Aux vibrants hommages à la mémoire de Carlo Maria Martini, je voudrais ajouter un modeste témoignage personnel.
Alors qu’il était archevêque de Milan, sa personnalité, son rayonnement me parvenaient de loin et m’impressionnaient beaucoup. J’étais à l’époque responsable du Centre diocésain de catéchèse de Sion. Tout ce qui touchait à l’annonce de la foi me fascinait (me fascine encore). Martini me semblait tracer un chemin neuf et prometteur.
Un de mes amis, religieux italien, avait à Milan des fonctions importantes. Je lui ai demandé d’obtenir pour moi des rendez-vous non avec Mgr Martini, mais avec quelques-uns de ses principaux collaborateurs en pastorale: responsables d’Action catholique, d’enseignement religieux, notamment. Je voulais découvrir l’évêque de Milan à travers son impact sur d’autres personnes, plutôt qu’en direct. «Si Martini, me disais-je, est l’homme rayonnant que j’imagine, c’est sur le visage et dans le témoignage de son équipe que je capterai le plus sûrement des reflets de sa personnalité.» Comme on voit l’éclat du soleil en buvant des yeux la brillance d’un liseron ou le scintillement d’une eau de fontaine.
Je n’ai pas été déçu. Émerveillé plutôt, sidéré. Pas le moindre reproche, même compréhensible, pas le plus petit ressentiment. Pas d’admiration béate non plus, ni d’éloges exagérés. Le refrain qui revenait toujours peut se résumer ainsi: «Collaborer avec lui est une expérience d’encouragement et de liberté. Nous avons des contacts personnels avec lui, pas forcément ni uniquement institutionnels (commissions, etc.). Il ne donne pas de directives, mais il indique la direction par sa manière de vivre et d’agir. C’est un inspirateur, il stimule notre liberté, confirme nos bonnes intuitions. Nous marchons sur ses pas, chacun à notre façon.»
Un pasteur, tout simplement, un pasteur normal dirait en France quelqu’un d’assez connu, dont je tairai le nom, afin de ne pas confondre religion et politique...
Michel Salamolard
Saint Ambroise, l’un des quatre grands Docteurs de l’Église latine, fut évêque de Milan au IVe s. Il est représenté (photo ci-dessus) sur une mosaïque de la basilique qui porte son nom à Milan. L’évêque Martini, quinze siècles plus tard, a sans doute beaucoup prié son magnifique et lointain prédécesseur. Il le rencontre maintenant avec allégresse dans le Ciel.
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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merci
c'est exactement ça!