La pompe liturgique déployée lors de l’ordination de Mgr Morerod constitue certes un spectacle splendide, notamment par la richesse des étoffes et des ornements. (Photo: Pascal Fessard) Ai-je raison de tant parler des évêques? Au lecteur de juger. Mon intention n’est pas de donner des leçons, ce serait ridicule, mais plutôt d’encourager, d’exprimer des attentes, comme peut le faire tout fidèle et tout prêtre. Dans notre société hyper-médiatisée, l’Église catholique est vue à travers la figure de l’évêque. L’image qu’il donne de lui-même et de sa fonction projette ses couleurs, lumineuses ou non, sur l’image sociale de l’Église. En ces temps où croire, appartenir à une Église et «pratiquer» ne vont plus de soi, les ouailles ont besoin d’être rassurées, guidées par l’exemple de leur berger. Autant de raisons, semble-t-il, de proposer encore quelques miettes épiscopales…
Mitres et costumes chamarrés
La pompe liturgique déployée lors de l’ordination de Mgr Morerod constitue certes un spectacle splendide, notamment par la richesse des étoffes et des ornements. Que cela plaise, on le comprend. Que la dignité épiscopale soit ainsi honorée, on l’admet. Mais on s’interroge sur le message transmis par tout ce visuel. La simplicité évangélique disparaît sous les ors et les brocarts. L’Église donne d’elle-même une image de cour et de prestige. C’est du folklore pour les uns, une contradiction pour les autres. On sait que les couvre-chefs sont destinés à couvrir les chefs. Mais pourquoi ces mitres de salon, sans doute héritées d’une cour byzantine ou pharaonienne? Qui oserait imaginer les apôtres, dont les évêques sont les successeurs, en pareil équipage? Jésus n’a-t-il pas laissé quelques paroles fortes sur l’apparence extérieure des leaders religieux ou sur celle d’un prophète, tel Jean-Baptiste? Il ne s’agit pas ici de morale, mais d’image, une image qui évangélise ou pas. Avant d’être entendu par ceux qui l’écoutent ou qui le lisent, un évêque est vu. De tous. La liturgie est aussi une mise en scène de l’Église par elle-même. Que dit-elle? La pompe ecclésiastique est d’un autre âge. Vivement des reflets d’évangile offerts à l’œil impitoyable des caméras! En attendant, saluons l’ambiance fraternelle et populaire d’une soupe partagée…
Le lapsus du cardinal Cottier
Si j’étais de mèche avec le beau parleur qui se pare du nom de Jonas, dont la chronique farfelue flanque hélas la mienne, je dirais que Mgr Morerod s’est vu gratifié d’un second clin d’œil céleste, après le vol de ses mitres et de ses croix. «Recevez cet agneau», à la place de «Recevez cet anneau». L’anneau, signe de dignité, d’autorité, d’alliance entre l’évêque et son diocèse. L’agneau, symbole d’innocence et de faiblesse, de fragilité, d’offrande, de sacrifice. Le cardinal a-t-il prophétisé sans le savoir? En tout cas, on souhaite au nouvel évêque de LGF d’articuler les deux lignes de sens dans son ministère.
La liberté épiscopale de Mgr Gmür
L’évêque de Bâle s’est exprimé sur un sujet délicat: l’homélie par des laïcs. Il a déclaré que, dans les circonstances actuelles, il lui semblait normal que des assistants pastoraux, dûment formés et mandatés par l’évêque, puissent prêcher (et non seulement témoigner) au cours d’une célébration liturgique. Ceux qui sont rivés à la lettre des prescriptions romaines pourraient l’accuser de désobéissance. Ceux qui croient que le bien des fidèles est la loi suprême de l’Église se réjouiront qu’un évêque prenne librement ses responsabilités.
Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
Une retraite théologique est une retraite en silence donnée ...
[lire la suite...]"Les catéchumènes baptisés ont soif de continuer à découvrir les sources de ...
[lire la suite...]L'évêque a particulièrement relevé le lien ...
[lire la suite...]"Alors que les plus âgés parmi nous ont reçu une culture encore imprégnée de ...
[lire la suite...]La barquette épiscopale, c’est la galère! Un adjudant-chef du Vatican ...
[lire la suite...]En transmettant l'anneau, la mitre et la crosse à Charles Morerod, son ...
[lire la suite...]C’est une formule utilisée par Jean Mercier sur son Blog. Comme le dit ...
[lire la suite...]Homélie prononcée par le Cardinal Georges Marie Cottier op, lors de ...
[lire la suite...]Le cardinal Cottier, âgé de 89 ans, est dominicain tout comme Charles ...
[lire la suite...]Malgré le défilé de carnaval et le beau temps de ce ...
[lire la suite...]Dimanche 9 décembre, 14h30. Les rues de la cité de la reine Berthe se vident ...
[lire la suite...]
@ l'abbé Michel
Cher Abbé Michel, pourquoi ne vous convertissez-vous pas au protestantisme ! Devenez pasteur. Vous pourriez mettre un terme au fastes que vous condamnez en mettant de sinistres robes noires, vous pourriez vous marier et dire tout ce qui vous passe par la tête en toute liberté. On applaudirait même toutes vos inepties. Mais si vous choisissez de rester dans l'Eglise Catholique, comportez-vous en catholique. Si non, prenez le large, respirez un bon coup et laissez vivre les catholiques qui ne sont nullement dérangés et n'ont pas besoin de révolutions. Le monde en fait assez tous les jours avec les résultats que nous avons tous sous les yeux. Je vous suggère l'Autriche comme destination. Vous pourriez devenir le 371e prêtre signataire de l'appel à la désobéissance. Un vrai pays de cocagne, les femmes deviendront prêtres, les laïcs pourront célébrer la messe et vive les sacrilèges et les profanations. Sans compter la dévastation de la foi Catholique héritée de Vatican II et de nos prédécesseurs qui pour certains ont payé de leur vie leur combat. En définitive tout ce dont vous rêvez. Une seule difficulté, ce n'est plus l'Eglise Catholique. Mais qu'importe se conformer au temps présent ne vaut-il pas un saccage ?@ fam
Fam : Êtes-vous le Pape ?..... Combien même je n'ai jamais lu ou entendu les propos aussi désagréables de la part du successeur de Pierre, le Pape Benoît XVI.Je comprends et admets volontiers que vous ayiez votre propre opinion. Je dirais même plus : c'est votre droit le plus strict de pouvoir l'exprimer.... pour autant que votre tyrrade ne blesse personne. Or, ici, je trouve que vous avez abusé de votre droit à la parole en insultant non seulement l'abbé Salamolard mais également les pasteurs, nos frères dans la foi.
Je cite notamment ce passage de votre post ci-dessus :
"Devenez pasteur. Vous pourriez mettre un terme au fastes que vous condamnez en mettant de sinistres robes noires, vous pourriez vous marier et dire tout ce qui vous passe par la tête en toute liberté. On applaudirait même toutes vos inepties."
Un peu de respect ne fait mal à personne qu'on soit catholique ou pas, n'est-ce pas ?
Eva Maria, catholique romaine