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Avec Michel Salamolard en cathosphère

25 août 2012 | 15h17 1 commentaire

La guerre des mots (1) Mariage homosexuel

Le sens des mots n’est pas seulement dans le dictionnaire. Il résulte aussi d’une guerre permanente dont l’enjeu est la conquête ou la conservation du pouvoir social, politique, culturel. Guerre feutrée, masquée, mais guerre impitoyable. Qui parvient à imposer son usage des mots impose du même coup sa définition des rapports sociaux, sa vision du réel.
On ne saurait donc être trop attentif aux manipulations sociales des mots, sous peine d’être manipulé sans même s’en apercevoir. La guerre des mots met en œuvre différentes stratégies: la censure, l’euphémisme, l’attaque frontale, la ruse du cheval de Troie… Dans cette série, on illustrera le propos à l’aide d’exemples tirés de l’actualité.

<p>La Procession du cheval dans Troie, par Giandomenico Tiepolo.</p>

La Procession du cheval dans Troie, par Giandomenico Tiepolo.

L’expression «mariage homosexuel» utilise la tactique éprouvée du cheval de Troie. Elle consiste à introduire dans le langage une signification parfaitement contraire au sens habituel et originel d’un mot. Faute de pouvoir supprimer le mot et la réalité qu’il exprime, on l’investit subrepticement d’un sens étranger.
Que les gays et les lesbiennes défendent leur dignité et leurs droits, rien n’est plus normal. Ces droits ont trop souvent été bafoués ou méconnus. La revendication d’une union reconnue par le droit civil est logique, en tout cas dans nos démocraties occidentales. En Suisse, cela s’appelle le partenariat enregistré.
Malgré cela, les lobbies homosexuels réclament à cor et à cri le «mariage» unisexe. Or, «mariage» a toujours désigné l’union d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. «Mariage homosexuel» est donc une pure contradiction, aussi absurde que «cercle carré». Malgré cela, la presse emboîte le pas, les politiques aussi, même les juristes.

 

 

Comment expliquer cette dérive, en bonne partie aveugle et inconsciente? Le cheval de Troie, au-dessus de tout soupçon avec son air débonnaire, s’appelle le «droit à la différence». En vertu de ce droit, qu’on admet volontiers, les homosexuels peuvent réclamer légitimement d’être reconnus socialement, y compris en tant que couples stables. Encore une fois, cela est largement acquis. Mais voilà que les flancs du cheval s’ouvrent, qu’un commando en surgit criant «mariage»! Du droit à la différence, on veut tirer un droit à la non-différence! Couples hétéros et couples homos, c’est du pareil au même…
Non seulement la réalité est ainsi trahie, mais le mariage s’en trouve affaibli. Le couple fécond n’est plus reconnu comme un élément privilégié de la société, digne d’une protection spéciale, parce qu’il garantit l’avenir d’une nation, par la procréation et l’éducation des enfants. Autant de prestations qui exigent un immense investissement dans tous les sens du mot: économique, personnel, affectif, durable.

 

Il faut donc accorder aux gays et aux lesbiennes le droit de vivre en couple, mais au nom même de la différence dont ils se prévalent, il faut refuser d’appeler leur union mariage. Donner ou redonner aux mots leur vrai sens, disait déjà Confucius, doit être le principe de tout bon gouvernement.
On peut attendre de tout citoyen, spécialement des médias et des politiques, qu’ils apprennent à appeler un chat un chat, et un mariage un mariage. Se battre pour des mots, c’est se battre pour la justesse et pour la justice. Rien n’est plus important ni plus noble.

 

Michel Salamolard


Matteo 16 novembre 2012 | 11h56

non facciamo confusione !

"Matrimonio", oggi, è compreso come l'unione civile tra due persone che si amano.
OGGI.
Il matrimonio tra uomo e donna del 1950,
già da molti anni
è cambiato nel suo significato.
Se è cambiato concretamente nella società nel suo significato,
è giusto
che anche gli omosessuali possano averne diritto.

Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


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