Homélies du Père Jérôme Jean

14 avril 2011 | 15h18

Dimanche des Rameaux et de la Passion - 6e dimanche Carême A (Mt 21, 1 – 11)

Dimanche des Rameaux

Alors que Jésus arrive à Jérusalem, nous sommes au moment de la fête de Pâque, la plus grande fête des juifs. Ils commémorent l’évènement fondateur de leur existence : La libération de l'esclavage en terre d'Egypte.

Alors que Jésus s’apprête en entrer dans la ville sur un âne, il faut réaliser l’immensité des foules; on parle de 100'000 personnes venues des quatre coins du pays.  

Dans la ville, la tension est à son comble. Les romains sont inquiets. C’est un peu « vigi-pirate », le degré d’alerte est au maximum. Les autorités craignent l’insurrection. Un agitateur habile pourrait profiter des foules pour renverser le régime d’occupation. Et ce d’autant plus qu’il est attendu un messie qui sauvera le peuple de toutes ses détresses. De vielles prophéties disent en effet que le messie doit venir pour la Pâque.
 
Voilà la toile de fond qui préexiste à l’arrivée de Jésus.

Jésus est le messie de la promesse qui vient combler toutes les attentes. Mais il ne vient pas avec une armée pour libérer les juifs de l’occupant romain. Il vient avec beaucoup plus qu’une armée : il vient avec l'humilité pour libérer l'homme du péché et de la mort.

L’âne sur lequel Jésus est assis est le signe de cette humilité. Et les quelques disciples qui l’acclament comme roi sont le signe que la foi permet croire que Jésus est le roi du monde qui gouverne en se faisant serviteur.

Oui, les disciples crient leur joie, ils acclament le messie.
Voilà Celui qui vient.
Il est sur un âne.
Il se prépare à souffrir.
IL VA DONNER SA VIE POUR NOUS LIBERER DE LA MORT ET DU PECHE.

Ce n’est pas le moment de se taire : à notre tour, acclamons notre Dieu.
En Jésus, c’est Dieu lui-même qui visite son peuple pour lui offrir le salut.
NE NOUS TAISONS PAS !
CAR MEME SI NOUS NOUS TAISIONS, LES PIERRES CRIERAIENT !
Amen.

Homélie suite à la Passion (Année A)

On ne peut pas embrasser tout l’océan, mais on peut faire mieux, on peut se laisser embrasser par lui, en s’immergeant à n’importe quel endroit de son étendue.

De même pour la Passion du Christ. On ne peut pas l’embrasser entièrement en esprit ni en voir le fond, mais on peut s’immerger dans la Passion en partant d’une de ses étapes.

Je vous propose aujourd’hui de contempler ce qui me touche le plus dans la Passion : l’obéissance du Christ.

Obéir : c’est un beau mot, venant de « ouïr ». Cela veut dire entendre, écouter, comprendre, puis au final, exaucer. En somme, celui qui obéit, c’est d’abord celui qui entend bien et ensuite celui qui agit dans le sens de celui qui a parlé.

Obéir, c’est donc d’abord écouter, puis se soumettre en se conformant à celui qui a autorité pour ordonner ou interdire. Ainsi, l’enfant obéit à ses parents, le disciple obéit à son maître. Et Jésus, lui aussi, tout fils de Dieu qu’il est, Jésus a dû obéir.

L’obéissance du Christ est très bien mise en évidence par l’enseignement des apôtres :
-    Obéissant jusqu’à la mort sur une croix (Ph 2, 8).
-    Par l’obéissance d’un seul, la multitude sera… constituée juste (Rm 5, 19).
-    tout Fils qu'il était, (il) apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel (He 5, 8-9).

Nous entendons bien que l’obéissance apparaît comme une des clefs de lecture de la Passion et donc de notre Salut. Le Christ nous a laissé l’exemple de l’obéissance parfaite : il est venu parmi les hommes, afin d’accomplir en toute chose la volonté de son Père.

Tout ce que Jésus a fait, il ne l’a pas fait pour lui, mais il l’a fait pour être fidèle à la volonté de son Père. Entendez bien, Jésus n’avait pas un plan bien pensé, bien imaginé pour retourner la situation à son avantage. Au contraire, il était tout abandonné, tout livré à la volonté de son Père.

Ainsi, par Amour des hommes et par obéissance au Père, a-t-il épousé notre condition humaine. Et par Amour du Père, il a donné sa vie, sa vie d’homme, pour racheter les péchés de la multitude. JESUS, LE FILS DE DIEU, A OBEI JUSQU’AU DON DE SA VIE !

Attention, ce n’est pas un suicide ce que Jésus a fait. Le suicide est l’acte par lequel je choisis de me donner la mort. Jésus n’a pas choisi de se donner la mort. IL NE VOULAIT PAS MOURIR ! Il dit bien chez Luc: « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! ».

A ceux qui se scandalisaient du fait que le Père puisse trouver satisfaction de la mort de son Fils sur la croix, Saint Bernard répondait : « Ce n’est pas la mort qui plut au Père, mais plutôt la volonté de celui qui mourait ». Ce n’est donc pas tant la mort du Christ elle-même qui nous sauve, mais bien plutôt son obéissance jusqu’à la mort ! Saint Irénée nous dit qu’elle est essentiellement une soumission intérieure, absolue à Dieu, réalisée jusque dans une situation d’extrême difficulté.

L’OBEISSANCE JUSQU’A LA MORT, C’EST LA PARFAITE UNION DES VOLONTE. La volonté de l’homme parfaitement unie à la volonté de Dieu.

Voilà pour l’obéissance de Jésus. Et pour nous, que veux dire concrètement obéir à la volonté du Père ?

Je pense qu’il s’agit tout simplement de présenter nos questions à Dieu. Avant de prendre une décision, de faire un voyage, un travail, une visite, une dépense je peux demander à Dieu, par le moyen tout simple de la prière, de me faire connaître sa volonté. « EST-IL BIEN SEIGNEUR QUE JE FASSE CE VOYAGE, CE TRAVAIL, CETTE VISITE… ? » J'agirai en suite, mais il s’agira alors d’un acte d’obéissance et non plus d’une initiative personnelle. Vous entendez bien : cela change tout ! L’important n’est pas tant la réponse, (oui ou non) que la soumission de la question à Dieu.

Il est important de demander à Dieu, de renoncer à décider seul ! Il faut donner à Dieu la possibilité d’intervenir dans nos vies. De même que le serviteur ne prend pas d’initiatives sans en référer à son maître, de même le serviteur de Dieu n’entreprend rien sans se dire en lui-même : «JE DOIS PRIER UN PEU POUR SAVOIR CE QUE MON SEIGNEUR VEUT QUE JE FASSE». On cède les rênes de notre vie à Dieu, on lui donne la possibilité de nous gouverner.

 

Nous découvrirons alors cette magnifique loi spirituelle : «Plus on obéit à Dieu et plus ses ordres se multiplient; plus ses ordres se multiplient, et plus on est dans la PAIX». Car « en sa volonté est notre Paix ». Amen.

Père Jérôme Jean


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