Avec Michel Salamolard en cathosphère

16 octobre 2012 | 11h10 5 commentaires

Un synode des évêques problématique (3)

Nous sommes partis d’un constat. L’Église en Europe va mal: hémorragie alarmante de ses fidèles, manque cruel de prêtres. Toute organisation soucieuse de son avenir se mettrait en question face à pareille situation. Elle tiendrait grand compte notamment des remarques critiques de ses membres, de son personnel et de ses clients. Or, l’Église catholique fait la sourde oreille. Sur les sujets brûlants, elle impose le silence à ses membres et à son personnel.
Même le Synode des évêques, lieu tout indiqué pour prendre des décisions autorisées, est bâillonné. Purement consultatif, alors qu’il pourrait être délibératif, son ordre du jour n’aborde aucun des problèmes pratiques qui, aujourd’hui, font obstacle à l’évangélisation.
L’Église évangélise avant tout par la saveur humanisante de la vie en son sein. La foi s’annonce d’abord par une qualité de vie attirante, plus humaine que dans la société en général. Dans une Église qui témoigne de l’évangile, les femmes devraient avoir une place meilleure que dans la société. Les prêtres devraient être nombreux, célibataires ou non, pour un ministère de proximité. Les personnes en situation difficile devraient y être mieux accueillies et intégrées. La miséricorde devrait être offerte généreusement. Les hauts responsables devraient donner l’exemple du service. Le maintien de l’unité devrait obéir aux principes de collégialité et de subsidiarité.
Depuis de longues années, des demandes s’expriment en ce sens. Elles se cristallisent autour des fameux sujets brûlants, qui visent tous une révision de vie évangélique des relations au sein de l’Église catholique.
Une avancée réelle et réfléchie sur n’importe lequel de ces points aurait un immense retentissement positif, aussi bien dans l’Église que dans la société. La politique actuelle de l’autruche et du silence produit l’effet contraire. Elle ruine d’avance, en bonne partie, les déclarations d’intention et les projets théoriques d’évangélisation. D’année du prêtre en année de la foi, on se répand en rhétorique, en documents et en célébrations sans réel impact, ni sur les chrétiens ni sur les autres.
Pendant ce temps, les problèmes demeurent entiers. Face à l’inertie de ceux qui devraient les empoigner à bras le corps, les évêques, d’autres n’en peuvent plus et s’en emparent. Les mouvements de contestation et de protestation se multiplient et s’intensifient. Des cris trop longtemps étouffés s’expriment publiquement. Plus ou moins sereinement, plus ou moins constructivement. On le voit en plusieurs pays d’Europe.
Ceux qui voudraient faire taire ces contestataires, au nom de l’alignement et de l’obéissance religieuse, se trompent de combat. On trouve dans ces mouvements des prêtres et des catholiques engagés. La plupart ne sont pas des ennemis de l’Église, mais des passionnés de l’évangile et de la communion catholique.
La seule façon utile de combattre ces contestations est de les rendre inutiles. Comment? Tout simplement en prenant au sérieux les problèmes qu’elles soulèvent.
Quand les évêques sortiront de l’attentisme actuel, quand ils traiteront les sujets brûlants, ces contestations perdront leur raison d’être. Exercée au sein d’un concile ou d’un synode d’évêques, la liberté de parole évangélique (la parhésia chrétienne) portera ses fruits, qui ne sont pas de division, mais de conversion et de communion. (Après les problèmes pratiques, un prochain post évoquera quelques sujets doctrinaux tout aussi brûlants.)
Michel Salamolard
 

Quelques évêques interviennent tout de même, au synode romain, sur l’un ou l’autre des sujets brûlants. Cela ne signifie pas encore que ces sujets seront réellement traités. Ils risquent plutôt d’être noyés dans la masse et de ne pas apparaître dans la synthèse finale, tirée par le pape. Ils n’en sont pas moins des signes qui devraient annoncer une reprise sérieuse de ces thèmes, pour eux-mêmes, dans une autre assemblée officielle d’évêques. Voici deux exemples.
«Une spiritualité de communion doit emplir toutes les relations et toutes les structures au sein de nos paroisses et dans les églises locales, à travers une consultation qui rassemble les fidèles, qui reconnaît la présence de l’Esprit de Dieu agissant dans les membres de la communauté et qui aide à répondre à tous ceux qui sentent que leur voix n’est jamais entendue dans l’Église.
Encourager la coresponsabilité en apportant des changements dans certaines structures de l’Église et dans la mentalité, dans une disposition et une véritable sympathie à avoir lorsque l’on travaille de façon très proche avec des laïcs. Ces changements pourraient inclure la nomination d’équipes pastorales composées de religieux et de laïcs, une réflexion et la reconnaissance officielle de ministres ecclésiaux laïcs; et un engagement délibéré et systématique des femmes en leur confiant des positions de direction à tous les niveaux de la vie de l’Église, et cela, en permettant aux femmes d’être désignées comme lectrices ou acolytes, et en instituant le ministère de catéchiste.
Quand cela adviendra, l’Évangile sera à nouveau entendu, notre foi sera transmise avec plus d’efficacité, nous serons renouvelés dans notre foi et notre témoignage deviendra alors plus authentique dans notre monde contemporain.»
(Mgr Brian Joseph DUNN, Évêque d'Antigonish, CANADA, 12 octobre)
«Afin d’évangéliser le monde, l’Église doit être plus “mince”. Comme David n’a pas pu affronter Goliath avec les lourdes armes que Saül lui avait données, ainsi l’Église doit abandonner de nombreuses traditions du Moyen Âge européen (structures matérielles et spirituelles, façon de parler, habitudes “du temps qui fut”, etc.) et, comme le Corps mystique du Christ ressuscité, elle doit annoncer au monde moderne l’Évangile du salut, en gardant sa doctrine immuable et sa véritable Tradition. Elle doit agir non pas comme une puissance mondiale ni comme une puissance européenne mais elle doit offrir au monde l’Évangile, l’annonce glorieuse, en prêchant à tous le Christ mort et ressuscité de façon claire et sans équivoques, comme l’ont fait les Apôtres et les grands missionnaires tels que saint François Xavier.»
(Mgr Nikolaos FOSKOLOS, Archevêque d'Athènes, Administrateur apostolique "sede vacante et ad Nutum Sanctae Sedis" de Rhodes, GRÈCE, 13 octobre)
 


Preca 25 octobre 2012 | 12h24

Quand les prêtres croiront en Dieu

la face du monde en sera changée. On les verra tous les jours à l’église, prier, méditer, faire oraison, entrer en contemplation. Le peuple va s’apercevoir qu’ils sont amoureux de Dieu. Ils seront tellement amoureux de Dieu et tellement occupés à Le louer qu’ils auront retrouvé l’essence du sacerdoce. Ce jour-là, il ne sera plus question pour eux de réclamer le mariage humain puisqu’ils seront vraiment mariés avec Dieu. Ils ne critiqueront plus, ne dénigreront plus. Ils seront comme Jésus, doux, humbles, respectueux, obéissants, offrant leur vie pour le Royaume de Dieu. Leurs paroles seront en conformité avec leurs actes. La charité ne peut pas mentir. C’est cela que les jeunes attendent dans leur soif d’intériorité et de vérité. Ils n’attendent pas qu’on leur promette des choses humaines, des structures sociales, etc., les politiques sont là pour ça, non, foin de toutes rengaines, ils attendent au fond de leur être qu’on ne leur mente pas, qu’on leur montre comment aimer Jésus, que Lui seul est le sens de notre vie. Ils ont besoin de sens.
Alors, nous, gens du peuple, si nous ne prions pas, nous avons les prêtres que nous méritons. Prions pour qu’ils prient !
Precamus 25 octobre 2012 | 13h46

Oui, oui...

Tous les prêtres que je connais prient tous les jours, même moi! Ils ne réclament pas de se marier, mais d'être assistés de suffisamment de confrères, mariés ou non, pour célébrer l'eucharistie, guider les communautés, évangéliser. C'est cela que les jeunes attendent: l'eucharistie, la guidance, l'annonce de la foi. Tant mieux si des célibataires s'annoncent, tant mieux si des mariés s'annoncent aussi. Et surtout, tant mieux si les évêques (ni moi ni vous) se penchent sur ce problème lancinant... Oui, prions, mais la prière ne nous dispense ni de réfléchir ni de décider en des matières dont Jésus a précisément confié la gestion à son Eglise.
un de l'Eglise d'en bas 27 octobre 2012 | 15h01

donc, en CONCLUSION

le message final du Synode nous dit que la contemplation est la clef de l’évangélisation. Cette voie incontournable a été indiquée, au début du Synode, par un anglican. C’est quand même paradoxal pour un Synode de l’Eglise catholique. Mais heureusement que l’Esprit a soufflé. Bon, maintenant, le gros problème, ce sera de le vivre. .
C’est pour cela que le Synode dit qu’il faut redonner « le feu aux prêtres ». Tout un programme. Alors, attendons pour voir s’ils vont s’allumer… !
C’est l’occasion, sûrement, de se souvenir de la méditation de Zundel sur l’Eglise, corps mystique « … si l’on vit dans l’intimité de Jésus, que l’on porte son visage… il n’y aura pas besoin de nommer Dieu, de parler de l’Eglise, on la verra, on la reconnaîtra, on l’aimera parce qu’elle sera devenue à travers nous ce qu’elle est vraiment : la présence de Jésus… la présence de celui qui est au plus profond de nous-mêmes la vie de notre vie. »
Il nous reste à prier pour les prêtres qui ruminent critiques, revendications, contestations, indignation, désobéissance, etc., pour qu’ils se convertissent afin d’illuminer le monde avec le visage de Celui qui a dit : « Je suis venu apporter le feu sur la terre. » !
Benoît 27 octobre 2012 | 17h46

du spirituel svp. le social au wc.

Dans une Église qui témoigne de l’évangile les prêtres devraient avoir le feu pour être crédible.la qualité avant la quantité. le sacerdoce est une vocation le mariage aussi.ces 2 vocations sont bien mis à mal dans notre culture moderne.prétendre concilier les 2 c'est un rêve moderniste.bon c'est normal leur séminiaire sont vides!que les prêtres cherchent leur sanctification et les époux aussi et nous redeviendrons crédible.
Les personnes en situation difficile devraient y être mieux accueillies et intégrées: que les prêtres s'habillent en prêtre et sortent de leurs salles de réunion. par la contemplation mis en avant lors de ce synode surgira la charité
La miséricorde devrait être offerte généreusement: que les prêtres recommencent à parler du péché...de l'aldutère aussi. la miséricorde est pour tous du moment qu'on se reconnaît pêcheur et qu'on se repent. la miséricorde pour tous qui consiste à absoudre le péché et non le pécheur est une calamité de bcp de moderniste.
Le maintien de l’unité devrait obéir aux principes de collégialité et de subsidiarité: ET SURTOUT DE L'OBEISSANCE. car sans elle pas d'unité!!!
Seigneur prend pitié des semeurs de zizanie. donne leur l'humilité et l'obéissance qui les fera ressembler au Christ
M.S. 28 octobre 2012 | 21h12

WC, oh hé

Un peu de pudeur s.v.p. Pensez à toutes les personnes qui, dans les foyers pour personnes âgées, aident les pensionnaires à vivre, à faire leurs besoins naturels. Le spirituel est aussi aux WC.

Michel Salamolard tient une double chronique de l’actualité religieuse et sociale, vue de la cathosphère. La première, intitulée «Bonheur», s’efforce de projeter sereinement une lumière évangélique sur les événements. La seconde, intitulée «Jonas», du nom du joyeux baleinier de Ninive, traite les faits d’Église et de société dans les registres de l’humour, de la provoc et de l’humeur.

 

Michel Salamolard traite aussi de sujets de société, cette fois-ci non plus sous l'angle religieux, mais du point de vue de la sociologie, de la psychologie ou de la philosophie. L'objectif est de nourrir une réflexion aussi large que possible, à partir de références non confessionnelles. Retrouvez ces articles dans la rubrique "Société" du blog.


Contenus relatifs récents

Vaud: L'Eglise réformée veut repenser ses ministères

"L'Eglise réformée vaudoise n'est plus majoritaire dans le canton. D'ici ...

[lire la suite...]

Articles de blog relatifs

Un synode des évêques problématique (2)

Nous considérons le Synode des évêques sous ...

[lire la suite...]

Un synode des évêques problématique (4)

L’évangélisation est l’annonce d’un grand ...

[lire la suite...]

Exclusif. Des prêtres vaudois sortent enfin du silence

Faut-il ou non signer le nouveau contrat de travail? Telle est la ...

[lire la suite...]

Contenus relatifs - archives

Les évêques allemands ouvrent une brèche dans la contraception

"Dans les hôpitaux catholiques, les femmes victimes de viol, ...

[lire la suite...]

Un Synode à Rome pour élire le nouveau patriarche chaldéen

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises ...

[lire la suite...]

La grippe incite des paroisses aux Etats-Unis à ne plus présenter le calice à la communion

Plusieurs diocèses américains ont émis des recommandations pour éviter la ...

[lire la suite...]

Les évêques suisses s’engagent en priorité pour la protection de la vie

La CES ne donne pas de mot d'ordre en vue de la votation, mais renvoie à la ...

[lire la suite...]