«N'oubliez pas l'hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges.» (Hébr 13,2)
Une petite réfugiée vietnamienne dans un camp en Malaisie. (Photo: Benjamin Gimmel)
L’hospitalité est à double tranchant. Car avec l’invité entre dans la maison une personne étrangère, qui ne fait pas partie de la famille ou du ménage. Le risque d’inviter à entrer la mauvaise personne ne peut être exclu. Cela rend méfiant. L’invité pourrait même se révéler être un ennemi. Nous connaissons cette attitude, elle n’est pas infondée; nous faisons tous, en effet, nos expériences – et elles ne sont pas toujours bonnes.
Qui ne souhaiterait pas recevoir la visite des anges? En dépit de leur statut d’étranger, nous n’aurions rien à craindre. Le verset de l’Épître aux Hébreux se trouve dans un chapitre intitulé «La vraie communauté». Il ne s’agit donc pas d’anges de Noël, de théâtre ou d’œuvres d’art, mais bien d’anges de la vie quotidienne.
Manifestement, ils ne sont pas reconnaissables au premier coup d’œil, voire pas du tout. Nous ne savons pas dans quel être humain se cache un ange. Et parce que cela ne se voit pas sur l’être humain, tout être humain debout à notre porte pourrait être un ange. Chaque fois que nous claquons la porte au nez d’un être humain, nous pourrions chasser un ange. C’est là aussi un risque – et du point de vue biblique, de loin le plus grand et le plus grave.
Il se dit souvent que des requérants d’asile exploitent notre hospitalité, en abusent et ne se comportent pas comme des invités. Cela arrive, c’est le risque que nous encourons en tant qu’hôtes. Mais personne ne dit que les requérants d’asile sont ces anges qui nous honorent en tant qu’invités. Cela arrive, dit l’Épître aux Hébreux, et c’est aussi le risque que nous encourons en tant qu’hôtes. Penser qu’il pourrait s’agir d’anges est aussi une voie pour rencontrer des êtres humains étrangers. Précisément parce que les anges ne se font pas connaître, nous ne pouvons en réalité faire autrement que de le penser de tout être humain qui nous demande l’hospitalité.
Les Églises et communautés religieuses se sont déjà engagées depuis 1985. «Le respect de la dignité humaine de chaque personne indépendamment de sa race, de sa langue, de sa religion, de son sexe ou de sa position sociale appartient aux fondements de notre Etat et de notre culture. Ce fondement doit particulièrement s’exprimer dans notre attitude envers les faibles, les défavorisés et aussi les requérants d’asile et les réfugiés.» (Aux côtés des réfugiés, 1985).
Cet engagement, nous voulons le poursuivre en 2012.
Évêque Norbert Brunner, président, Conférence des évêques suisses CES
Gottfried Locher, pasteur, président du conseil, Fédération des Églises protestantes de Suisse FEPS
Herbert Winter, président, Fédération suisse des communautés israélites FSCI
Évêque Harald Rein, évêque, Église catholique-chrétienne de Suisse ECCS
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