Frankenstein créa la femme, un film de Peter Cushing (1967)
Y a pas que le beaujolpif qu’est nouveau! Voici le «genre» nouveau, tiré de mes cuves célestes. J’ai suivi, coquins, vos débats minables et interminables sur le sujet. D’abord, je vous fais remarquer une chose. La théorie du «genre» est irré-fu-table! In-fal-si-fiable, comme disent les philosophes des sciences. Parce qu’elle n’est pas scientifique. Une théorie scientifique est toujours falsifiable: par des faits, des expériences. Une théorie idéologique ne l’est jamais, pour la simple raison qu’elle ne repose pas sur des faits ni sur des preuves. Ce n’est qu’une opinion, même quand elle parvient à s’imposer par la force ou par la ruse. Il y a des opinions fécondes, par exemple: tous les humains sont égaux en dignité. Il y a des opinions perverses, ainsi: certains humains ne sont pas des personnes. On distingue les unes des autres par les effets de vie ou de mort, de bonheur ou de malheur qu’elles produisent. Le «genre» est une pseudoscience, comme l’astrologie de Mme Teissier, avec sa thèse en Sorbonne (!), ou l’athéisme «scientifique» de l’ex-URSS, enseigné dans les universités soviétiques de l’époque. Quand «manipule» rime avec «crédule», bonjour les dégâts!
Voici, suprême exemple, ma théorie radicale du «genre». Je vous mets au défi de la réfuter. Dans la Bible, le récit de la création le plus ancien (Genèse 2) affirme clairement que Dieu a commencé par créer non pas un couple, mais un individu de sexe masculin, Adam. Z’allez me dire qu’un autre récit, placé en tête (Genèse 1), dit le contraire : Dieu crée d’emblée un couple, homme et femme. Mais attention, mes potes, il saute aux yeux que Genèse 1 n’est qu’un voile trompeur posé sur la réalité énoncée depuis toujours par Genèse 2. Pourquoi un auteur plus récent a-t-il corrigé l’antique récit? Pour faire croire, naïfs, que le couple, homme et femme, existe depuis toujours, que c’est une donnée de la nature! Pour condamner subrepticement du même coup l’homosexualité, qu’elle serait contre nature! Habile, n’est-ce pas? Mais pas suffisamment pour égarer les finauds que nous sommes.
Allez, on revient au récit primitif, nettoyé de quelques détails purement légendaires. Dieu crée donc un homme, un mâle. Comme il est seul, il doit tout faire: bosser pour trouver sa nourriture, s’abriter des intempéries, se soigner, faire le ménage, éplucher les légumes. En plus, en tant qu’ancêtre universel, il doit assurer la reproduction, mettre au monde des enfants. Là, Adam s’est rebiffé. Bosser, dit-il, d’accord, ça va m’occuper, mais faire les gosses, pas question. Une idée dingue jaillit alors dans son génial cerveau. «Ouah! Je vais fabriquer une femelle. Elle me servira, je serai son maître. Ensemble, on fera des enfants, mais, hé, hé, chacun à sa façon. Je lui donnerai discrètement ma précieuse semence vite fait bien fait, avec plaisir, y pas d’mal à s’faire du bien. À elle l’immense honneur d’assumer neuf petits mois de grossesse – quelle joie pour elle! – et l’accouchement pas toujours rigolo, mais enfin c’est son problème, chacun ses soucis, pas vrai?»
Voilà, braves gens, la terrible vérité. La femme est une création de l’homme. Il l’a fabriquée grâce à des pouvoirs mystérieux, sans doute reçus d’une super-civilisation venue d’une autre galaxie. Ce que nous connaissons, en revanche, ce sont ses objectifs, toujours les mêmes: bomber le torse en guerrier, grand manager, président, chef et despote; posséder une esclave chargée de faire des gosses et d’honorer son seigneur et maître. Le drame de la condition humaine est enfin expliqué. Merci de votre attention maintenant déniaisée!
p.o. Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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Oui mais c'est quoi votre point de chute ?
M. L'abbé j'adore vos commentaires mais là vous avez fumé quoi au juste?Point de chute
J'essaie juste de démontrer par une lecture biblique absurde ce que l'idéologie du "genre" tente de nous vendre sous forme de pseudo-science, à l'instar de l'astrologie et de feu l'athéisme scientifique longtemps enseigné en URSS.