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Avec Michel Salamolard en cathosphère

13 janvier 2012 | 15h27 1 commentaire

Ces mots qui disent si vrai

Le concile de Trente est le dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l'Église catholique romaine. Le concile de Trente est le dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l'Église catholique romaine.

Le blog voisin, signé Dom Romain, est fort intéressant. J’apprécie beaucoup ses positions informées, prudentes et nuancées. (Mais pourquoi l’auteur se cache-t-il sous la burka du pseudonyme? Humilité? Peur que son identité induise une lecture biaisée de ses propos? Crainte d’ennuis? Passons, et respectons ce choix, aussi curieux soit-il dans notre culture de l’expression libre et assumée.) Son article du 28.12.2011 m’a frappé par son titre.

 

«Le magistère de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X s’est exprimé», disait ce titre, assorti d’un point d’exclamation. C’est à une brève analyse de vocabulaire que je me livre aujourd’hui, non à un commentaire de l’article en question. Que les mots, simplement pris en eux-mêmes, sont révélateurs! «Le magistère de la FSSPX»…. Dans l’Église catholique, le «magistère» désignait jusqu’ici l’enseignement ordinaire des évêques unis au pape, l’enseignement extraordinaire des conciles œcuméniques et, depuis 1870, l’enseignement ex cathedra de l’évêque de Rome.

 

Voici donc l’apparition d’un nouveau magistère, celui de la FSSPX. Il se dresse contre le «magistère de l’Église catholique», ainsi que l’article de Dom Romain le note à juste titre. Qu’une position aussi contraire à la tradition catholique soit revendiquée par des fidèles (à qui et à quoi ?) qui se prétendent gardiens de ladite tradition a de quoi amuser ou agacer, selon l’humeur du jour.

 

Ce n’est pas tout. Si la FSSPX exerce un magistère opposable à celui de l’Église officielle, tout autre groupe catholique peut y prétendre aussi et au même titre. Adieu, LE magistère catholique! Bonjour, LES magistères catholiques! La Fraternité a bien tort de combattre l’œcuménisme. Elle serait mieux inspirée de s’en prévaloir, afin d’exiger que Rome la traite comme toutes les autres communautés chrétiennes qui n’acceptent pas le magistère catholique: avec bienveillance, dans la vérité et la charité. Ce que Benoît XVI, me semble-t-il, fait très bien, trop bien même aux yeux de certains catholiques.

 

Une autre expression revient souvent, mais dans les discours lefebvristes cette fois: «L’Église conciliaire». Elle est hautement révélatrice également d’une vérité que tous ne veulent pas ou ne peuvent pas entendre. Dans la bouche des lefebvristes, ces mots sont accusateurs. Ils désignent une Église qui serait infidèle au Christ, précisément à cause d’un concile, celui de Vatican II.

 

Or, les formules «Église catholique» et «Église conciliaire» sont strictement synonymes. C’est dans la longue tradition des conciles que la foi catholique s’est progressivement clarifiée, explicitée. Chaque concile a mis en lumière nouvelle une perle tirée du même trésor, celui de la foi de toujours. Mais d’aucuns qualifièrent ces précisions de trahisons. Maint concile fut accusé d’altérer l’héritage apostolique par des innovations inadmissibles. Dissidences et ruptures s’en suivirent plus d’une fois. Des communautés chrétiennes divergentes sont nées ainsi, avec leurs qualités, qu’il n’est pas question de nier, mais hélas sans l’indispensable lien de communion avec l’Église catholique, l’Église conciliaire.

 

Donc, rien de nouveau avec Vatican II, rien de nouveau avec la dissidence lefebvriste. De ce point de vue, la FSSPX peut à bon droit se réclamer d’une solide tradition, voire d’une tradition de toujours, celle de la contestation du magistère catholique.

 

Michel Salamolard


Burka 14 janvier 2012 | 10h13

Réponse

Il me semble que la réponse votre question se trouve dans un post de Dom Romain, à la date du 9 novembre. (ici : http://www.cath.ch/blog/cathossurlatoile/dom-romain-le-blogueur-masqu%C3%A9)

Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


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