22.05.2013 | Férie du Temps ordinaire | Si 4,11-19 Mc 9,38-40

Avec Michel Salamolard en cathosphère

19 octobre 2012 | 10h57 14 commentaires

Un synode des évêques problématique (2)

Nous considérons le Synode des évêques sous l’angle d’une sociologie des organisations (voir post précédent). Pensons aux sujets qui font réellement problème, depuis tant d’années, dans notre Église et qui semblent bien constituer des obstacles majeurs à l’évangélisation. Il suffit d’évoquer ceux qui reviennent sans cesse dans tous les débats:
Place de la femme dans l’Église, notamment son accès à des postes de responsabilité.
Ordination à la prêtrise d’hommes mariés.
Possibilité offerte aux divorcés remariés d’accéder à certaines conditions à la communion sacramentelle.
Offre plus généreuse du pardon sacramentel, notamment par des célébrations communautaires avec absolution collective.
• Révision de l’exercice du ministère pétrinien.
• Meilleure mise en pratique de la collégialité épiscopale.
La simple évocation de ces sujets a le don d’agacer prodigieusement les catholiques les plus conservateurs. Cette poussière devrait être à jamais poussée sous le tapis. C’est le meilleur moyen de la transformer en poudre explosive. On ne résout pas les problèmes en les niant.
On entend un autre discours de la bouche de nombreux évêques. Ils reconnaissent que ces questions se posent, qu’on devrait les étudier, mais concluent en disant que cela relève d’une réflexion et d’une décision de l’Église universelle, et non diocésaine.
Soit. Il serait donc souhaitable de réunir un nouveau concile? Mais tout est bon pour repousser cette éventualité: les difficultés pratiques, la complexité du débat, que sais-je.
Soit, encore. Mais voilà qu’un dispositif plus modeste existe, représentatif de l’Église universelle: le synode des évêques. Or, aucune des questions brûlantes n’est à son ordre du jour. Ces «débats intra-ecclésiaux», soulevés «depuis tant d’années» sont censés n’offrir aucun intérêt. Il faut les «dépasser», ne rien dire à leur sujet et se contenter de beaux discours sur «la foi chrétienne dans sa plénitude et sa nouveauté pérenne» (Mgr Müller, le 9 octobre).
D’un point de vue sociologique, non seulement l’Église catholique va mal (voir post précédent), mais elle choisit de continuer d’aller mal. En imposant le silence à ses membres et à son personnel sur des problèmes réels, elle les pousse à la désaffection ou à l’immobilisme, tueur de créativité et de conversion.
Comment expliquer une position aussi déraisonnable et inefficace?
Force d’inertie? Paresse? Freins divers? Manque de vision et de réalisme? Peur? Il y a sans doute un peu de tout cela, mais une autre question s’impose, quelle que soit l’analyse. Quel est le remède catholique à ces maux? On peut le résumer, sans crainte de se tromper, de la façon suivante.
La liberté de parole, la parhésia évangélique, est l’unique solution. Une liberté organisée, certes, mais une vraie liberté, ayant pour référence l’évangile et non le seul droit canon. Elle doit être pratiquée avant tout par les évêques réunis en synode. Toute l’histoire de l’Église démontre abondamment cela.
Au synode romain, les évêques doivent prendre le pouvoir, leur pouvoir, et s’exprimer librement, sans craindre d’aborder les sujets brûlants. S’ils ne le font pas, d’autres le feront à leur place, jusqu’à l’éclatement de conflits ouverts. (Suite dans un prochain post.)
Michel Salamolard
 


yb 22 octobre 2012 | 12h57

Parlez moi de Jésus!

Pardonnez-moi la rudesse de mon commentaire, mais si ces questions agacent certains catholiques, je ne pense pas que ca soit par conservatisme, mais simplement parce qu'on ne parle que d'elles tout le temps. Il faut bien comprendre que le synode réuni l'Eglise universelle, et que les questions qui obnubilent une fraction de notre vieille Europe ne sont pas partagées par les fidèles le monde entier.
Si j'etais en dehors de l'Eglise, je n'aurai aucune envie de rejoindre un club de raleurs qui prennent plaisir a se faire mal en tapant sur leurs copains, et dont la seul préoccupation est d'imiter, avec peine, la mode du moment. Je n'en aurai rien a faire, et j'aurai bien raison.
Maintenant, si on me dit que Dieu est Père, créateur de toute chose, qu'il nous a donné son fils unique Jésus, né d'une humble créature. Qu'il a racheté l'humanité par sa croix, et qu'il nous a envoyé l'Esprit Saint et nous a donné l'Eglise pour que nous allions à Lui. Sans nous replier sur nous même, mais en communion, car Il est communion.
Si ce Christ, me demande de me convertir, d'être aimable avec ma voisine de palier, d'arrêter les mesquineries envers mes collègues de bureau, de ne plus réagir au 1/4 de tour sur cath.ch parce que je ne suis pas charitable, pour son Amour; ca m'interesse (mais il y'a du boulot). Si Il me dit que mon corps et celui des autres puisent leurs beauté de son reflet, et que je ne peux ni les brader, ni les abimer par mon regard et mon comportement; ca m'interesse. Si Il me laisse la chance de lui dire mon péché, parce que ca ne le degoute pas, ca m'interesse.
Si il me dit tout ça, ça sera par la voix de l'Eglise: pape, eveques, pretres, fideles laïcs et consacrés. Alors parlons en!
Quand j'entends que l'Eglise et le Christ manquent de générosité avec la confession ca me laisse reveur. Bien sûr, j'ai encore trop la trouille quand j'y vais, ce qui montre que je suis plus attaché à l'image que je veux cultiver de moi-meme qu'au Christ. Mais un ami protestant me disait que c'etait bien facile d'être catholique car dans le sacrement de reconciliation nous avons la rémission de nos péchés... alors comprenez que ca le fasse bien rire quand je lui déballe mes états d'âme!
J'aimerai tellement que l'on nous parle de Jésus!
publicain 23 octobre 2012 | 12h33

Europe, terre de mission

Avec le recul, les historiens pourront un jour évaluer avec précision les dégâts causés à l’Eglise par les virus du libéralisme. Pour le moment, il est encore difficile d’en faire une synthèse exacte proche de la réalité.
Mais l’état d’esprit général, la façon de s’exprimer du clergé dans les médias et les raisons évoquées pour la désaffection des églises apportent déjà un éclairage. En effet, on nous explique régulièrement depuis des lustres que le problème serait réglé si les prêtres pouvaient se marier, les femmes être ordonnées, les divorcés-remariés admis. On ne peut pas ne pas être étonnés sur le cas du mariage des prêtres quand on sait que les temples se vident aussi chez nos amis réformés alors que les pasteurs sont mariés. Et imaginons les problèmes dans la dégradation générale si les prêtres divorcent aussi et se remarient…
Justement, pour le moment, l’Eglise est d’abord confrontée à l’aporie des divorcés-remariés. Comment trouver une solution dans un problème aussi complexe et délicat, apparemment sans solution avec les données bloquées actuelles ? En tout cas, en premier lieu, faut bien s’écarter de la vue simpliste que tout s’arrange par la miséricorde divine et sa grâce infinie, que l’on entend comme une rengaine. C’est un genre de quiétisme dérivé du relativisme où le mot « adultère » employé par l’Evangile n’est plus à la mode. Il est même banni. On ne l’entend plus dans les homélies. On parle de miséricorde et d’amour. Même que certaines lèvres sacerdotales laissent entendre que le péché n’existe pas vraiment du moment que l’on pense que ce que l’on décide est bien. L’ancêtre de cette vue n’est autre qu’Ocam qui a inventé le nominalisme au Moyen Âge en disant que chaque individu devant ses actes les détermine comme bien ou mal. Ils s’en souviendront, en leur temps, Smith et Mandeville, les géniteurs du libéralisme. Aujourd’hui, les virus de cette façon de penser sont dans notre état d’esprit, relativisme, théorie du genre, comme une pensée unique.
Dans ce brouillard, faire comprendre aux divorcés-remariés le vrai chemin à suivre n’est pas une sinécure. En effet, pour ne pas toucher un iota à l’Evangile, ni faire distorsion aux valeurs sacramentelles en cause, faut passer par le sacrement de réconciliation pour s’approcher du repas eucharistique dans toute la pureté requise, selon ce que demande Saint-Paul. Donc, en réalité, par une confession individuelle obtenir le pardon par l’absolution pour rétablir la pleine communion dans l’Eglise. Evidemment, le pardon est accordé s’il y a repentir sincère, intention de se corriger pour ne plus retomber dans cette faute et enfin réparation.
Donc, c’est très catégorique, les remariés doivent renoncer à poursuivre dans l’état d’adultère et retrouver une situation dite normale. Inutile de dire ce que cela soulève comme problèmes, en plus avec les enfants.
Et pourtant la parole de Jésus est incontournable à la femme adultère : « … va et ne plus pèche plus » ! La condition du pardon. Sinon il n’aurait pas de sens si l’on peut rester dans son état et continuer à pécher. C’est le côté visible. Quant à l’invisible, celui de la conscience, on semble entendre qu’on recherche à jouer sur ce tableau pour permettre des retours sans toucher au visible. C’est la quadrature du cercle. Les prêtres sont invités à retourner à l’église, à prier pour le salut des baptisés et de tous les autres.
Europe, terre de mission.
Henry Stève 24 octobre 2012 | 20h26

Et si on changeait de disques??????????????

Lors de ce synode de splendides interventions ont eu lieu, des doigts ont été posés sur des vrais problèmes, on y sent une Eglise qui se réveille, on y voit la première lueur de l’aube poindre au loin…et puis on lit vos articles M. l’abbé. Tout est pessimiste, vous râlez, cela ne vous convient pas, etc. Au fait y trouvez-vous quelque chose qui vous plaît ou qui vous a touché ? Si oui pourquoi pas en faire le thème du numéro 3? Ça serait tellement plus beau et constructif. D’ailleurs si vos préoccupations ne sont pas abordées n’est-ce pas parce qu’ils ont déjà été discutées et résolues ? Ou alors je soumets une éventualité : Peut-être que le Saint Esprit n’a pas les mêmes préoccupations que vous ? A moins qu’Il ne soit, d’après vous, absent de ce synode ? Vous dites ça revient toujours dans les débats ? C’est surtout dans les médias anticatholiques, dans les milieux progressistes ou libéraux, chez certains opportunistes qui veulent le beurre et l’argent du beurre et chez les personnes qui en deviennent endoctrinées que ça revient tout le temps. Ces sujets m’agacent terriblement. Mais suis-je donc un conservateur pour autant ? Un sourire s’esquisse sur mes lèvres. J’ai environ 40 ou 45 ans de moins que vous, je suis converti depuis 7 ans et ces idées sont apparues en plein jour au environ de mai 68…un peu ridés non ? Lorsque je vivais loin du Christ le célibat des prêtres, la position de la femme dans l’Eglise, la communion aux personnes divorcées ou autre je m’en foutais royalement…je me sentais juste touché par la position de la femme dans l’Islam…mais dans l’Eglise ??? Et je vous assure que le 100 pour 100 des gens que je fréquente qui ne vont pas à l’Eglise se moquent éperdument de ces sujets. Par contre les gens ont soif d’Amour…la réponse c’est Jésus. Les gens ont faim de vivre en plénitude..la réponse c’est Jésus. Les gens ont soif de vérité…la réponse c’est Jésus. Mais ce Jésus on ne le connait plus, on ne l’annonce plus car des tonnes de gens dans l’Eglise ont d’autres préoccupations. A l’époque où j’étais en recherche je suis passé plus d’une fois à côté de la Sainte Eglise à cause des râleurs et des éternels insatisfaits qui me rebutaient. Je les entendais parler de la Bonne Nouvelle mais je ne voyais pas du tout où elle était et ce qu’elle était. Heureusement pour moi le Seigneur est plein de surprises…sinon je n’aurais pas fait l’expérience extraordinaire de se Amour incommensurable.
Une dernière remarque les prêtres progressistes de votre génération ont vécu quelque chose de particulier : à l’époque de votre ordination les églises étaient pleines…aujourd’hui elles sont vides. Une grande partie d’entre vous savent vite trouver les causes : le célibat des prêtres, l’ordination des femmes, le pape ceci, le pape cela et puis Rome je vous explique pas… Mais j’aimerais tellement que l’un d’entre vous puisse avec humilité, humilité et humilité et un zeste de sagesse faire l’examen de conscience de votre génération. Peut-être que la poutre est dans votre œil ? Si tu veux étendre le Royaume de Dieu commence déjà à le faire grandir dans ton cœur( St François de Sales)
M.S. 25 octobre 2012 | 08h08

Merci, Henri Stève

Vous posez de bonnes questions. Permettez-moi de répondre à l'une ou l'autre.
1) Je ne vois aucun conflit de génération en ce qui concerne l'évangélisation. Chaque génération fait ce qu'elle peut, de son mieux. Chacune commet aussi des erreurs et connaît des faiblesses. Il me semble que la mienne n'a pas démérité. Les communautés catholiques d'aujourd'hui sont certes plus petites, mais souvent plus ferventes. Je ne sache pas que le synode ait blâmé, si peu que ce soit, ma génération de prêtres...
2) Tout ce qui se dit au synode me semble juste et admirable. Si j'exprime une déception, c'est parce que j'attendais plus (trop?) de cette assemblée, notamment sur les fameuses questions pratiques concernant le vivre ensemble des catholiques. Je suis convaincu que c'est à ce niveau, et non à celui des théories (toujours excellentes), que se joue l'avenir de l'évangélisation.
3) Un rapide coup d'oeil dans le Nouveau Testament montre que l'évangélisation, dès l'origine, a exigé la solution de problèmes très concrets et difficiles, que d'aucuns auraient sans doute préféré ignorer. Le plus énorme de ces problèmes était la cohabitation fraternelle des chrétiens d'origine juive et des chrétiens d'origine païenne. Fallait-il imposer à tous la circoncision et la loi de Moïse? Le premier synode de l'histoire de l'Eglise, appelé "concile de Jérusalem" a trouvé la bonne réponse à cette question, dont les implications théologiques sont immenses, comme le sont celles liées à la nécessité d'avoir des prêtres en nombre suffisant pour présider l'eucharistie et la vie des communautés. Là est la vraie question. Celle du célibat ne vient qu'en second lieu. D'ailleurs, l'ordination d'hommes mariés, pour ne prendre que cet exemple, n'empêche évidemment en rien l'ordination de célibataires à vie (j'en suis un)! Une révision de l'exercice du ministère pétrinien, souhaitée en son temps par Jean-Paul II, ne met pas en cause le principe de ce ministère, au contraire. Reconsidérer la place des femmes dans notre Eglise, à la lumière du Nouveau Testament et de la Tradition, ne porte aucun ombrage aux hommes! Améliorer l'exercice de la collégialité épiscopale n'a rien de révolutionnaire, au contraire. Approfondir et améliorer le discours sur l'amour humain n'est pas une chose insignifiante!
4) Je ne pense, comme vous, que les gens, pratiquants ou non, se moquent des questions brûlantes. Pour les rencontrer depuis bientôt 50 ans de ministère, je sais que ces question intéressent beaucoup et qu'une avancée sur n'importe lequel de ces sujets aurait un impact très positif, aussi pour l'évangélisation.
5) Je ne vois vraiment pas, pour conclure, en quoi il serait inconvenant qu'un prêtre catholique exprime le voeu que ce soient les évêques, établis précisément pour cela, qui osent se prononcer clairement sur tous les aspects de la vie chrétienne! S'ils ne le font pas, d'autres, moins qualifiés, peut-être moins bien intentionnée, le feront à leur place. Il est tout de même étrange que de nombreux évêques, pris isolément, reconnaissent l'existence des problèmes que j'ai cités, mais qu'ensemble, en synode ou en concile, ils ne les traitent pas! Alors que c'est précisément ensemble qu'ils doivent et peuvent gouverner l'Eglise catholique, ce qui suppose aussi de donner des réponses aux questions qui réellement se posent.
M.S. 25 octobre 2012 | 08h17

P.S.

LES SEULS HABILITéS à CHANGER DE DISQUE SONT... LES EVEQUES! Ce sont eux les chefs d'orchestre ou les DJ, si l'on veut. Pour l'instant, ils laissent tourner un disque rayé, qu'ils devraient changer. Sur ce point, je suis donc d'accord avec vous, Henri Stève: Changez le disque, chers évêques, remplacez-le par un meilleur!
Stève Henry 25 octobre 2012 | 20h40

Prologue

Bonsoir m. l'abbé et merci pour votre réponse.
A mon tour j'aimerais rebondir sur ce que vous avez écrit et proposer quelques réflexions qui sont peut-être à contre-courant des éternelles rengaines.
Vous parlez du Concile de Jérusalem, intéressant. Effectivement un gros problème a surgit avec les observances du judaïsme ou non pour les baptisés venant du monde des gentils. A l’issu de celui-ci Pierre donne le verdict… Le Saint Esprit et nous..( Ac 15,23-29). Or la suite des Actes et certaines Epitres montrent que les râleurs et les contradicteurs étaient déjà présents dans l’Eglise primitive. Puisque certains n’ont pas voulu abandonner leurs idées…. L’Eglise n’a-t-elle pas, ces dernières années, discuter et décider concernant les préoccupations que vous nous soumettez ? Et pourtant….
Bien sûr qu’il faut des prêtres et je vous assure que le prie pour cela. Mais affirmer que la possibilité de se marier pour un prêtre va nous en amener est pure théorie. Est-ce que les diacres pullulent ? Ne manquent-ils pas aussi des assistants laïcs ? Est-ce qu’il y a le plein de vocation chez les anglicans ? Pourtant ils ont le mariage des prêtres plus l’ordination des femmes…alors ils en sont où ?
Par contre pour moi c’est une surprise absolue que depuis ma conversion jamais un évêque de mon diocèse ni aucun prêtre de ma région n’a appelé à prier pour les vocations ou proposer une initiative spirituelle …par contre à intervalle régulier nous avons droit à l’éternelle question du célibat des prêtres ou l’ordination des femmes.
Sur un plan plus général revenir sans arrêt sur ces préoccupations ne nous éloigne-t-il pas de l’essentiel ? Et est-ce que l’on n’empêche pas d’autres personnes à venir à l’essentiel ?
Si autant de personnes et notamment des jeunes sont autant attirés par le new age ou autre ésotérisme n’est-ce pas parce que dans ce milieu-là on parle spirituel et pas infrastructure. Les gens sont assoiffés de spiritualité….le reste ils ont déjà leur souci. Beaucoup du coup se nourrissent de spiritualités qui viennent d’en bas et tourne le dos au Royaume.
Je confirme encore une fois que les gens non pratiquants que je fréquente se moquent de ces préoccupations…et ils ne parlent pas souvent( voir pas du tout) à des prêtres pour donner leur avis.
Je trouve que l’Eglise de France est très instructive. On y voit tout et son contraire. Certains diocèses n’ont plus eu d’ordination depuis plusieurs années, les séminaires sont vides et des prêtres, souvent âgés, se retrouvent parfois avec 30 paroisses !
D’autres diocèses au contraire vivent un renouvellement extraordinaire. Jeunes prêtres, séminaires bien remplis, jeunes qui se réunissent pour prier et évangéliser. Exemple le diocèse de Fréjus Toulon de Mgr Dominique Rey ( qui a accueilli le père Nicolas Buttet et sa fraternité). Ou alors des paroisses comme à Marseille avec le père Michel Marie Zanotti Sorkine. Sa paroisse était quasiment morte à son arrivé en 2005….aujourd’hui son église est archi remplie ( je suis allé à des messes en semaine c’est rempli…avec pleins de jeunes). Le secret ? le Saint Sacrement est exposé tous les jours plusieurs heures, Rosaire quotidien( les chapelets sont répartis dans la journée), présence au confessionnal matin et soir( et il y a du monde) bien évidemment la Sainte Messe tous les jours, fidélité absolue au St Père et adhésion sans borne au Magistère qui est enseigné sans édulcoration.
La Ste Vierge disait à Medjugorje parlez un peu moins et priez un peu plus…apparemment ça marche…on essaie en Suisse ??? Je me permets de lancer l’appel.
Stève Henry 25 octobre 2012 | 22h08

Problème jamais évoqué

On parle du problème de la communion aux personnes divorcées remariés ou en concubinage. Mais étrangement on ne parle jamais des communions sacrilèges…
On a mis entre parenthèse la confession, l’état de grâce, le péché ( gravissime…pas dans un but de culpabiliser…mais parce se reconnaître pêcheur c’est la porte pour faire l’expérience de la Miséricorde Divine le plus grand attribut de Dieu) le salut des âmes, le purgatoire, l’enfer,etc. J’ai même rencontré des gens engagés dans l’Eglise qui sourient quand on leur parle de ça…
Du coup tout le monde va communier…sans problème. Comme en plus certaines revendications tendent à faire de la Sainte Communion un droit…alors que c’est un don…gigantesque. Attention il y a grand danger! La désacralisation pose aussi problème pour l’évangélisation. Et de nombreuses dérives…qui à mon avis vont aller en s’intensifiant si on ne réagit pas.
Je donne 2 exemples récents et…malheureusement véridiques:
1. Une amie se rend à un enterrement. Quand arrive la communion, bien sûr, tout le monde y va…. Mon amie revient dans son banc et elle assiste à cette scène entre un couple ( la trentaine environ) : le monsieur ouvre la main et montre à sa compagne Jésus Hostie…je cite la conversation: ``quoi tu l’as pas bouffé ? ben qu’est ce tu vas en faire ? Heu je sais pas en fait. Ha si on la donnera au chien!!!’’
Oui j’espère que non mais Jésus a peut être fini dans l’estomac d’un chien !!!!
2. Lendemain de confirmation dans un petit village vers chez moi. Le sacristain trouve en nettoyant l’Eglise une hostie toute écrasée avec des marques de godasses à l’endroit où se trouvaient les confirmands le jour avant…
7 ans de catéchisme plus 1 année de préparation pour la confirmation….pour ce geste totalement scandaleux.
Je profite de ça pour rappeler que Jésus a demandé à Paray-le Monial que l’on se confesse et communie le premier vendredi du mois en réparation pour les communions sacrilèges. Et ça c’est indispensable pour la nouvelle évangélisation
Stève Henry 25 octobre 2012 | 22h30

Problème jamais évoqué 2

On parle du problème de la communion aux personnes divorcés et remariés ou en concubinage mais étrangement on ne parle jamais ou on n’ose pas parler du problème de base : le divorce.
Je ne juge personne, d’ailleurs nul n’est à l’abri.
Mais le divorce est une plaie de notre société. Combien de larmes, de souffrances, d’innocence d’enfant enlevé, de désillusion ?
N’est-ce pas paradoxal que nous catholiques qui sommes censés annoncer que Dieu est Amour, que Dieu est l’Amour nous n’ayons rien à proposer contre ce qui est un échec à l’amour ?
Les divorces n’ont-ils pas commencés avec la libération sexuelle ? Est-ce que l’on n’ose le dire? Le péché n’est-ce pas manquer sa cible? Si Dieu nous a donné une morale n’y a-t-il pas une raison? Ne pas en tenir compte n’est-ce pas s’exposer à des conséquences ?
Critiquer les décisions d’un Pape qui est loin…c’est facile. Mais être un Jean-Baptiste dans notre pays…c’est plus délicat.
L’un des grands besoin de l’Eglise de notre pays c’est le don de prophétie. Prions
M.S. 25 octobre 2012 | 22h40

Juste quelqes précisions, Stève Henry

J'apprécie vos remarques et votre courtoisie. Je me permets de nuancer vos propos avec les précisions suivantes.
1) Oui, les diacres permanents sont nombreux, en France surtout.
2) Oui, les laïcs engagés en pastorale sont TRèS nombreux aujourd'hui. Beaucoup d'entre eux tiennent des paroisses à bout de bras, faute de prêtres.
3) Oui, la communion eucharistique est trop souvent banalisée. Oui, il faut en découvrir et en faire redécouvrir le sens. Oui, une catéchèse renouvelée à ce propos est indispensable. Oui, des communions sacrilèges existent depuis les origines de l'Eglise: Judas, 1 Corinthiens 11, 17,ss. Oui, il faut remédier à cela. Oui, nous avons besoin pour cela de nombreux prêtres convaincus, célibataires ou mariés.
stève henry 25 octobre 2012 | 22h50

Problème jamais évoqué 3

M. l’abbé j’écris beaucoup et je suis conscient que vous n’aurez pas le temps de répondre à tout…cependant si vous ne deviez choisir qu’une réponse prenez celle-ci.
J’en reviens à l’indissolubilité du mariage. Ce n’est pas compris dans notre société. Certes mais Jésus non plus n’a pas été compris. La Parole de Dieu fait chair on l’a crucifié car on ne voulait pas ce qu’elle disait. Et aujourd’hui encore cette Parole que l’on rejette c’est le DIEU VIVANT.
L’indissolubilité n’est pas une originalité de la Sainte Eglise…c’est marqué noir sur blanc dans la Parole de Dieu. Cela sort de la bouche de Jésus. Pas besoin d’avoir fait de la théologie pour la comprendre…il suffit de savoir lire.
Aujourd’hui beaucoup de prêtres et même des évêques ne verraient aucun problème à mettre ce que Jésus dit entre parenthèse pour plaire au monde. Mais est-ce que l’on se rend bien compte ? On veut faire ça pour contourner un problème de notre époque. Mais dans les générations qui suivent il y aura d’autres problèmes.
Du moment qu’on met un mot entre parenthèse on peut mettre tout le reste.
Dans 50 ça sera peut-être j’étais un étranger et vous m’avez accueilli. Ensuite honore ton père et ta mère, puis les anges de ces petits enfants voient constamment Dieu dans les cieux, et pour finir aimez-vous les uns les autres.
Combien de crises l’Eglise a traversé en 2000 ans ? combien de fois elle s’est compromis dans sa doctrine ?
Benoît 27 octobre 2012 | 16h47

Cardinal Burke au Synode

Le chrétien ne peut pas en effet « témoigner de la foi dans le monde » si « les exigences de la justice dans l’Église sont totalement ignorées et négligées ».
Cependant, la discipline dans l’Eglise doit toujours être exécutée en fonction du « salut des âmes », tel que le précise le dernier paragraphe du droit canonique, qui lui donne tout son sens : « le salut des âmes doit toujours être la loi suprême » dans l’Église (Can. 1752).
Ce salut des âmes est aussi la « principale fin » de la nouvelle évangélisation, fait-il observer. Et ceux qui s’engagent dans la nouvelle évangélisation ont le « devoir » de poser leur fondement sur la « connaissance de la tradition disciplinaire de l’Église » et le « respect du droit dans l’Église ».
Cohérence entre la vie et la foi
Selon le cardinal, « le témoignage de la foi chrétienne dépasse la fausse fracture existante entre l’Évangile et la vie ». Mais ce témoignage de la foi ne peut avoir lieu que si « à l’intérieur de l’Église il y ait une cohérence entre la vie et la foi ».
Or, il constate dans l'Eglise une « attitude d’indifférence envers la discipline de l’Église, voire de l’hostilité ». Pour lui, cette attitude provient d’une déviation de « l’euphorie postconciliaire », tournée vers « l’instauration d’une Église nouvelle, placée sous le signe de la liberté et de l’amour ».
Mais cette perte de sens du droit n’est pas une question spécifique à l’Eglise, elle est aussi présente dans la société dans son entier, où le cardinal dénonce une véritable « antinomie » qui « prétend rendre légales les actions intrinsèquement mauvaises ».
Il cite à ce sujet « l’avortement, la conception artificielle de la vie humaine dans le but de procéder à des expérimentations sur la vie de l’embryon humain, ce que l’on appelle l’euthanasie de ceux qui jouissent du droit préférentiel à notre existence, la reconnaissance légale des unions de personnes du même sexe équivalentes au mariage, et la négation du droit fondamental de la conscience et de la liberté religieuse ».
Il explique cette antinomie par la prise de distance de la culture juridique « avec sa racine objective, ou bien métaphysique, qui est la loi morale ».
M.S. 28 octobre 2012 | 10h22

Merci à tous

Je remercie sincèrement toutes les personnes qui interviennent sur ce blog, par des informations utiles, par des commentaires courtois, ce qui n'empêche pas le mordant du propos (sans la morsure du ton). Qu'il y ait des divergences d'opinion est parfaitement normal. C'est même fort utile, cela nourrit la réflexion et le débat. J'estime que nous avons une chance, catholiques romains, d'être éclairés par un magistère authentique. Celui-ci nous indique le nord, l'essentiel, mais nous laisse un champ immense de liberté de penser, de comprendre et de vivre notre foi. Belle diversité dans l'unité, qui s'est reflétée au synode et qui se manifeste dans toute l'histoire, passée et présente, de l'Eglise. Normal, puisque l'Eglise est en elle-même un reflet de la sainte Trinité, en laquelle un maximum de différence culmine dans un maximum d'unité... Pour sa modeste part, un blog chrétien peut aussi exprimer quelque chose de cela. Donc, encore merci.
Théonas 02 novembre 2012 | 11h13

vous aurez à rendre des comptes

La partie est perdue Monsieur l'abbé. Vous croyez qu'avec des prêtres mariés, qu'avec la possibilité de communier quand on est divorcé-remarié cela va changer quoique que ce soit? Monsieur Stève Henry a parfaitement raison. C'est l'enseignement du Christ qui a été piétiné, ce sont ses exigences et celle de la Vierge qui sont foulées au pied. Ne voyez-vous pas que la doctrine du Christ fait honte à l'essentiel des agents pastoraux qui infestent l'Eglise, ne voyez-vous pas que les prêtres n'osent plus la défendre ( par peur des réactions ou parce qu'ils n'y croient plus). La première des vérités qui est balayée de nos jours est que le Christ est venue sur terre pour nous permettre de faire notre salut, pas miséricorde il est venu pour nous éviter la peine que nous méritons mille fois, la damnation; que sans le Christ personne n'y parvient, que ceux qui ne se sauvent pas vont en enfer, que la vie est un combat permanent contre le péché et qu'il faut puiser dans toutes les ressources des sacrements pour ne pas céder aux assauts du démon. C'est quand l'Eglise assume clairement ce message qu'elle sauve des âme, pas quand, comme une vielle dame, elle n'ose plus dire son fait aux sodomites lors des gay pride, pas quand elle se veut fun et in avec toutes ces liturgies clownesques, par quand elle milite, comme n'importe quelle officine de la culture de mort, pour que le prêtre ait droit une vie sexuelle épanouie, pas quand elle cache que le divorcé-remarié est un adultère...Vous aurez à rendre des comptes pour tous vos manquements à votre sacerdoce monsieur l'abbé.
M.S. 07 novembre 2012 | 09h51

Théonas, votre compte est-il bon?

L'Eglise catholique que je connais (plutôt bien) ne ressemble en rien à la caricature que vous en faites. Partout, je vois des évêques, des prêtres et des agents pastoraux zélés, annonçant l'évangile, s'efforçant de le vivre, priant, animant des liturgies de qualité. Mais voilà, c'est peut-être une question de lunettes...
Quant à rendre des comptes, le Père de Jésus ne m'en demandera pas plus que le père de la parabole n'en demanda à l'enfant prodigue de retour. Il m'ouvrira ses bras comme il le fera pour vous et pour tant d'autres. Rendre des comptes, c'est l'affaire du fils aîné de la parabole. Laissons-lui cette prérogative, si c'en est une. Je me permets aussi de citer saint Paul sur ce sujet. "Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n'en suis pas justifié pour autant; mon juge, c'est le Seigneur. Ainsi donc, ne portez pas de jugement prématuré. Laissez venir le Seigneur; c'est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des coeurs. Et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient." 1 Corinthiens 4,3-5. O douceur que d'avoir pour juge le très miséricordieux Seigneur et non quelque grincheux de la Terre! N'est-il pas vrai, cher Théonas?

Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


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