PÂQUES… du courant d'air dans le tombeau!
J'imagine volontiers en ce jour de Pâques ce dialogue de Dieu avec...
(2 novembre)
La Toussaint et la commémoration des fidèles défunts ont quelque chose en commun. C'est pour cela qu'elles ont été placées l'une après l'autre. Elles nous parlent toutes deux de «l'au-delà».
Si nous ne croyions pas à une vie après la mort, il serait inutile de célébrer la fête des saints, et encore plus vain de se rendre au cimetière honorer nos défunts. A qui irions-nous rendre visite? Pourquoi allumer une bougie ou apporter des fleurs? C’est bien parce que nous croyons en une vie après la mort qu’il est bon de célébrer la fête des saints et très utile de se rendre au cimetière honorer la mémoire de ceux que nous avons aimés et qui vivent en Dieu!
En ce beau jour d’automne, alors que les feuilles sont rouges cuivre, que les arbres se dénudent petit à petit, tout nous invite à une réflexion de sagesse: «Fais-moi savoir, Yahvé, ma fin et quelle est la mesure de mes jours, que je sache combien je suis fragile». (Ps 39.5)
«Nous sommes comme les feuilles sur l'arbre, en automne» (G. Ungaretti). Nous aussi, un jour nous allons mourir… et dans la foi, nous disons que cela ne sera pas la fin! Jésus l’a promis: «Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu?» Marthe lui répondit: «Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde.» (Jn 11).
Vous vous rappelez du film le docteur Jivago et la célèbre chanson de Lara qui constitue la bande sonore? Lara dit dans le film: «Où, je ne sais pas, mais il y aura un lieu d'où nous ne reviendrons jamais...» [Trad. de l'italien, ndlr]. Vous vous rappelez l’histoire de ces deux amoureux qui se rencontrent, se cherchent, mais que le destin (nous sommes à l'époque tourmentée de la révolution bolchevique) sépare à chaque fois cruellement, jusqu'à la scène finale dans laquelle leurs chemins se croisent à nouveau, mais ils ne se reconnaissent pas.
Eh bien, nous pouvons répondre à Lara: oui, il y a un lieu d'où nous ne reviendrons jamais, et d'où nous ne voudrons pas revenir. Jésus est allé nous le préparer. Jésus nous a ouvert la voie par sa résurrection. Et il nous a indiqué la voie pour le suivre avec les béatitudes.
Oui nous le disons dans la foi: il existe un lieu où le temps s'arrêtera sur nous pour céder le pas à l'éternité; où l'amour sera total, pas seulement l'amour de Dieu et l’amour pour Dieu, mais aussi tout amour honnête et saint vécu sur la terre. Oui, il est un lieu où l’amour ne passera jamais! Oui, il est un lieu où l’amour ne passera jamais!
Attention, la foi n'ôte pas aux croyants l'angoisse de devoir mourir. Mais cette angoisse est tempérée par l'espérance. La préface de la messe de commémoration des fidèles défunts dit que si la certitude de devoir mourir nous attriste, l'espérance de l'immortalité future nous console. Ecrivant aux premières communautés, l'apôtre Paul exhortait déjà les fidèles à «ne pas se désespérer comme les autres qui n'ont pas d'espérance». «Puisque nous croyons, écrivait-il, que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui»(1 Ts 4, 13-14).
Nous renouvelons aujourd'hui l'espérance de la vie éternelle fondée réellement dans la mort et la résurrection du Christ. «Je suis ressuscité et à présent je suis toujours avec toi, nous dit le Seigneur, et ma main te soutient. Où que tu puisses tomber, tu tomberas entre mes mains et je serai présent jusqu'à la porte de la mort. Là où personne ne peut plus t'accompagner et où tu ne peux rien emporter, c'est là que je t'attends pour transformer pour toi les ténèbres en lumière.»
L'espérance chrétienne n'est toutefois jamais uniquement individuelle, elle est toujours aussi espérance pour les autres. Nos existences sont profondément liées les unes aux autres et le bien et le mal que chacun accomplit touche toujours aussi les autres. Ainsi la prière d'une âme en pèlerinage dans le monde peut aider une autre âme qui se purifie après la mort. Voilà pourquoi aujourd'hui l'Eglise nous invite à prier pour nos chers défunts et à faire une halte près de leurs tombes dans les cimetières. Voilà pourquoi, je vous invite, très concrètement à prier pour les défunts de vos familles, à faire dire des messes pour eux. Je vous invite à vous rassembler pour honorer leur mémoire et les confier à Dieu dans l’attente de nous retrouver tous, un jour, quand l’amour de Dieu aura définitivement triompher de la mort.
Seigneur, je le crois, l’amour est plus fort que la mort.
Rien ne peut séparer ceux qui s’aiment, pas même la mort.
Que notre prière monte vers ceux qui nous ont quittés
et qu’elle témoigne de notre espérance.
Amen.
Père Jérôme Jean