Qu’est ce qui vous a inspiré de rejoindre les Franciscaines Missionnaires de Marie (FMM)?
Une vocation à la vie religieuse est un appel mystérieux. Vingt-cinq ans après y avoir répondu, j’ai toujours le sentiment de ce mystère. Cependant, le choix de l’Institut missionnaire des FMM répondait à un désir de vivre selon le message de François d’Assise. Un livre d’Eloi Leclerc, OFM, “sagesse d’un pauvre” a été une véritable révélation. La poésie, la joie et la simplicité franciscaines ont été des points d’attraits décisifs pour moi. Et deuxième élément qui m’attirait: la mission dans un contexte international. Les FMM peuvent être envoyées dans n’importe quelle partie du monde en réponse à un besoin missionnaire.
Quel est votre travail à Franciscans International?
Depuis trois ans, j’ai été appelée pour travailler avec FI à Genève. Une nouvelle mission s’ouvrait à moi après vingt ans de travail dans le milieu social.
Mon travail se situe au sein d’une équipe de cinq collègues dont la mission essentielle est de promouvoir les Droits Humains par des formations sur le terrain et de dénoncer les violations de ces mêmes Droits.
Cependant, mon travail se situe dans le domaine de l’environnement. La création est un terme très cher aux franciscains. François d’Assise a été nommé le patron de l’écologie en 1979.
Concrètement, je travaille sur la thématique du développement durable, engageant la famille franciscaine pour la conférence au sommet qui se tiendra à Rio en Juin 2012.
Mon travail consiste aussi à faire des présentations sur les thématiques de l’environnement, pour faire prendre conscience des enjeux actuels, des débats au niveau international.
J’organise aussi des sessions de formation. La prochaine se tiendra au Kenya en Mai 2012 sur la problématique du droit à l’eau potable et à l’assainissement.
J’ai aussi fait des présentations dans les Eglises Catholiques Suisses, aux gens qui sont intéressés par le travail de FI et les Droits Humains en général.
Enfin, je relaie auprès des franciscains certains questionnaires ou contributions demandés par les Nations Unies, comme par exemple, “la stigmatisation dans la réalisation du droit à l’eau”, le lien “ Droits Humains et les transnationales”. Il s’agit de faire le lien entre l’expertise qu’ont les franciscains sur le terrain et les Nations Unies.
Quel rapport entre vocation religieuse et travail avec FI?
Je réalise de plus en plus combien notre vie est UNE. On ne peut dissocier la vie spirituelle de la vie humaine. Nous croyons en un Dieu qui s’est incarné dans l’histoire des hommes. Rien n’est anodin dans nos vies.
Comme disait Dostojevski, “Etre chrétien c’est subir la sourde torture intérieure de la responsabilité”, je crois que nous avons reçu ce monde pour en prendre soin. Ce monde est fait d’humains. Je ressens ma vocation et ma mission comme une responsabilité de faire de cette terre un lieu d’humanité. Ce faisant, je suis moi-même en chemin d’humanisation.
Ce travail avec FI est une école d’humanité et d’humilité. Je ne sauverai pas le monde, mais je dois y faire ma part humblement.