Homélies du Père Jérôme Jean

17 février 2012 | 22h23

Guérison d’un paralytique ou le pardon déjà réalisé en cette vie

7e dimanche ordinaire B (Mc 2,1-12)
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: Mon fils, tes péchés sont pardonnés Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: Mon fils, tes péchés sont pardonnés

«Qu’est ce qui est le plus facile? De dire au paralysé: «Tes péchés sont pardonnés», ou bien de dire: «Lève-toi, prends ton brancard et marche?».
La question paraît saugrenue! Il est si facile de dire une chose comme son contraire. S'il n’est pas dur dire des bêtises, dire la vérité, dire ce qui est, voilà la difficulté!

 

Quand ces quatre hommes amènent à Jésus ce paralysé, c’est à coup sûr pour que Jésus le guérisse physiquement. Et oh surprise! alors que l’on s’attendait à un miracle, à une guérison spectaculaire, Jésus ne fait pas de miracle. car il n’est pas le messie-à-miracle, le faiseur-de-sensationnel, le faiseur-de-nos-volontés. Au lieu du miracle attendu, Jésus commence par admirer la foi de ces quatre hommes et de ce paralysé. Une foi si persévérante qu’elle a ouvert le toit et fait descendre le brancard.

 

Mieux qu’ailleurs apparaît ici tout l’aspect communautaire de la foi. C’est porté par la foi de ses amis que le paralytique est amené au Christ. Il en va de même pour chacun de nous, portés par la foi de témoins, par la foi de nos familles et par la foi de nos amis nous avons été amenés jusqu’au Christ. Et c’est porté par la foi de l’Eglise que nous disons à chaque eucharistie «Seigneur, ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Eglise».

 

Alors «Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: Mon fils, tes péchés sont pardonnés».

 

Jésus le dit. Et cela se réalise. Ce n’est pas une parole en l’air. Les péchés du paralytique sont vraiment pardonnés. Et c’est une vraie merveille ce qui vient de se passer. Mais ce n’est pas ce qu’attendait le paralytique. Lui, il attendait une guérison physique, il se rêvait marchant, courant, dansant… et il est toujours là, toujours paralysé. Combien de fois, nous aussi, demandons-nous à Dieu une aide, qui semble ne jamais venir? Tout paraît comme avant, comme si Dieu n’entendait pas, comme si Dieu n’exauçait pas, comme si le brouillard faisait taire le soleil. Mais si nous avions les yeux de la foi, qui font voir l’invisible, alors nous verrions que tout est changé… à l’intérieur, de même que le soleil brille au dessus du brouillard.

 

«Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: Mon fils, tes péchés sont pardonnés».

 

Nous le savons, Dieu seul peut pardonner les péchés. Car le péché est d’abord une offense faite à Dieu, une rupture de la communion avec Lui. Dans l’ancienne Alliance, le pardon ne pouvait se faire qu’au moment de la rencontre avec Dieu, c’est-à-dire au moment de la mort et du jugement.

 

La nouveauté avec le Christ, dans cette page d’évangile, c’est la merveille du pardon déjà réalisé en cette vie. Le jugement est ainsi comme anticipé. Jésus vient réaliser ici et maintenant le rôle qu’il jouera à la fin des temps. Alors qu’au dernier jour la sentence sera définitive, ici et maintenant s'ouvre le temps de la conversion et l’ère de la grâce.

 

Ici et maintenant (aussi sur le net) c’est le bon moment pour avoir foi dans le pardon de Dieu.

 

Alors Jésus, le Fils de l’homme (Dn7), a cette parole pleine d’autorité «Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, lève-toi! Prends ton brancard et rentre chez toi».

 

Le paralytique est maintenant guéri en son corps et en son âme. La guérison du corps est le signe extérieur de la guérison intérieure, plus essentielle et plus miraculeuse encore.

 

Ce que Jésus a fait à cet homme, cette œuvre de guérison, il veut la faire encore aujourd’hui. Il veut poursuivre son œuvre de guérison auprès de tous les membres souffrants de son corps. Et c’est à l’Eglise que le Christ a confiée cette mission. Elle le fait par les deux merveilleux sacrements de guérison, le sacrement de la pénitence et l’Onction des malades.

 

Dans le sacrement de la pénitence, nous sommes réellement réconciliés avec Dieu, avec nous même (dans l’intime profondeur de notre être), avec nos frères et sœurs et avec toute l’Eglise. Ce sacrement apporte paix, tranquillité de conscience et consolation spirituelle.

 

Le sacrement de l'Onction des malades quant à lui confère une grâce spéciale au chrétien qui éprouve des difficultés à cause de la maladie grave ou de la vieillesse. A celui qui le demande, le sacrement apporte réconfort, paix et courage pour supporter chrétiennement les souffrances en union avec la Passion du Christ. Il se prépare ainsi au passage à la vie éternelle.

 

Voilà donc deux beaux sacrements, deux cadeaux que Jésus nous fait pour nous aider à redevenir les amis de Dieu. N’hésitons pas à les demander. N’hésitons pas à demander surtout la foi du paralytique et de ses amis. Ainsi passerons-nous de l’immobilité et de la dépendance, au mouvement à la vraie liberté, nous passerons alors de la mort à la vie.

 

Dieu n’attend qu’un mot, qu’un souffle de notre part pour se donner.

 

Alors, «qu’est ce qui est le plus facile?
de dire au paralysé: «Tes péchés sont pardonnés»,
ou bien de dire: «Lève-toi, prends ton brancard et marche?».

 

Seigneur, merci pour la foi que nous avons reçu.
Merci pour les témoins que tu as mis sur notre chemin.

 

Seigneur, nous te demandons beaucoup de chose.
Donne-nous l’essentiel: fais grandir en nous la foi.
Que nous ayons l’audace de passer par les toits pour venir jusqu’à toi.

 

Seigneur, un miracle, c’est peu de chose.
Ce qui est beaucoup, c’est de recevoir ton pardon et ton secours par les sacrements.
Donne-nous de t’accueillir là où tu te donnes:
Ainsi nous passerons de l’immobilité et de la dépendance
au mouvement à la vraie liberté,
nous passerons alors de la mort à la vie.
Amen.

 

Père Jérôme Jean


Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée).

Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

Voilà, au plaisir de continuer à vous rédiger mes homélies.
Que Dieu vous bénisse!
Abbé Jérôme Jean Hauswirth

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