«Il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre»
Message de l’évêque de Sion pour le premier dimanche de Carême...
«Convertissez-vous et croyez à l’évangile»;
«Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière».
A ces paroles se joint un geste: la tête est couronnée de cendres bénites. Se couvrir de cendre, c’est un geste très fort, un geste de pénitence correspondant à un désir de l’âme, un geste extérieur signe d’une réalité intérieure.
Ce geste - les cendres - est celui qui correspond à la réalité d’Adam et Eve chassés du paradis: issus de la terre, ils retourneront à la terre, parce qu’ils sont coupés de l’arbre de vie. Ainsi se rappelle-t-on du péché des origines, de la mort malheureusement entrée dans le monde, en recevant de la cendre sur la tête.
«Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière».
Mais c’est aussi bien sûr l’occasion de réfléchir au sens de notre vie, d’aviver notre espérance en la vie éternelle, celle d'une vie plus forte que la mort.
«Convertissez-vous et croyez à l’évangile»
Ce geste austère des cendres rend bien compte du sens du Carême et de sa finalité. Le Carême est un temps de conversion qui dispose à accueillir la Passion et la Résurrection.
Vous le savez bien nous ne sommes jamais complètement convertis. La conversion n’est jamais faite une fois pour toute. Au contraire, il s'agit d'un processus continuel
lent et progressif. Car c’est petit à petit que nous changeons, petit à petit nous nous convertissons, en faisant chaque jour un pas, un petit pas.
Dans la vie ordinaire, nos pas ne vont pas qu'en avant. On en fait aussi en arrière! Nous disposons du temps de Carême pour vouloir à nouveau marcher en avant. Un pas après l’autre, marcher vers le Christ Crucifié-Ressuscité!
Le mercredi des cendres est comme la porte d’entrée du chemin qui mène au Triduum pascal. Pour le dire autrement, tout le Carême chemine vers la grande rencontre, la rencontre avec le Christ mort pour nos péchés et ressuscité pour nous donner le salut.
Ce temps de 40 jours est l’occasion de redevenir chrétien, de renouveler la foi de notre baptême, de redécouvrir la miséricorde de Dieu et de devenir à notre tour miséricordieux envers nos frères afin de nous recentrer sur l’essentiel.
Mais comment vivre concrètement le Carême?
Comment concrètement se renouveler intérieurement?
Très concrètement, dans la vie morale, il s’agit de toujours plus rejeter le mal et de vouloir accomplir ce qui est bien. Rejeter le mal et vaincre l’égoïsme et l’orgueil par la pénitence et le sacrifice. Accomplir le bien en choisissant volontairement la prière, l’aumône et le jeûne.
A chacun de trouver concrètement ce qui va l’aider pour ce chemin personnel, l’important étant de faire quelque chose de concret. Cela peut aussi être du chocolat en moins, un service en plus, une prière en plus, une médisance en moins. Ou encore un service gratuit, une visite régulière, une aumône. A chacun en conscience de trouver ce qui peut l’aider à grandir.
Que ces 40 jours soient pour chacun un beau temps de conversion. Un retour à l’essentiel par un effort concret d’adhésion au Christ.
Augustin disait «la vie du chrétien est un saint désir». Par là il voulait signifier que notre vie est un unique exercice du désir de s’approcher de Dieu et de le laisser entrer dans notre vie.
Dans le fond, le sens du Carême se situe précisément là: faire grandir le désir d’une intimité avec Dieu.
Que Marie nous aide à livrer le combat spirituel du Carême par les armes de la prière, du jeûne et de la pratique de l’aumône.
Alors nous arriverons ensemble, fortifiés et renouvelés, au mystère de Pâque, sommet et suprême révélation de l’amour de Dieu.
Amen.
Père Jérôme Jean