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Des cathos sur la toile

11 juillet 2012 | 08h24

Interview du nouveau préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Le nouveau Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a été nommé le 2 juillet dernier. Cette nomination était attendue depuis de longs mois et le nouveau préfet était régulièrement cité comme le successeur le plus probable pour assurer cette fonction de direction.
C’est donc bien un nouvel arbitre (cf. mon post : FSSPX, on joue les prolongations. Mais peut-être avec un nouvel arbitre…) qui va reprendre le dossier de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Le préfet change, mais d'évidence ce dernier est parfaitement averti des tractations en cours. Comme je le signalais dans le post cité, le jour même où la Congrégation étudiait la réponse de Mgr Fellay, le Saint-Père recevait Mgr Müller. On sait aujourd’hui qu’à l’ occasion de cette rencontre Benoît XVI lui faisait part de sa nomination pour succéder au cardinal Levada.
On peut noter sa remarque à propos de la question lefebvriste : « Les négociations vont parvenir à un "point de non-retour", poursuit-il, et il faudra décider en pensant à "l’unité de l’Eglise" » (cf. l'article ci-dessous). Une « décision » qui doit certainement occuper les réflexions de la FSSPX, actuellement en chapitre. Certains annoncent déjà un prochain épisode du match « Rome-Ecône » pour la deuxième quinzaine de juillet… à suivre.
Dom Romain

 

 

La théologie catholique doit trouver une réponse dans ses propres sources. Les convictions de Mgr Müller

ROME, lundi 9 juillet 2012 (ZENIT.org) – « La théologie catholique doit trouver une réponse dans ses propres sources », déclare Mgr Gerhard Ludwig Müller, nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans l’édition du 6 juillet 2012 du quotidien bavarois « Mittelbayerische ».

Mgr Müller, qui confie avoir appris sa nomination le 16 mai, logera à Rome dans l’appartement que Benoît XVI habitait lorsqu’il était lui-même préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Même les livres sont encore là », précise l’archevêque, qui explique qu’« ils seront rendus disponibles, selon les volontés du pape, pour l’Institut Benoît à Ratisbonne, qui publie les travaux de Joseph Ratzinger ».
Bien que Mgr Müller, qui était jusqu’ici évêque de Ratisbonne, se dise heureux de sa culture – restant même fidèle au club de football « SSV Jahn Ratisbonne » – il se réjouit de travailler désormais avec « 15 nations » différentes, faisant ainsi l’expérience de « l’Eglise du monde ». 
Celui qui est présenté parfois comme un « libéral » dans son pays, accepte le qualificatif en citant saint Thomas d’Aquin : « Deus maxime liberalis est – Dieu est le plus grand libéral ». Dans le sens général, explique-t-il, la "liberalitas" signifie la générosité … dans ce sens-là, j’aime être un libéral ».

Théologie de la libération
Revenant sur ses affinités avec la théologie de la libération – comme étudiant et ami du P. Gustavo Gutierrez, le « père » de cette théologie – Mgr Müller souligne que la foi catholique est inséparable de « la responsabilité pour le monde, de l’amour du pauvre ». C’est pourquoi « toute théologie chrétienne a quelque chose à voir avec la liberté de l’homme ».
Pour Mgr Müller, devant « la misère et l’injustice flagrante » vécue en Amérique du sud, l’attitude du chrétien est une « question de théologie » : « Nous ne pouvons pas, insiste-t-il, passer notre chemin avec un pieux froncement des sourcils », car « foi et bonne action vont de pair ».
Le nouveau préfet se dit en « accord total » avec Benoît XVI, qui n’a d’ailleurs pas « remis entièrement en question la théologie de la libération », mais « seulement certains aspects » que l’archevêque partage.
Il souligne que la théologie de la libération ne peut être « un mélange douteux de communisme et de foi catholique ». La théologie catholique, explique-t-il, « doit trouver une réponse dans ses propres sources ». D’ailleurs, « l’enseignement social de l’Eglise catholique a montré qu’il était bien supérieur aux analyses marxistes ».
Il s’agit de ne pas cautionner « une société divisée entre les riches et les pauvres, et dans laquelle l’un a accès à l’éducation, et pas l’autre ». Pour l’archevêque, « employés et employeurs ne doivent pas agir les uns contre les autres, comme des groupes d’intérêt mais ils doivent tous être engagés pour le bien commun ».

Communion des divorcés-remariés
Revenant par ailleurs sur la question de la communion pour les divorcés-remariés, très discutée en Allemagne, Mgr Müller se dit à nouveau en accord avec le pape: « Un mariage valide entre chrétiens est indissoluble, et inclut la promesse d’une fidélité pour la vie ».
En outre, il serait faux de croire que « si l’on ne peut pas aller communier, on n’est rien dans l’Eglise », ajoute-t-il. En effet, on peut être « investi dans la célébration de la messe », engagé dans le « mystère salvifique de Jésus Christ », et ce même sans communier.
S’il faut « reconnaitre la situation difficile des époux dont la faute n’est pas toujours à part égale », il ne faut pas oublier cependant « les blessures d’enfants de parents divorcés », rappelle également Mgr Müller.
C’est pourquoi l’archevêque invite à remettre en question « la mentalité qui considère la promesse du mariage et la formation de la famille d’une manière trop floue ».

Penser à l'unité de l'Eglise
Enfin, évoquant les négociations en cours du Vatican avec la fraternité Saint-Pie X, Mgr Müller estime qu’elles sont « amicales, chrétiennes et humaines », mais aussi « en formation ».
Pour être catholique, souligne-t-il, il faut « reconnaître l’autorité du pape et des évêques ». Les négociations vont parvenir à un « point de non-retour », poursuit-il, et il faudra décider en pensant à « l’unité de l’Eglise ».
Pour l’archevêque, il n’y a pas d’autre chemin que de passer par « l’acceptation de la forme et du contenu du Concile Vatican II », car même s’il y a eu « des abus », la réforme liturgique de Vatican II était « juste et nécessaire ».

Un article d'Anne Kurian, agence ZENIT
 

Qui est Mgr Müller ?


Le pape Benoît XVI nomme un théologien allemand comme Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi : l’évêque de Ratisbonne, Mgr Gerhard Ludwig Müller. Il l’élève à la dignité d’archevêque.

Mgr Müller succède au cardinal William Joseph Levada, des Etats-Unis, qui occupait cette charge depuis le 13 mai 2005, et dont le pape accepte la démission pour limite d’âge. Il est né le 15 juin 1936, et vient donc de fêter son 76e anniversaire. Il avait succédé au cardinal Ratzinger.

Mgr Müller devient ipso facto président d’autres institutions dépendant de la Doctrine de la foi, dont la Commission pontificale Ecclesia Dei, mais aussi la Commission biblique pontificale, et la Commission théologique internationale.

On notera que la semaine passée, le pape avait pris soin de nommer un nouveau vice-président d’Ecclesia Dei, une institution névralgique étant donné le dialogue avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, en la personne de Mgr Augustine Di Noia, également des Etats-Unis.

Né à Mayence le 31 décembre 1947 – donc âgé de 64  ans -, ordonné prêtre pour le diocèse de Mayence en 1978, Mgr Müller était évêque de Ratisbonne depuis le 1er octobre 2002, et il avait accueilli Benoît XVI lors de son voyage dans sa patrie en septembre 2006.

Sa thèse de théologie a porté, en 1977, sur le théologien protestant allemand anti-nazi Dietrich Bonhöffer. Il a enseigné la théologie dogmatique à l’université de Munich à partir de 1986.

Sa devise épiscopale est « Dominus Iesus », « Jésus est Seigneur », tirée de l’Epître de Paul aux Romains (10, 9) et titre d’un document de la Doctrine de la foi, une congrégation dont il est membre. Il est également membre de la Congrégation romaine pour l’éducation catholique et des conseils pontificaux de la Culture et pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Au sein de la Conférence épiscopale allemande, il a été responsable de la Commisison oecuménique, et il est vice-président de l’Association des Eglises chrétiennes et premier président de la Société pour la promotion des Eglises orientales de Ratisbonne.

C’est un ami personnel de Benoît XVI : il a été choisi comme l’éditeur des Œuvres complètes – « Opera Omnia » - de Joseph Ratzinger-Benoît XVI.

Il est lui-même l’auteur de quelque 400 écrits en théologie dogmatique, sur l’œcuménisme, la Révélation, l’herméneutique, le sacerdoce et le diaconat.

Il a aussi été étudiant – et ami - du P. Gustavo Gutierrez, le « père » de la théologie de la Libération, en Amérique latine.

Un article d'Anita Bourdin, de l'agence ZENIT


L'abbé Philippe AYMON est prêtre du diocèse de Sion; il signe les posts de son blog: cathossurlatoile.

Suivez-le sur Twitter: @Abbe_Aymon


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