22.11.2014 | Ste Cécile, vierge et martyre - Mémoire | Ap 11,4-12 Lc 20,27-40

Avec Michel Salamolard en cathosphère

28 mars 2012 | 21h34 2 commentaires

La tromperie d'Exit

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La terre vue depuis chez Jonas... où est la sortie de secours? Pas d'Exit en vue...

Vus du Ciel, où je jouis enfin de vacances bien méritées, vous êtes tous des filous, braves gens qui vous agitez sur votre belle planète. Je m’esquinte à vous le dire de temps en temps, afin de vous défilouter. Pas facile! Surtout que certains, parmi vous, sont plus filous que d’autres. Il y a des super-filous. Vous ne les voyez pas pour une simple raison: ils se présentent à vous masqués. Masque des mots, des bonnes intentions, et tout et tout.

 

Laissez-moi aujourd’hui vous parler d’Exit, cette drôle d’association née de l’accouplement entre un article absurde du code pénal suisse avec les tendances dépressives de votre société décrépite.

Exit avance sous une bannière flamboyante: Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Je vous pose deux questions toutes simples, mais décisives, futés que vous êtes. Avant tout, pourquoi cette première tromperie, qui consiste à carrément cacher la véritable identité d’Exit, à savoir: Association pour le droit de se suicider dans la dignité (ADSD)? Réfléchissez, mes bons amis. Ce tour de passe-passe n’est pas anodin.

 

Ensuite, faut-il comprendre, bonnes gens, qu’Exit s’arroge subrepticement le monopole du «mourir dans la dignité»? Mourir de mort naturelle, dans un EMS ou dans un autre établissement hospitalier, entouré de ses parents et amis, soulagé par toute la panoplie des soins palliatifs, prodigués avec compétence et respect, cette mort-là, naturelle et accompagnée, ne se passerait pas dans une dignité plus grande qu’un suicide en catimini?

 

Heureusement, votre gouvernement, le Conseil fédéral, a communiqué sa volonté de promouvoir la prévention du suicide et les soins palliatifs. On attend les mesures concrètes qui permettront de mettre en œuvre cette déclaration d’intention.
On déplore, hélas, que le département de Madame Simonetta Sommaruga n’ait pas eu le courage de mener à chef la révision de l’incompréhensible article 115 de votre code pénal, révision mise en chantier par la précédente cheffe dudit département, Madame Eveline Widmer-Schlumpf.

 

La stratégie masquée d’Exit marque pour l’instant des points. Grâce à vous, peut-être, futurs vieux déprimés, qui avalez sa propagande sans analyse? Alors, où va votre préférence? Mourir dans la dignité ou vous suicider dans la dignité? Si vous êtes membre d’Exit, pourquoi n’exigez-vous pas une claire indication des objectifs de l’association: se suicider dans la dignité?
Après cela, il ne vous restera plus qu’à vous demander, tonnerre de Brest, s’il y a plus de dignité respectée dans les soins palliatifs que dans le suicide, assisté ou non. Plus de dignité à vous infliger la peine de mort à vous-mêmes, avec ou sans assistance, qu’à vous laisser aider et aimer?

 

Et si on parle de délivrance, veut-on être délivré de la douleur et du rejet, par les soins palliatifs et par la solidarité nationale, ou plutôt délivré de l’encombrant fardeau de soi-même? Alors même que d’autres sont prêts à vous soulager, efficacement et respectueusement, à rendre votre fardeau léger?

 

Sur ce, je vous quitte, moi le scribe, m’en vais retrouver ma petite maman, bientôt 101 ans, qui décline en douceur et affection dans un EMS en attendant de partir pour le Ciel.

 

p.o. Michel Salamolard


Nini184 24 avril 2012 | 15h26

titre du commentaire

Vous comprendrez vraiment pourquoi exit existe et fait du bien aux gens qui on n'ont besoin quand vous aurez vue un de vos proche mourir dans la souffrance sans savoir quand il va mourir. Travaillant dans un ems je peux vous dires que bien plus d'un ferai appelle a exit. Avec les démences, plus en plus dévastatrices les gens n'hésite plus et ils ont bien raison. C'est une liberté de pouvoir choisir sa mort de la société actuelle. Donc votre article est vraiment sans fondement et sans aucun regard extérieures rapport a votre propre opinion. Ce n'est même pas constructif...
M.S. 25 avril 2012 | 10h43

@Nini184

Votre point de vue est compréhensible. Il est difficile non seulement de souffrir, mais aussi d'accompagner quelqu'un qui souffre. J'ai vécu cela bien souvent dans ma vie de prêtre, depuis plus de 40 ans. Du moment qu'Exit existe légalement, et que l'incitation au suicide n'est pas défendue en Suisse, Exit fait sa pub et il est logique que certaines personnes (une petite minorité, heureusement) fassent appel à ses "services". Mais cela reste une mauvaise réponse à de vrais besoins. Les soins palliatifs répondent beaucoup mieux, avec compétence et respect, à ces besoins, que ce soit dans les EMS, dans les unités de soins palliatifs, dans les Maisons de soins palliatifs, et aussi à domicile avec l'aide d'équipes volantes. Les démences n'empêchent pas toute relation, les malades Alzheimer peuvent encore communiquer et vivre des moments de paix, de bonheur. On peut espérer que les maladies dégénératives seront un jour vaincues, non par le suicide plus ou moins incité, mais par la recherche médicale. Exit nous trompe en prétendant détenir le monopole du "mourir dans la dignité", en cachant sa véritable activité qui consiste non à aider simplement à mourir, mais à "se suicider dans la dignité". Que cela soit légal dans notre pays n'empêche pas que cela soit contraire à la prévention du suicide, proclamée prioritaire par le Conseil fédéral. Il est contradictoire et trompeur de prétendre à la fois prévenir le suicide et de l'encourager à travers une incitation de plus en plus agressive. Il est contraire à l'égalité de tous les citoyens devant la loi de créer des catégories de personnes suicidables (parce que en fin de vie, par exemple) en refusant le même "service" à des personnes jeunes, fatiguées de vivre. La prévention du suicide, d'un côté, l'aide et l'incitation au suicide, de l'autre, sont incompatibles. Personne non plus n'a le droit moral de décréter que telles personnes méritent qu'on les aide à vivre, qu'on les empêche de se suicider (par exemple en garnissant certains ponts de barrière, en récupérant un adolescent qui a raté son suicide), tandis que d'autres personnes, déjà fragilisées, sont déclarées "bonnes pour le suicide". Autant de signes d'une société riche, indivdualiste, déboussolée, où le n'importe quoi s'impose à la faveur d'un article de notre code pénal totalement obsolète, mais que nos autorités n'ont pas le courage de réviser.

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Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


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