Fresque de Françoise Burtz, Ascension-Pentecôte.
Le choix ardu devant lequel se trouvent nos amis d’Écône est une belle occasion, pour eux et pour nous, de découvrir ou de redécouvrir le sens authentique de la Tradition catholique.
Chacun sait qu’il faut distinguer la grande Tradition des petites traditions. La grande déroule son cours ininterrompu depuis le témoignage apostolique jusqu’à nous. Long fleuve, pas toujours tranquille, conduit par l’Esprit Saint depuis la Pentecôte. Ce sont les eaux vives de l’amour trinitaire, elles coulent vers l’humanité depuis la création du monde. Elles irriguent les Écritures juives, jaillissent nouvelles et pures du cœur du Crucifié, nous inondent par le sacrement du baptême.
La grande Tradition s’exprime de façon privilégiée dans le Nouveau Testament, puis dans la catéchèse des Pères de l’Église, dans celle des conciles. Elle fait autorité, elle est la référence indispensable de notre foi. En ce sens, un catholique ne peut être que Traditionnaliste. Il se nourrit de la Tradition.
Les petites traditions ne sont ni permanentes ni universelles. Souvent pieuses et utiles, pas toujours, elles ne font pas autorité. Leur valeur dépend de leur plus ou moins grande affinité avec la grande Tradition. En ce sens, un catholique n’est pas traditionnaliste. Il exerce son discernement et sa liberté, sans jamais rompre ni avec l’Écriture ni avec ces garants de la Tradition que sont les évêques unis à celui de Rome, dans leur magistère ordinaire. Ou extraordinaire, quand ils se réunissent en conciles.
La Tradition n’est donc pas seulement un contenu doctrinal, elle est avant tout le contenant, qui produit et porte ce contenu. Les eaux pures de la foi coulent, ne stagnent pas, dans le lit du fleuve de la Tradition. On ne peut boire et communiquer ces eaux qu’en se situant dans le courant, dans la barque de Pierre. Et non sur quelque berge ou sur une île.
Le principe d’unité, de communion, précède et conditionne toute compréhension catholique de notre foi. Les discussions doctrinales ne sont utiles que si une volonté de communion les imprègne, au moins sous forme de désir sincère.
Les traditionnalistes d’Écône vivent un drame paradoxal. Plus ils rejettent «l’Église conciliaire», au nom de la tradition, moins ils sont Traditionnalistes! Ce fut déjà l’erreur tragique de Mgr Lefebvre.
La pleine communion, de fait ou de désir, avec les évêques et avec le pape s’impose comme la seule voie. C’est vrai pour Écône, c’est vrai pour tout catholique. Quand cette communion est vécue, un espace de liberté s’ouvre, où chacune et chacun peut prendre sa place, tracer son chemin, avec tous et contre personne.
Celui qui vit cette expérience de communion catholique n’a qu’une envie, c’est de la partager, en tissant des liens d’amitié et de foi avec tous les chrétiens. Un concile œcuménique ne peut que produire des fruits œcuméniques. N’en déplaise au Malin diviseur.
Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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Doctrine hétérodoxe
"Le principe d’unité, de communion, précède et conditionne toute compréhension catholique de notre foi."Non, proposition hérétique, la foi précède l'obéissance.
Le principe de la foi, fidélité au dépôt révélé précède et conditionne l'unité avec l'autorité.
Il n'est écrit nul part que l'autorité ne puisse être défaillante. Il importe donc au catholique de porter plainte contre une autorité défaillante en suivant la voie hiérarchique et d'attendre même en cas de déni de justice que Rome confirme nos frères dans la foi.
Rome est au service de la doctrine pérenne et non de sa fantaisie.
Cordialement