Miettes épiscopales après une ordination
Ai-je raison de tant parler des évêques? Au lecteur de juger. Mon intention...
C’est une formule utilisée par Jean Mercier sur son Blog. Comme le dit l’auteur: «Une fois n'est pas coutume, je ne m'intéresse pas directement à Benoît XVI, mais à un événement qui nous renseigne sur lui. Il s'agit de l'ordination, dimanche 11 décembre, de Mgr Charles Morerod comme évêque de Fribourg, Lausanne et Genève». Dans son post, il fait une synthèse de ce qu’il perçoit du nouvel évêque et d’une nomination qui «dépouille l’Angelicum de son recteur», car Benoît XVI a «jugé qu'il fallait un homme de grande envergure intellectuelle pour reprendre un diocèse marqué par l'étiolement de la foi et des vocations, alors que d'autres profils, plus «pastoraux» étaient envisageables...». Notre blogueur fait aussi le parallèle entre Joseph Ratzinger, qui doit quitter l’enseignement pour devenir évêque de Munich, et le P. Charles Morerod qui laisse sa fonction de professeur, pour le diocèse de LGF. Ce post avait comme titre initial: «Le Christ contre l’ordre moral», mais un lecteur lui propose «Le Christ au-dessus de l’Ordre moral» et Jean Mercier finit par titrer: «Pour Charles Morerod, il faut vivre le Christ avant la morale».
Le billet cite largement les propos du nouvel évêque, lors de son ordination, et montre combien la question «morale» est sensible à ceux qui n’ont pas fait la rencontre et l’expérience du Christ. Et de terminer en disant: «De façon naturelle, Morerod se montre thomiste – c'est à dire porteur d'une vision extrêmement positive de l'être humain lorsqu'il se laisse agir par la grâce divine. Il dit en quelque sorte: mettez le Christ dans votre moteur, et toute votre vie morale se «mettra en place». Un tel propos a quelque chose de révolutionnaire pour tous ceux qui ont en tête un cliché, celui que l'Eglise serait obsédée par la «morale» (et la morale sexuelle en particulier!). Les catholiques eux-mêmes ne sont pas les derniers à y croire. (...) les gens projettent d'emblée sur l'Eglise une image négative, dans l'ordre du registre du permis et du défendu, sans remettre en cause leur propre regard. Cette image négative les sécurise et les conforte dans leurs préjugés. C'est ce réflexe que Morerod entend casser, ou du moins, c'est mon interprétation de son propos. Morerod, dans son adresse, s'adressait sans doute aux catholiques sociologiques qui se sont éloignés de la foi (et qui désormais s'inquiètent des minarets musulmans!) en leur demandant de revenir d'abord à la vie en Christ: c'est à dire la foi, la prière, l'intimité avec Jésus. Mais attention, on est très loin d'un plaidoyer pour un ordre moral avec ses «valeurs». C'est toute la finesse du positionnement du pontificat actuel: ramener les chrétiens au Christ, et non pas leur faire enfourcher des chevaux de bataille pour la défense d'une idéologie... C'est aussi le plus difficile. Parce que cela demande une conversion, qui dans un second temps, peut avoir des conséquences dans l'ordre éthique, parce qu'on doit mettre ses comportements en cohérence avec ce que l'on croit.»
Pour Charles Morerod, il faut vivre le Christ avant la morale, un billet à lire.
Dom Romain