Le signe de Jonas, ça vous rappelle quelque-chose? Mais oui, c’est dans les évangiles, celui de Matthieu et celui de Luc. Je suis donc non seulement ce héros du Premier Testament, que vous connaissez, mais aussi une figure majeure du Nouveau! Oui, je suis un signe christique, ni plus ni moins. Non, retenez vos applaudissements, écoutez plutôt la suite.
Pour Matthieu, la parole de Jésus sur le «signe de Jonas» est une allusion à mon séjour dans une baleine, trois jours et trois nuits. Ainsi le Fils de l’homme sera au tombeau trois jours et trois nuits. Comparaison flatteuse pour moi, n’est-il pas vrai? Mais Luc la pousse encore plus loin. À son avis, je préfigure carrément Jésus en personne. Comme je fus un signe vivant pour les Ninivites, le Fils de l’homme est un signe vivant pour ses contemporains. J’en rougis de confusion et vous, j’en suis sûr, d’admiration. Merci.
Donc, je suis bien placé pour vous expliquer ce qui se passe réellement à Malonne, en Belgique, le secret profond de cette affaire, pourquoi la venue au couvent de Mme Martin, ex-épouse et complice de Dutroux dans ses atrocités, suscite un tel tollé et pourquoi les sœurs clarisses donnent par leur accueil un puissant, lumineux «signe de Jonas».
Rappelez-vous mon expérience à Ninive. Le plus déroutant pour moi, l’inacceptable, l’incroyable ne fut pas la difficulté de la mission, ni la conversion soudaine de milliers de canailles. Non, ce qui m’a scandalisé, c’est l’insoutenable miséricorde de Dieu. Je lui ai manifesté vertement ma déception. «Je savais dans ma tête que tu es bon, lui-dis-je, lent à la colère. Dieu sait si on nous l’a seriné à l’école de prophètes! Mais un pardon pareil, sans limite, sans condition, juste une petite repentance, peut-être même pas sincère, quelle naïveté de ta part, Seigneur, quelle injustice envers tous les braves gens! Et les victimes de ces vauriens de Ninive, tu y as pensé? Les esclaves exploités, les étrangers maltraités…»
Savez-vous ce que Dieu m’a répondu? Rien, pas un mot, mais un sourire de bonté qui brûle encore mon cœur, son regard posé sur moi comme une caresse. Exactement le même regard avec lequel Dieu voit les Ninivites et les revêt de dignité.
Que je comprends les réactions de mes amis belges! Leur indignation, leur colère et leur révolte, les manifs et les pancartes aux portes du couvent, les imprécations dans les journaux et sur les blogs… Ils réclament justice, ils ont raison, mille fois raison. Rien de plus normal. Mais quelle justice? Celle du châtiment, vengeresse, impitoyable, celle que j’attendais moi-même de Dieu à l’égard des Ninivites?
Mais voilà qu’une poignée de Clarisses donnent ouvertement le signe scandaleux de Jonas, le signe qui m’a bouleversé moi-même, celui de l’accueil du pécheur, d’une chance offerte, d’une possible renaissance dans une vie nouvelle pour celle qui a fait si peu de cas de la vie d’autrui.
Dans la pure clarté divine où elles se trouvent maintenant, Julie et Mélissa, j’ose le dire, se réjouissent qu’un geste de miséricorde casse la spirale des vengeances. Elles ont peut-être intercédé elles-mêmes, les premières, pour que Mme Martin reçoive de Dieu, par la médiation d’un couvent, ce qu’elle leur refusa si cruellement autrefois: la compassion. Cet élixir de vie, l’amour plus fort que la haine, la flamme douce et frêle de l’espoir…
p.o. Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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parfaite ressemblence
une ressemblance entre la situation de jesus et de jonas suggerait- qu 'ils etaient vivants dans l'obscurité du tombeau et du ventre du poisson
- qu'il restaient trois jours
- qu'ils sont sortis vivants
jonas retourna vers un autre troupeau et jesus chercha le troupeau qui n'est pas de cette cour ,les brebis egarées en inde en afghanistan et en iran
les boudistes ont connus jesus en tant qu 'issa ou comme le rassembleur - le rescape de la crucification -
ou comme dit mattieu la ou il ya le cadavre les aigles se ressembleront
ne pas verifier cette hypothese serieusement ne peut etre compris que dans la logique de la generation mechante