22.12.2014 | Férie majeure de l'Avent | 1S 1,24-2,1a Lc 1,46-56

Avec Michel Salamolard en cathosphère

10 avril 2012 | 20h46

Incitation au suicide: la grande imposture

La Commission des affaires juridiques du Conseil national vient de publier un communiqué sur l’euthanasie et le suicide assisté:
«La commission – dit la commission – partage l’avis du Conseil fédéral et du Conseil des États. Elle estime qu’il n’y a pas de besoin de légiférer en matière d’euthanasie et d’assistance au suicide.»

 

Fixons notre attention sur cette spécialité suisse que constitue, après la raclette et le rösti, le suicide assisté, plus précisément l’article 115 du Code pénal suisse. Quand elle était en charge du Département de justice et police, Madame Eveline Widmer-Schlumpf avait courageusement lancé une consultation en vue de réviser cet article. Depuis que Madame Simonetta Sommaruga a repris ce ministère, cette entreprise a été enterrée.

 

Je ne vais pas vous infliger ici une analyse de l’ensemble de ce dossier, les éléments pour et contre. Fixez juste votre attention sur un argument ahurissant de la commission, comme du Conseil fédéral d’ailleurs:
«La commission estime que le droit actuel est suffisant. À ses yeux, le droit à l’autodétermination en fin de vie est primordial et il convient que chacun puisse décider pour lui-même ce qu’est une fin de vie digne.»

 

Je ne m’attarderai pas sur le contre-argument suivant, qui saute aux yeux de toute personne de bon sens, mais pas aux yeux de nos autorités politiques. Si on suit leur raisonnement, en effet, on ne fait plus de prévention du suicide. Cette dernière consiste très précisément à détourner quelqu’un de sa décision suicidaire. Une barrière, un téléphone placé sur un pont ont sauvé bien des personnes déterminées à en finir avec la vie. Et comment réagir si un adolescent de 16 ans ou une jeune femme de 35 ans rate son suicide décidé? Va-t-on lui procurer la potion létale, afin d’honorer son choix du suicide, plutôt que de l’aider à vivre?

 

Une plus gigantesque absurdité vous attend, une véritable imposture. Comment concilier le respect absolu de ce «droit primordial» des individus à l’autodétermination avec l’incitation au suicide, autorisée par notre code pénal, au même titre que l’assistance au suicide?
J’attends vos subtiles réponses, membres de la Commission des affaires juridiques du Conseil national, membres du Conseil fédéral, parlementaires éclairés!
L’incitation consiste à infléchir la volonté d’autrui, à faire pression sur lui, à nier pratiquement son autodétermination. Vive l’autodétermination placée sous tutelle, exposée aux manipulations!
Voilà ce que votre code pénal autorise. Voilà ce que les organisations d’aide au suicide pratiquent à grande échelle, véritables machines à inciter au suicide. En toute légalité. Relayées à l’occasion par quelque média irresponsable. Voilà ce que vous, chers politiciens, approuvez. Merci, Mesdames et Messieurs, de manifester au grand jour quelle imposture se cache sous vos sages délibérations. On saura désormais quelle confiance vous est due.

 

La trouille, ils ont tous la trouille de s’attaquer au vrai problème: la révision de l’article 115 du code pénal de la Confédération helvétique. En revanche, ils n’ont pas peur de tomber ni dans la contradiction ni dans le ridicule.

 

p.o. Michel Salamolard


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Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


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