Voulez-vous animer votre prochain dîner entre amis ou dynamiser la conversation au moment de l’apéro, dans votre estaminet préféré? Posez l’air de rien cette question: «Hé, les potes, que pensez-vous des quotas en faveur de l’égalité des femmes?» L’empoignade est garantie. Deux camps émergeront vite et les salves de kalachnikovs fuseront. «T’es pas cinglé?» crieront les uns. «Y a pas pire mépris de la femme! Elles doivent s’imposer par leur compétence.» – «Taratata, macho!» répliqueront les autres. «Voilà des années qu’elles montrent leurs qualités, mais y a toujours des crétins comme toi qui barrent le passage.»
Restez au-dessus de la mêlée, innocemment. Sauf si, par malheur, un des camps faiblissait. Prenez alors son parti. Et n’hésitez pas à défendre la position inverse si le vent tournait dans l’autre sens.
Quand vous jugerez que l’ambiance atteint la bonne température, lâchez ce scoop: «Eh, les gars, les seuls qui sont totalement pour le quota, c’est les cathos, le Vatican vient de le redire catégoriquement.» Certains ricaneront et feront des gorges chaudes. Mais d’autres vous sommeront d’en dire plus. Laissez passer quelques secondes, le temps que les railleurs la bouclent.
Alors, dans le silence étale, laissez tomber, avec un fin sourire entendu: «Eh oui! Le Vatican vient de redire que le mariage, c’est un homme et une femme, totally fifty fifty, forever.» (Important, l’anglais, pour faire branché.)
Selon l’humeur, ce sera l’éclat de rire ou, plus vraisemblablement, un débat sur le mariage et sur le couple, la morale judéo-chrétienne, le pape, les curés, les bondieuseries. Tout finira comme d’habitude par le scandale du préservatif…
Peu importe, n’est-ce pas, l’essentiel est qu’on en parle.
Pour finir dans la paix, proposez à vos amis d’aller ensemble prier une dizaine de chapelet à l’église. C’est le mois du rosaire, pardi! Donc le mois de Marie, donc le mois des femmes, donc le moment ou jamais de prier pour ou contre… les quotas.
Mais qu’est-ce qu’ô t’as à rouspéter, mécréant?
p.o. Michel Salamolard
Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.
Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.
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Bravo
Quel plaisir que de vous lire ! Merci c'est plein d'humour et tellement vrai.