Ce qui m’étonne à Noël, ce n’est pas la profanation marchande de la fête, alors que le Très Haut devient le Très Bas, l’un d’entre nous. Ce qui me surprend n’est pas le stress de la course aux cadeaux ni le dégoût devant cette débauche et ce gaspillage, tandis que d’autres souffrent de la faim, du froid, de la guerre. Ce qui me déconcerte, ce ne sont pas les tiroirs caisses obèses ni les dépenses inutiles ni les présents qu’on retrouvera dans les poubelles ou sur l’internet. Ce qui m’ébouriffe n’est pas la médiatisation sotte et superficielle de la fête avec son clinquant, son folklore, sa négation par le déni de Dieu, la fuite de l’intériorité, l’oubli du frère.
Non, ce qui me renverse est le murmure de Noël qui s’entend encore dans ce tintamarre. Ce qui m’époustoufle, ce sont les Noëls vécus et priés en famille, dans la joie de s’aimer, de se savoir aimé. Ce qui m’estomaque, ce sont des hommes et des femmes qui vont à la messe de minuit, des familles qui participent à l’eucharistie du soir.
Ce qui me sidère, c’est Dieu continuant de faire signe et de se mettre à notre disposition. Sans rien demander en retour. Juste heureux qu’on remarque son amour. Juste heureux qu’on l’aime en aimant les petits, les pauvres, les malades. Ce qui m’estourbit, c’est le Christ donné en nourriture. C’est l’Esprit Saint dans nos demeures intimes. C’est le Père infini qui nous attire à lui. Ce qui me frappe de stupeur, ce sont les petits mots, les petits gestes échangés entre nous, qui aident à vivre et boostent l’espérance.
Ce qui m’épate, c’est que vous ayez lu ce billet, que le goût de Noël en vous se soit peut-être réveillé, que vos révoltes soient moins fortes que la divine douceur qui s’offre à vous.
Joyeux Noël!
p.o. Michel Salamolard
Jonas en cathosphère
De cette chronique, le soussigné n’est que le scribe. L’auteur, c’est Jonas, le joyeux baleinier de Ninive. Il m’envoie par télépathie d’étranges messages. M. S.