La Miséricorde de Dieu incarnée
14e dimanche Ordinaire A (Mt 11, 25 -30) «Venez à moi vous tous qui...
2e dimanche Avent B (Mc, 1 - 8)
Il est une figure qui domine de toute sa hauteur le temps de l’Avent. Cette figure, c’est le beau visage de Jean le Baptiste. Le dernier des prophètes, le plus grand, celui qui est à la frontière entre un monde qui finit et un nouveau qui commence. Une monde ancien que Jésus va prolonger et accomplir et un monde nouveau qu'il va instaurer.
Jean est un homme passerelle, un prophète, un homme chargé de proclamer le message de Dieu, une voix au service de la Parole, une voix qui rugit dans le désert: «Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route».
La voix de Jean fut entendu. Nombreux étaient ceux qui venait à lui. Jean les exhortait à la conversion. «Changez de conduite, disait-il. Ce que vous faisiez de mal, cessez de le faire; et ce bien que vous ne faisiez pas, mettez-vous à le faire».
Comme signe de reconnaissance de leur volonté sincère de conversion, les pénitents recevaient le baptême de Jean. Littéralement, baptiser veut dire, plonger dans l’eau. Cette immersion signifiait que: de même que l’eau lave ce qui est sale, de même toi aussi, après ce baptême, repart avec confiance, fait le bien et rejette le mal.
Mais attention, le baptême de Jean, ce n’est pas le baptême de Jésus! Le baptême de Jean est un rituel de pénitence. Il est incapable de réaliser ce qu’il signifie. Au contraire, le baptême de Jésus est un signe efficace. Il purifie celui qui le reçoit et le dispose à agir pour le bien, uni à Dieu. Pour le dire autrement: après le baptême de Jésus, on n’est plus le même, après le baptême de Jean on a juste l’intention droite de mieux faire.
Jean sait bien que son baptême n’est qu’un signe. Il le dit: Moi, je vous ai baptisé dans l’eau; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. Relevons comme l’eau introduit au feu. Jean baptise dans l’eau, Jésus baptisera dans le feu de l’Esprit.
Jean précède Jésus dans le temps et dans la mission. Comme l’eau précède le feu. Comme s’il fallait se plonger dans l’eau pour recevoir le feu, comme si l’embrasement ne pouvait se faire qu’une fois achevée la purification par l’eau, comme si Dieu ne donnait sa lumière et sa chaleur, sa grâce, qu’à celui s'étant d’abord reconnu pêcheur.
De même qu’Elie autrefois fit ruisseler l’eau sur les offrandes avant d’invoquer sur elle le feu du Ciel, de même nous devons d’abord nous purifier, par une volonté droite d’agir mieux, avant de recevoir le feu de l’Esprit. C’est en ce sens que nous nous confessons avant de communier. C’est en ce sens que la confession dispose à recevoir les grâces de la communion.
Ce feu dont il s’agit c'est la miséricorde de Dieu, cette flamme qui brûle le péché et sauve le pécheur.
Dieu ne vient pas comme un roi redoutable, mais comme un berger conduisant son troupeau, prenant un soin tout particulier pour qui a tendance à s’égarer. Voyez comme c’est beau: non seulement Dieu vient en Jésus-Christ pour nous pardonner, mais encore il vient pour nous rassurer de peur que nous désespérions devant l’immensité de notre pauvreté.
«Consolez, consolez mon peuple dit votre Dieu. Parlez au coeur de Jérusalem et proclamez que son crime est pardonné…» avons-nous entendu dans la première lecture. Comment craindre un Dieu qui s’annonce par des paroles de consolation et qui promet une amnistie générale?
Merci Seigneur pour la baptême que nous avons reçu.
Tu nous a transformé en ce beau jour.
Seigneur, nous sommes dans l’attente de ta venue.
Nous nous réjouissons de contempler ta face.
Seigneur, cela fait 2000 ans que nous attendons.
Mais pour toi Seigneur, un seul jour est comme mille ans,
et mille ans sont comme un seul jour.
Tu n’es pas en retard, c’est pour nous que tu patientes, parce que tu n’acceptes pas d’en laisser quelques-uns se perdre. Tu veux que tous aient le temps de se convertir (2P 3, 8 – 9)
Merci Seigneur: tu as du temps pour nous!
Amen.
Père Jérôme Jean