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Des cathos sur la toile

17 octobre 2012 | 14h12 1 commentaire

FSSPX: Toréador, prends garde à toi!

Le départ de Mgr Williamson de la FSSPX est maintenant une question de jour. Annoncée sur la toile par ceux qui s’opposent à Mgr Fellay, démentie hier par le porte-parole de la FSSPX (cf. FSSPX, une nouvelle lettre de Mgr Fellay à Mgr Williamson), elle est «expliquée» aujourd’hui sur DICI par un des assistants du Supérieur Général, l’abbé Niklaus Pfluger.
 

Un proche de Mgr Williamson confirme que l’évêque anglais ne donnera pas suite aux demandes du supérieur de sa communauté (cf. en anglais: The latest from London). Son départ est donc maintenant inéluctable.

Ce n’est pas la première fois que le mouvement lefebvriste connaît des crises et des départs, Edmond, un blogueur qui donne sur le net la parole «officieuse» des fidèles d’Ecône, en fait du reste une liste qui semble être exhaustive: «Il ne se passait pas deux ans, du vivant de Mgr Lefebvre, sans que des scissions surviennent. En 1974, le directeur d’Écône s’en va. Trois ans plus tard, c’est presque tout le corps professoral qui veut mettre le fondateur à la porte et Écône risque de se dissocier de la FSSPX. En 1983, c’est quasiment tout le district des États-Unis qui coule et qui part avec les bâtiments. En 1988, une partie des prêtres s’éloigne à l’occasion des sacres. En 1989, c’est au tour du séminaire argentin de sombrer d’un coup dans le sédévacantisme. L’on passe sur les abandons des communautés amies importantes (Flavigny en 1984, le Barroux en 1988). A chaque fois, ce sont des dizaines de prêtres et de séminaristes qui se sont désolidarisés du mouvement de Mgr Lefebvre. En comparaison, les années 1990 paraissent bien calmes. A part un prêtre par-ci par là, aucune secousse ! Au cours des années 2000, on peut signaler trois crises : En 2001, les prêtres de Campos ; en 2003, les prêtres de Berlin fondateurs de l’ISPN et en 2006, les abbés bordelais de l’IBP. Mais aucune n’a vraiment ébranlé la FSSPX, dont le poids l’a affermi et l'a rendu plus résistance.»

Il est évident que Mgr Fellay est dans son droit. Il est le supérieur légitimement élu et il gouverne la FSSPX en faisant ce qu’il lui semble être bon pour elle. Dans l’encadré ci-dessous j’ai reproduit un article qui vient d’être publié par le webmestre du MetaBlog, un bon résumé de la situation au moment où je rédige ces quelques lignes. Mais…
 

Toréador, prends garde à toi !

Car, après patience et longueur de temps, le gouvernement de Menzingen semble vouloir mettre les points sur les «i» et rappeler que la FSSPX ne parle que d’une seule voix. Il est reproché à Mgr Williamson d’avoir non seulement porté atteinte à la Fraternité par ses propos, mais aussi à l’Eglise. Mgr Fellay tient tout naturellement compte des paroles et des écrits qui ont pu porter atteinte à un vrai désir de réconciliation avec Rome. Comme le dit l’abbé Niklaus Pfluger: «Question: Vous voulez parler des membres de votre communauté qui refusent les discussions avec Rome? Réponse: Oui, mais ils sont peu nombreux, très peu. Chez quelques-uns la longue durée de la séparation a pu conduire à des confusions théologiques. Fondamentalement ces gens opposent la foi au droit, et agissent, comme si l’union avec le pape, sa primauté n’étaient qu’une question de droit secondaire.
C’est un grand danger qui se manifeste lorsque la légitimité du pape est séparée de la foi, et vue comme quelque chose de purement juridique. C’est finalement une vision protestante de l’Eglise. L’Eglise est visible. La Papauté est du domaine de la Foi.
Nous aussi, catholiques fidèles à la Tradition, souffrons – en un double sens – de la crise. Nous participons à cette crise, même si c’est, à mon avis, d’une tout autre et bien meilleure manière. L’obligation d’œuvrer activement pour surmonter la crise, ne peut être contestée. Et cette œuvre commence chez nous, en voulant surmonter notre état canonique anormal

 

Celui que ses opposants traitent de «petits pape de Menzingen», montre aujourd’hui clairement qu’il est fils de l’Église et supérieur de sa communauté. S’il garde avec Rome une distance qui vient de sa critique du Concile, il sait conserver un lien qui pourrait permettre, un jour, à sa communauté, de retrouver sa place dans le bercail.
Mais Mgr Williamson n’est pas le seul « toréador » au sein de la FSSPX. Sans parler des prêtres, on peut penser aux deux autres évêques. Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Galarreta, par la parole ou pas l’écrit, tiennent aussi des propos qui ne sont peut-être pas l’expression officielle de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Ils ont pour eux d’être plus discrets, moins médiatiques et peu présents directement sur le net, n’en demeure pas moins qu’ils feraient peut-être bien de ne plus utiliser de «banderilles» trop agressives à l’adresse de l’Église et du pape…
Ainsi donc, avant de mettre du Concile (qui n’est pas une super-hérésie) dans la fraternité, Mgr Fellay semble penser qu’il est déjà bien de mettre de l’eau dans son vin (ce qui pour un valaisan est déjà une hérésie) et peut-être une hérésie «moderniste» pour certains membres de la FSSPX.
Dom Romain

 

Parlons plutôt du port de la mantille.


"L’APIC est une agence de presse catholique suisse. Dans une dépêche du 16 octobre elle rend compte des «rumeurs» d’expulsion de Mgr Williamson, menacé d’être viré à moins qu’il ne cesse de donner son avis, et s’excuse de l’avoir fait jusqu’ici. APIC a contacté l’abbé Alain Lorans, le porte-parole de la FSSPX. A partir de ses réponses prudentes (il ne confirme ni n’infirme rien), l’APIC croit pouvoir titrer que «La FSSPX dément». C’est bien audacieux.

Et Mgr Williamson? Par la voix de Stephen Heiner, un de ses collaborateurs sur internet, il fait savoir que son expulsion est à l’ordre du jour («It has not ‘officially’ happened yet, but it will – Ca n’est pas encore officiel mais ça le sera»).

Et pour rester dans le ton de l’évêque, Stephen Heiner cite Shakespeare : «If it be now, tis not to come; if it be not to come, it will be now; if it be not now, yet it will come – Si mon heure est venue, elle n’est pas à venir ; si elle n’est pas à venir, elle est venue, Si mon heure n’est pas venue, elle viendra plus tard, inévitable.» Il ne cite pas la suite, que connaît tout anglophone: «The readiness is all – le tout est d’y être prêt». Nul doute que Mgr Williamson le soit.

Quant aux raisons de l’expulsion, Heiner en cite plusieurs, liées à la lettre hebdomadaire de Mgr Williamson. Il en souligne une: cette lettre va à l’encontre du souci personnel de Mgr Fellay, qui serait que la FSSPX parle d’une seule voix. Avec cette expulsion, Mgr Fellay montre (-ra? -rait?) à ses troupes que nul n’est à l’abri de son éventuelle sanction, quels que soient les statuts personnels, les charismes, ou les services rendus. Mgr Fellay se déleste d’un poids, ce faisant il avertit tous ceux qui pourraient penser hors des lignes: avant de penser, réfléchissez-y à deux fois."

Par le webmestre de MetaBlog
 


Jonas 18 octobre 2012 | 08h31

Dans la tête d'un lefebvriste...

Comment résonne "l'avertissement" (cf. encadré ci-dessus) de Mgr Fellay dans la tête d'un lefebvriste? Ceux d'entre eux qui prennent au sérieux cette menace (d'être expulsés) peuvent être crédités d'un minimum au moins de souci d'unité. Unité limitée d'abord à la FSSPX, mais qui pourrait se développer en souci d'unité catholique, avec le pape. Espérons-le... Mais d'autres sont sans doute, au contraire, imprégnés de l'esprit de dissidence, l'esprit de Mgr Lefebvre. Ceux-là ont peu de chances de craindre un nouveau pas dans la désunion. Quelques-uns souhaitent peut-être même cette dernière, qui leur donnerait la chance, qui sait, de devenir calife à la place du calife. L'histoire de l'Eglise enseigne cela. Quand le lien fondamental avec l'ensemble des évêques unis au pape est rompu, l'engrenage de l'émiettement se met en route. Comment des liens moins importants tiendraient-il quand le principal est coupé? Le tailleur de Menzingen parviendra-t-il à recoudre? Peut-il renouer décidément avec Rome sans provoquer une déchirure de la Fraternité? Peut-il garder celle-ci dans l'unité sans conserver au moins la réalité extérieure d'une coupure avec le pape (dans son coeur, c'est une autre affaire)? Laissons la réponse aux événements.

L'abbé Philippe AYMON est prêtre du diocèse de Sion; il signe les posts de son blog: cathossurlatoile.

Suivez-le sur Twitter: @Abbe_Aymon


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