"La Civiltà Cattolica", revue des Jésuites italiens dont les articles sont toujours relus par la Secrétairerie d’État du Vatican, vient de publier les journaux intimes du P. Roberto Tucci, qui, à l’époque du Concile, fut le directeur de la revue. Il a retranscrit dans ses notes les entretiens que lui a accordés le pape Jean XXIII, à l’occasion de cinq rencontres en tête à tête avec celui qui venait de convoquer Vatican II.
Je donne ici 3 brefs extraits de la traduction proposée par le site Chiesa.espressonline, sous la plume de Sandro Magister. Je vous invite à découvrir l’intégralité de ces textes inédits en suivant le lien ci-dessous.
Dom Romain
L’article de Sandro Magister : Le concile dans les confidences du pape Jean XXIII
Le site, en italien, de La Civiltà Cattolica
Avec la sedia on est toujours un peu en équilibre instable… (Cf. l'article)
"...les gens en veulent à la curie romaine, comme si l’Église était tout entière dans les mains des 'romains'. Il y a également beaucoup de belles énergies ailleurs ; alors pourquoi ne pas chercher à les employer ?" (Jean XXIII)
"A la fin de l’audience, écrivait le jésuite, le pape "est revenu sur le sérieux et la sûreté doctrinale de notre périodique et il a fait allusion au fait que, à l’époque où il était nonce à Paris, les bons pères jésuites français de la revue 'Études' s’étaient quelque peu laissé prendre, eux aussi, par le mouvement d’idées novatrices. Il a évoqué une forme de néo-modernisme qui, 'd’après ce que l’on me dit', s’introduit dans l’enseignement, y compris ecclésiastique : tout devient problème et les jeunes finissent par tout remettre en question".
Le pape faisait référence aux théologiens de la "nouvelle théologie", condamnée à cette époque par Rome et regardée d’un œil soupçonneux dans certains milieux catholiques. Beaucoup de ces théologiens, en effet, étaient des jésuites ; parmi eux, les pères de Lubac, Daniélou, Teilhard de Chardin, Rahner et d’autres ; à la différence de leurs collègues romains de "La Civiltà Cattolica", ceux qui écrivaient dans la revue jésuite parisienne étaient des partisans enthousiastes de ce courant "novateur". (...)
Il a montré clairement – notait le directeur de "La Civiltà Cattolica" – qu’il envisage le concile œcuménique en connexion avec le problème de la réunion, à tout le moins, avec les Églises orientales séparées. Il ne se fait pas d’illusions, mais il constate que le climat spirituel s’est grandement amélioré depuis l’époque de Léon XIII […]. On me dit de faire attention, mais comment puis-je répondre avec dureté à des gens qui s’adressent à moi d’une manière tellement amicale ? Mais je garde toujours les yeux un peu ouverts, pour ne pas me laisser tromper (...)
"[Le pape] reconnaît – écrivait le jésuite – qu’il y a eu une certaine résistance de la part des cardinaux [de curie] et que lui, d’autre part, ne veut pas agir sans ceux qui sont à ses côtés justement pour l’aider dans le gouvernement de l’Église. Il prévoit que, maintenant, une lutte plutôt tenace va commencer, parce que les cardinaux ont leurs secrétaires ou leurs protégés qu’ils veulent placer dans les commissions pour des motifs qui ne sont certainement pas surnaturels […]. C’est le mal subtil de la curie romaine : les prélatures, les avancements […]. Mais il souhaite utiliser aussi des étrangers : il a donc demandé à tous les évêques et à tous les nonces d’établir des listes de personnes qualifiées pour ce travail". L’Église – concluait le pape – doit s’adapter d’une manière ou d’une autre à l’époque et il en est de même pour la curie romaine et pour la cour pontificale."
Présentation du dernier N°de La Civiltà Cattolica, sur le site de la revue
L'APERTURA DEL CONCILIO VATICANO II NEL DIARIO DEL CARD. ROBERTO TUCCI
Giovanni Sale S.I.
Il programma del Concilio non fu fissato da Giovanni XXIII tutto in una volta; al contrario, i suoi scopi e la sua natura furono da lui messi a fuoco e approfonditi poco alla volta, in un rapporto dialettico e costruttivo tra il Successore di Pietro e quei vescovi (e teologi) ai quali stava molto a cuore il rinnovamento della Chiesa in ambito teologico e pastorale. Attraverso il diario del direttore della Civiltà Cattolica del tempo, il gesuita Roberto Tucci, oggi cardinale, ci è possibile verificare, nell’arco dei tre anni di preparazione di quell’evento, i temi che più stavano a cuore al Papa e quali furono le strategie di azione che egli pose in essere per dare maggiore slancio al futuro Concilio e assicurarne la libertà.
© Civiltà Cattolica pag.107-117
L'abbé Philippe AYMON est prêtre du diocèse de Sion; il signe les posts de son blog: cathossurlatoile.
Suivez-le sur Twitter: @Abbe_Aymon
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