"Nous attendons avec impatience la réponse de Rome"
Suite à «une large consultation» les lefebvristes ne signeront...
Grande déception chez les amis de la firme de Cupertino: l’iPhone 5 tant espérer n’a pas été annoncé! C’est le cas typique où la déception est sans raison. Rien n’a été promis, mais tous espéraient. Le buz sur la toile, les prototypes pour un nouvel étui et les bruits de couloir, font passer les désirs fabriqués pour des promesses avérées. En sera-t-il de même avec les accords Vatican-lefebvristes? La catho-toile ne manque pas de remarque à ce sujet, mais les espérances n’arrivent pas à la cheville de l’iPhone 5… Je vous propose ici un état des lieux au moment où Mgr Fellay rassemble les supérieurs de la fraternité en conclave. Trois attitudes: Espérance, Prudence/méfiance, opposition.
Espérance du côté de Rome. L’interview de Mgr Pozzo, membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, exprime l’espoir du Saint-Père de voir se réduire une fracture de plus de 40 ans. APIC en parle ici et le figaro ici, avec une vidéo en italien. «Nous sommes arrivés à un point décisif, mais certainement pas conclusif» dit Mgr Pozzo, l’espérance romaine est bien partagée par quelques blogueurs, mais le passage du «point décisif» laisse la majorité dans une grande expectative.
Prudence, pour ne pas dire méfiance, du côté intégriste. Le forum Fecit, proche de la Fraternité Saint Pie X, exprime bien cette méfiante prudence. Que les responsables ne renoncent pas au combat de la « Tradition » pour un plat de lentilles, un accord canonique. Les responsables de la fraternité – pour leur part - donnent des signaux destinés à leurs troupes et font monter les enchères. Le premier assistant de Mgr Fellay, l’abbé Niklaus Pfluger, dans un entretient que l’on trouve intégralement sur DICI, exprime cette prudence. Je donne ici un large extrait:
« Q. Certaines critiques disent que Rome voudrait avec ce préambule tendre un piège à la Fraternité. Une Fraternité légitimement intégrée pourrait certes apporter à l’Eglise moderne son «charisme de Tradition», mais elle devrait aussi accepter d’autres chemins et la pensée conciliaire dans le sens du pluralisme?
R. Cette critique est entièrement justifiée et à prendre au sérieux. Nous ne pouvons pas exclure l’impression qu’il s’établirait une acceptation silencieuse, menant en effet à cette diversité qui relativise la seule vérité: c’est cela justement la base du modernisme. Assise III et plus encore cette malheureuse béatification de Jean Paul II, et bien d’autres exemples, montrent clairement que les autorités de l’Eglise ne sont toujours pas prêtes à abandonner les faux principes de Vatican II et leurs conséquences. De sorte que toute offre faite à la Tradition doit nous garantir la liberté à la fois de continuer notre œuvre et notre critique envers « la Rome moderniste ». Et cela semble, pour parler franchement, très, très difficile. Encore une fois, tout compromis faux ou dangereux doit être exclu (…)
Q. Voyez-vous une chance d’une réponse positive? Est-ce que la Fraternité Saint-Pie X souscrira au Préambule?
R. La diplomatie joue ici un grand rôle. Extérieurement, Rome veut garder la face. Le pape a déjà essuyé beaucoup trop de reproches pour avoir enlevé «l’excommunication» de nos évêques sans préalables. (…) Il est évident que, maintenant, on demande un texte qui puisse être présenté au public. La question se pose de savoir si l’on peut signer ce texte (…) Bien sûr, il doit être clair aussi pour le cardinal Levada et la Congrégation de la Doctrine de la foi, qu’ils ne peuvent pas exiger un texte que, de son côté, la Fraternité ne pourrait pas justifier devant ses membres et ses fidèles.»
Le pire est certainement l’attitude d’Ecône qui se pose en sauveur de l’Eglise. A la question: «A qui les entretiens donnent-ils le plus grand avantage: à Rome ou à la Fraternité Saint-Pie X?» le premier assistant répond: «C’est un point très important, aussi j’insiste: pour nous il ne s’agit pas d’acquérir un avantage. Nous voulons de nouveau rendre accessible pour toute l’Eglise le trésor que Mgr Lefebvre nous a transmis. Sur ce point, un statut canonique serait un bénéfice pour toute l’Eglise.» Et il est incapable de citer un seul avantage pour la Fraternité de quitter sa situation actuelle!
De son côté l’abbé Régis de Cacqueray vient d’annoncer qu’ « en réparation de la convocation de la célébration de la scandaleuse réunion interreligieuse d’Assise qui aura lieu le 27 octobre prochain et pour obtenir de Dieu que cette réunion n’ait pas lieu, le district de France fera célébrer mille messes.» Qui dit mieux! Mille messes, il faut bien cela pour «réparer» la prochaine offense pontificale. On rassure donc les fidèles, la fraternité continue le combat et on fait monter les enchères, le pape connaît le prix à payer.
Opposition en ce qui concerne Mgr Williamson. Dans un billet, «Les dons des grecs I», publié avant même la réunion du 14 septembre, le prélat anglais rappelle la mésaventure du cheval de Troyes. Le cadeau d’un accord risque bien d’être la perte de la fraternité. Il le dit clairement : «… tout le monde dit que les Discussions ont confirmé qu'aucun accord doctrinal n'est possible entre la FSSPX qui s'accroche à la doctrine catholique de toujours, et la Rome d'aujourd'hui (…) la situation après les discussions est exactement la même qu'avant : d'une part, pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes la FSSPX s'efforce d'aider Rome à revenir à la vraie Foi catholique, tandis que pour la gloire de l'homme moderne et pour plaire à ses ignobles médias de communication la Rome conciliaire d'autre part fait tout dans son pouvoir pour induire la FSSPX à se laisser dissoudre dans cette pourriture de l'esprit et de l'âme qu'est l'œcuménisme de la nouvelle religion. » La question est de savoir combien, chez les responsables lefebvristes, partagent l’avis de Mgr Williamson…
Dom Romain