahison. Tout cela est vain et ne trouvera pas grâce aux yeux de Dieu.
Certes, au milieu de ce sépulcre, pour la plus grande part blanchi, on trouve à côté des loups déguisés encore quelques vrais agneaux comme vous. Celà ne peut nécessairement qu'être le cas, car nous croyons que l'Eglise est indéfectible et que l'Hadès ne prévaudra pas contre elle. Seulement le grand corps est infecté jusqu'aux moelles.
Bien sur il y a ces oeuvres louables que vous mentionnez: Cté St-Martin, Fraternité St-Pierre, Opus Dei etc., mais elle ne sont, au sein de l'église apostate, que tolérées pour tenter de faire bon poids à la légitime contestation d'Ecône. Et si Ecône se couchait, l'ensemble de ces oeuvres serait bientôt contraintes à apostasier elles aussi, ou à entrer en dissidence elles aussi. Dieu y veillerait.
Tel est la fonction surnaturelle de l'oeuvre fondée par Mgr Lefebvre, que j'aimerais appeler Saint Marcel Lefebvre tant je suis certain que le jour viendra où il sera reconnu comme saint et docteur de l'Eglise, en dépit de ses défauts.
Par conséquent c'est Julien Gunzinger qui a raison, avec Ecône.
Pour le pusillus grex de tous ceux qui ne sont passés à l'adversaire antichrétien, le seul rempart solide est la persistance d'Ecône dans le non possumus, tant qu'on prétend lui proposer des conditions revenant à renier le dépôt de la foi catholique intégrale.
J'ai écouté avec grand intérêt l'interview en allemand de Mgr Schmidberger sur votre site. Et je suis certain désormais que c'est une grande grâce que la réconciliation ne se soit pas faite dans l'ambigüité.
Pour ma part je ne suis pas une référence. Je n'ai même plus de pratique religieuse: d'un côté je n'ose pas suivre la messe dans une paroisse de la FSSPX, pour ne pas me fâcher avec mes parents, et d'autre part il m'est absolument impossible de supporter une de ces cérémonies abominables qu'on ose appeler messes et qui déplaisent tellement à Dieu qu'elles sont la raison même pour laquelle les Eglises se sont vidées.
Je n'ai pas suffisament de vertu pour rejoindre un prêtre dans votre genre, qui croit encore en Dieu contrairement aux autres, même s'il a accepté une liturgie qui est en réalité celle du reniement et de l'apostasie, fait dont les formules explicitement maçonniques qui émaillent ces célébrations ne permettent pas de douter un seul instant. Vous pouvez peut-être, par votre foi individuelle, pallier la vacuité et même la nocivité du contenant hérétique que vous avez consenti de servir à vos ouailles. Mais dans la plupart des cas, c'est le contenu antichrétien toxique de "messe" bugnignienne" qui tue ce qu'il reste de christianisme chez l'officiant et qui éteint inexorablement la foi chez les derniers fidèles
Je sais bien que c'est un péché, mais tant que l'Eglise officielle ne se sera pas réconcilié avec Ecône aux condtions minimales énoncées par l'abbé Schmidberger, je refuserai obstinément d'assister à des célébrations qui me dégoûtent, et dont le principe me révolte car il est basé sur l'exclusion de la vraie messe, et de son contenu sacramentel et doctrinal orthodoxe.
C'est Julien Gunzinger qui a raison: les curés modernes dsiparaîtront fatalement par extinction bilologique.
Votre génération de prêtres, a reçu le sacrement de l'ordre à une époque où les évêques comme Mgr Charrière, Adam etc, étaient encore des évêques catholiques. Quant aux suivants, ceux qui ont été consacrés selon le nouveau rite de consécration des évêques de dom Botte, je ne crois pas qu'ils possèdent encore l'épiscopat..
Cette circonstance chronologique fait que vous et quelques autres prêtres de votre génération, avez eu encore les grâces nécessaires (pas tous, une minorité seulement, mais enfin quelques uns dont vous) pour blanchir sous le harnais jusqu'au bout sans défroquer. Mais la nouvelle génération a été privée de celà, dont vous avez vous bénéficié. Et de toute façon la nouvelle messe ni la nouvelle religion pseudo chrétienne issue de Vatican II n'intéresse plus personne parmi les jeunes qui ont la vocation sacerdotale, et donc sont prêts aux sacrifices très lourds qu'impliquent le sacerdoce.
Il n'y aura donc pas du tout de renouvellement dans les séminaires diocésains, qu'il va bientôt falloir fermer par ce qu'ils sont vides. Vous le savez bien, d'ailleurs. Il restera bien ces quelques solutions de raccroc, mentionnées par vous, (St-Martin, St-Pierre, Opus Dei) qui pourront perdurer, protégées par ce rempart : l'opposition résolue d'Ecône, mais aussi par celle des sédévacantistes dont la position, comme celle d'Ecône et comme la vôtre, a aussi sa nécessité providentielle.
Finalement le seul vrai renouvellement viendra des plus intransigeants.
Le reste ce seront les parasites payés par l'Etat antichrétien, ramassis de gays et lesbiennes ainsi que d'agitateurs politiques d'extrême gauche proférant blasphème sur blasphème réclamant l'ordiantion des femmes, des pédérastes, etc., semant le touble, le scandale et insultant Dieu au sein même de l'institution.
Dieu en fera des bottes et les jettera au feu.
Il est certain que les conceptions de ce Mgr Müller qui semble avoir pour le moment gagné le bras de fer contre Mgr Fellay, sont clairement hérétiques. Pas besoin d'avoir fait de longues études de théologie pour le constater.
Que le pape Benoît, pour lequel j'ai du respect et que je veux mettre au bénéfice du doute, ait donné raison à ce Müller, cela autorise les plus grands doutes sur la question de savoir si le siège est occupé ou vacant. Personnellement je pense que l'autorité n'est plus assez ferme pour qu'on puisse vraiment considérer que le siège n'est pas vacant. Pourtant Benoît est pape, cela est certain. Disons qu'il s'agit d'un pape de transition qui est romain, mais n'est plus vraiment catholique à force d'exiger l'obeissance aux oukases du libéralisme hétérodoxe et de l'oeuménisme d'Assise. (Avez-vous remarqué qu'un tremblement de terre a détruit l'église d'Assise voici quelques années? Avez vous songé qu'il puisse s'agir d'un signe de Notre Seigneur Jésus Christ ?)
Je lis régulièrement le blog de Julien Gunzinger et je suis certain qu'il a raison: l'errance doctrinale et l'apostasie au plus niveau de l'Eglise, ne la fera pas succomber. Elle sera seulement, elle est déjà, éclipsée, mais il subiste en son sein suffisament de ferments venus du Christ pour que ce petit troupeau, même désavoué par le chef berger, permette à l'Eglise de remplir sa mission eschatologique.
Il est impossible que les choses évoluent dans le sens que les fermes défenseurs du dépôt intégral de la foi (Ecône & Co) finissent par se soumettre à l'autorité hétérodoxe saborant ainsi le dernier vaisseau de la flottille dont l'équipage n'est pas gangrené.
Par conséquent la dure réalité de l'avenir c'est que les souffrances qui attendent l'Eglise seront telles, que c'est finalement le siège de Pierre qui devra venir à récipsicence, non pas devant Mgr Lefebvre et ses successeurs, ces humbles soldats du Christ, mais devant les demandes de la sainte Vierge à Fatima. Là dessus je suis certain que cet homme de foi: Julien Gunzinger, voit juste.
Je suis un mauvais paroissien, mais un croyant et je rends grâce à Dieu qu'Ecône n'ait pas flanché !
@mécréant
Vous jugez de tout cela, mécréant, comme si vous aviez plus d'autorité que le pape et que le concile. Vous me permettrez, mécréant, de rester catholique et de préférer l'enseignement du concile et du pape plutôt que le vôtre. Bien à vous.