L'accord avec Rome, "une division sans retour pour la FSSPX"
Trois évêques de la FSSPX, Mgr Alfonso Galarreta, Mgr Bernard...
La question d’Écône est posée à Mgr Adam au cours du Synode 72. «Monseigneur, nous pratiquons l’œcuménisme avec les protestants, ne devrions-nous pas tendre la main à Écône?» Réponse: «Le jour où ils se déclareront séparés de Rome, nous ferons de l’œcuménisme avec eux.» C’est peut-être ce qui pourrait se passer bientôt…
À propos de contraception et d’Humanae Vitae, Mgr Joseph Bayard, aumônier des Équipes Notre-Dame, répercute auprès de l’évêque une interrogation surgie dans ce mouvement de foyers. «Monseigneur, vous avez demandé aux diocésains de suivre les directives du pape. Mais, pratiquement, qu’en est-il exactement? Peut-on encore discuter après cette prise de position de Paul VI? Est-ce que les couples doivent obéir en tout?» Mgr Adam se contenta de déclarer: «Quand Rome s’exprime solennellement en matière de foi ou de morale, nous sommes tenus d’obéir. Quand tel n’est pas le cas, avec cette encyclique par exemple, on peut toujours réfléchir et discuter.» Chacun était renvoyé à sa conscience.
Pour fêter les 25 ans d’épiscopat de Mgr Adam, Mgr Bayard s’était entendu avec le très catholique conseiller d’État Antoine Zufferey. Il fallait marquer le coup, pensaient-ils, par une messe solennelle. Le projet est soumis à l’évêque. «Ne faites rien du tout», ordonna Mgr Adam! Le conseiller d’État insiste: «Monseigneur, on connaît votre modestie, mais vous devez tenir compte des gens. Vous êtes leur évêque!» Et Nestor de conclure: «Oui, mais cela, tout le monde le sait!» L’entretien se termine autour d’une bonne bouteille.
La dernière messe pontificale de Mgr Adam, avant sa retraite, fut fixée par l’évêque au 15 août. Sans publicité particulière. «Mais, Monseigneur, le 15 août, tout le monde est en vacances! Si on n’annonce rien, il n’y aura personne!» L’évêque s’en tint à sa décision. Or, le jour venu, la cathédrale est pleine à craquer, il y a des gens dehors. À la fin de la cérémonie, après le mot d’adieu de Mgr Adam, un tonnerre d’applaudissement retentit. L’évêque, peu enclin à montrer ses états d’âme, en a les larmes aux yeux. Il était très aimé des gens. L’élan spontané de leur cœur n’avait pas besoin de publicité pour se manifester.
Un catholique divorcé remarié consulte l’évêque, ne sachant trop que faire pour bien faire dans sa situation. «Vous devez avant tout assurer l’éducation de vos enfants, avec votre compagne. Pour le reste – on devine ce qu’était ce reste et son importance – faites pour le mieux!» L’évêque toujours clair et net sur le plan des principes, était avant tout un homme de dialogue, pratiquant l’art de l’accompagnement personnel avec tact.
Erratum et précision
La séance romaine au sujet de l’affaire Pfürtner (Fioretti 3) réunit Mgr Adam, Mgr Hänggi, président des évêques suisses, et un cardinal de curie. C’est à cette occasion que l’évêque de Sion se fâcha, exigeant qu’on traite humainement cette affaire. C’est après cette même séance que l’abbé Bérard s’étonna de la liberté de Mgr Adam, pas impressionné par une Éminence romaine. Avec cette réplique sereine de l’évêque: «Il ne m’impressionne pas plus que vous!»
S’il raccompagnait ses visiteurs, et qu’on le félicitât de cette politesse, normale à ses yeux, l’évêque s’en expliquait ainsi:
«C’est pour me donner du mouvement!»
Michel Salamolard