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Des cathos sur la toile

31 août 2012 | 08h50 2 commentaires

FSSPX et Luther, une fausse comparaison…

Le Forum Catholique, un forum traditionaliste le plus important en langue française, a mis en ligne un post qui propose une étrange comparaison entre la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et le réformateur Martin Luther. On peut entrer dans le fil du post en cliquant sur le lien suivant : Petit exercice proposé aux fidèles de la FSSPX.

 

<p><em>Image qui se trouve en t&ecirc;te du forum : Un &eacute;v&ecirc;que s&#39;est lev&eacute;</em></p>

Image qui se trouve en tête du forum : Un évêque s'est levé

J’avoue que cette comparaison me surprend : Luther est une personne et la FSSPX une institution. Pour que la comparaison puisse se faire, il faudrait comparer Mgr Lefebvre et Martin Luther, qui, l’un et l’autre, ont entraîné à leur suite des fidèles, les éloignant ainsi de l’Église Catholique.
De fait l’un et l’autre s’en prennent au magistère de l’Église pour les mêmes raisons : Retrouver la pureté et la vérité de la Foi. Ils utilisent le même procédé : Un retour « en arrière », jusqu’à la Sainte Écriture pour le réformateur allemand et jusqu’à Pie XII et à ses prédécesseurs pour le fondateur d’Écône. L’un et l’autre critiquent avec force le Magistère de l’Église, s’érigeant eux-mêmes en maître de la Foi. Et, au terme de leur existence, même si c’est pour des raisons différentes, l’un et l’autre sont morts excommuniés…
On connaît les conséquences de la prédication de Luther sur l’unité de l’Église. Il reste à espérer maintenant que les lefebvristes ne poussent pas la révolte, jusqu’à refuser la main tendue par le magistère actuel.

L’été se termine, les débats reprennent

Après le Chapitre Général de la FSSPX du début juillet, la cathotoile a vu apparaître quelques nouveaux sites dans la mouvance du mouvement lefebvriste et en lien avec un possible accord entre Rome et la FSSPX ; ainsi parle-t-on désormais « d’accordiste » et « d’anti-accordiste ». Parmi eux il faut citer le forum : «Un évêque s’est levé».

Résolument opposé à tout accord pratique avec Rome, ce nouveau forum s’oppose fermement à la ligne tenue par Mgr Fellay, allant jusqu’à parler du «pape de Menzingen». Le supérieur de la FSSPX se retrouve donc avec une opposition qui s’organise et s’exprime publiquement. Voici deux posts que je retiens de ce forum :

1. On savait l’opposition de trois des évêques de la Fraternité à un accord avec Rome, on apprend maintenant que trois supérieurs de communautés amies de la FSSPX sont allés rencontrer Mgr Fellay pour lui faire part de leur désaccord. Cette prise de position ne sera pas sans conséquence, puisque Mgr Fellay reportera au dernier moment l’ordination de prêtres issus de ces communautés. Cf. Les Supérieurs des 3 communautés amies sont allés dire à Mgr Fellay leur opposition au ralliement.

2. La résolution de Mgr Fellay semble intacte, malgré les oppositions qu’il rencontre. Mgr Tissier de Mallerais aurait confié à un prêtre de la Fraternité que le Supérieur Général compte reprendre les discussions avec Rome dès octobre prochain. Cf. Mgr TISSIER de MALLERAIS PARLE A L'ABBE CHAZAL.

Tradition ou Tradition vivante?

Pour marquer cette rentrée, il faut aussi signaler l’éditorial de l’abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du District de France pour la FSSPX, qui traite de la Tradition. Après avoir montré les limites de la conception de la Tradition chez Jean-Paul II et Benoît XVI, il conclut en disant :

«La Tradition n'est plus l'enseignement de la vérité révélée ; elle est la communication d'une expérience. Et par expérience, il est clair que l'on doit entendre autre chose que l'adhésion intellectuelle à une vérité, qui définit comme telle la foi. On trouve d'ailleurs déjà avant Vatican II (avec la nouvelle théologie condamnée par Pie XII dans Humani generis) une confusion entre la foi et l'expérience mystique des dons du Saint-Esprit, elle-même mal distinguée de l'expérience religieuse naturelle. De là au « sens religieux surgissant des profondeurs », dont parlait si volontiers Jean-Paul II (cf. Le Signe de contradiction), il n'y a pas très loin. Cette nouvelle conception de la Tradition repose sur des présupposés difficilement acceptables : qui le niera ? Et nous nous y opposons parce que cette conception est nouvelle, et se distancie profondément de celle qui fut toujours crue et prêchée dans l'Église catholique.» (Editorial : au sujet de la tradition, abbé Régis de Cacqueray).

"Tous les chemins mènent à Rome", ou nous en éloignent

Mgr Fellay reste donc la pièce maîtresse d’un possible accord avec Rome. Suite au Chapitre Général sa marge de manœuvre s’en trouve limitée et ceux qui lui font opposition s’expriment maintenant publiquement. Du côté de Rome le nouveau préfet est à la tête de la CDF, secondé par Mgr Di Noia, vice-président de la Commission Ecclesia Dei. Il reste à trouver «la formule magique» qui satisfera les exigences romaines et qui permettra à Mgr Fellay de présenter à ses capitulants un texte qu’ils puissent accepter. Pour le moment le dialogue n’est pas rompu, il reste à espérer que les disciples de Mgr Lefebvre ne prendront pas le chemin de ceux qui suivirent Martin Luther…

Dom Romain
 

 

 


Grain de sel 02 septembre 2012 | 09h46

Le noeud de l'espoir

On ne peut que partager l'espoir exprimé en conclusion de l'article ci-dessus. Mais avouons qu'il est au moins paradoxal, pour ne pas dire illusoire. En effet, pour ne pas suivre le chemin des disciples de Luther, les lefebrvistes doivent cesser d'être lefebvristes, rien de moins. Sinon, ils ne seront pas plus catholiques que les Luthériens aujourd'hui. En passant, je m'étonne que les Luthériens continuent de s'appeler ainsi plutôt que de se réclamer du Christ, de l'évangile, que sais-je, pas d'un homme qui eut de grandes qualités, mais aussi des limites évidentes. Je reviens à la FSSPX. La seule vraie originalité de Lefebvre est sa rupture avec Rome tout en se réclamant du catholicisme romain. Tout ce qu'il y a de bon, de vrai dans son message ne vient pas de lui, mais de la grande, constante et ininterrompue Tradition catholique, exprimée notamment à Vatican II et dans l'enseignement des papes avant et après ce concile. Donc, comment devenir vraiment romain, au meilleur sens du mot, sans cesser d'être lefebvriste? Comment renouer avec Rome sans rompre avec l'auteur de la rupture? Comment mettre fin à une situation schismatique sans prendre ses distances avec le responsable principal de cette situation? Comment ne pas prendre le chemin de ceux qui suivirent Luther et se firent Luthériens? On peut espérer un bon choix de la part de certains dirigeants et membres de la FSSPX (Fellay?), mais ce choix entraînerait certainement l'éclatement de la Fraternité. Les signes avant-coureurs en sont donnés clairement dans les prises de position citées dans l'article. P.S. Si Luther a sa part évidente de responsabilité dans la division du 16e siècle, il fut aussi un authentique réformateur. Sans lui, le concile de Trente se serait-il tenu? La Contre-réforme catholique aurait-elle eu lieu? Si l'Eglise catholique a condamné les erreurs de Luther, elle lui doit aussi beaucoup, dans la mesure où Luther fut l'instrument, sinon la cause, de sa conversion. Quant à Mgr Lefebvre, comme dit plus haut, il n'a rien apporté en fait de renouveau, sinon la rupture avec Rome, et aussi avec la Tradition catholique, dont il se réclame en paroles, mais qu'il refuse en pratique. Si une partie de la FSSPX revenait au bercail catholique, elle y apporterait certes un style, comme tout institut religieux, une sensibilité, une couleur évangélique, une forme de sainteté, mais aucun trésor doctrinal qui ne se trouverait pas déjà (et mieux compris) dans "l'Eglise conciliaire" et romaine.
Ydelo 06 septembre 2012 | 17h53

La FSSPX ne fait que garder la dépôt de la foi

La FSSPX et Mgr Lefebvre a sa tête n'ont jamais souhaité rompre avec rompre, mais simplement conserver la Tradition bi-millénaire de l'Eglise. "Laissez-nous faire l'expérience de la Tradition" disait-il, et la Rome conciliaire n'a pas voulu. Rien à voir avec l'attitude de Luther qui abominait la papauté.
Par ailleurs, pour qu'une réconciliation réelle soit possible, il faudrait que l'Eglise se penche sérieusement sur la question du Magistère depuis Vatican 2, plutôt que l'éluder systématiquement.

L'abbé Philippe AYMON est prêtre du diocèse de Sion; il signe les posts de son blog: cathossurlatoile.

Suivez-le sur Twitter: @Abbe_Aymon


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