Le plus grand commandement
30e dimanche A (Mt 22, 34 - 40) «Quel est le premier de tous...
« Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance ».
L’évangile de ce jour commence par un contraste : Jésus voit ce qui est invisible pour
l’aveugle. Jésus voit clairement, il est clairvoyant, il juge avec clarté et perspicacité.
Et ce qu’il voit surtout, c’est que L’HOMME ERRE DANS LA NUIT DE SA CÉCITÉ SPIRITUELLE.
Cela était déjà dit dans le livre de l’Exode :
« J’ai vu, oui j’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris ; je connais ses
souffrances. Je suis descendu pour les délivrer ».
Fondamentalement, notre Dieu est un Dieu qui voit. Il n’est pas aveugle. Et ce qu’il
voit surtout, c’est notre aveuglement. Et il vient nous en délivrer.
Entendez la bonne nouvelle : Dieu va au devant de notre attente ! Il vient nous
délivrer de notre aveuglement. Comme Jésus qui sort du temple pour aller à la
rencontre de ce malheureux.
RELEVONS AU PASSAGE QUE NOUS SOMMES LA SEULE RELIGION À OSER PRÉTENDRE
QUE CE N’EST PAS L’HOMME QUI CHERCHE DIEU,
MAIS DIEU QUI INLASSABLEMENT VIENT À LA RECHERCHE DE L’HOMME !
Notre Dieu est un Dieu qui ne cesse de se proposer à nos libertés.
Mais sans rien imposer. Car c’est librement qu’il attend un « je t’aime ».
Notre Dieu est un Dieu qui voit. C’est entendu. Mais plus encore que voyant : Il est la
lumière qui vient nous éclairer ! Et il vient nous proposer de prendre part à sa vision.
C’est ce qu’on appelle la foi ! La foi est une lumière de l’intelligence qui permet de
voir plus loin et plus profond que les seuls yeux de la raison. Elle est vision de Dieu.
Et c’est bien ce qui va se passer pour ce pauvre homme. Jésus va l’éclairer d’une
lumière surnaturelle. Jésus va guérir le corps pour sauver l’âme, pour sauver toute la
personne. Jésus apporte la lumière divine pour le salut de la personne.
QUAND JÉSUS GUÉRIT DES CORPS, C’EST TOUJOURS POUR SAUVER DES
ÂMES !
Ce signe miraculeux aura une double conséquence :
Un homme aveugle va guérir de sa cécité,
un homme perdu dans la nuit spirituelle va trouver son sauveur.
LA GUÉRISON N’EST PAS SEULEMENT PHYSIQUE MAIS ELLE EST AUSSI SPIRITUELLE !
D’autres au contraire qui croyaient voir, s’aveuglant eux-mêmes, vont être jugé par
la lumière et s’enfoncer dans les ténèbres. Les pharisiens en effet, s’enfoncent dans
leur système. ILS NIENT L’ÉVIDENCE. Ils refusent d’admettre que Jésus est l’envoyé de
Dieu. Celui qui est plus grand que le sabbat.
Ils commettent ainsi le plus grave des péchés, un péché qui est mortel, i.e. un péché
qui nous coupe de Dieu.
Et ce péché le voici : ils refusent la foi, ils sont volontairement incroyants, ils se bouchent les yeux sur le mystère de Jésus. Ils sont enfermés dans leur incroyance parce qu’ils ne veulent pas voir autres choses que l’infraction de la loi du sabbat.
Et voilà que Jésus va aller encore plus loin avec cet ex-aveugle. Et là est la pointe
du récit. Lors d’une deuxième rencontre il lui dira : « CROIS-TU AU FILS DE
L’HOMME ? ».
La question est directe, elle porte sur la foi, et la réponse est sincère :
« Et qui est-il Seigneur que je crois en lui ? ».
La réponse de Jésus vient balayer les derniers scrupules : « TU LE VOIS ».
Jean-Paul II dira qu’après lui avoir ouvert les yeux de chair,
Jésus « libère cet homme de l’aveuglement du coeur.
Il ouvre son âme à la vue de Dieu et de ses mystères.
Cette ouverture de l’âme, c‘est la foi,
car avoir la foi c’est être en contact avec la lumière de monde intérieur.
L’homme aveugle de naissance, après avoir retrouvé la capacité de voir, s’ouvre en
même temps au mystère de Dieu dans le Christ.
Il confesse sa foi dans le fils de l’homme » (JP II).
« JE CROIS SEIGNEUR » dit-il, et il tombe à genoux. Le geste en accord avec la
parole. La parole en accord avec la vue. Tout y est !
Voyez aussi comme la situation est renversée : l’aveugle n’est pas celui que l’on
pensait de même que le péché n’est pas où les pharisiens le mettaient.
ON N’EST PAS AVEUGLE PARCE QUE NOS PARENTS ONT PÉCHÉS.
Les pharisiens sont les vrais aveugles de notre récit.
Ils refusent de voir ce qui crève les yeux.
Ils refusent volontairement de croire aux signes.
Et ainsi ils se condamnent eux-mêmes. C’est là le péché !
Déjà Jésus disait à Nicodème : « QUI REFUSE DE CROIRE EST DÉJÀ CONDAMNÉ ».
Le jugement le voici : « les hommes ont préférés les ténèbres à la lumière ».
AINSI, LA PERSONNE DE JÉSUS FORCE À PRENDRE UNE OPTION.
Il faut choisir. Voir les signes pour croire… ou s’aveugler volontairement.
Jésus le dira : « celui qui voit les signes est inexcusables de ne pas croire ».
Seigneur, il a fallut deux rencontres pour que cet aveugle reconnaisse en toi
son Seigneur et Sauveur adoré.
Aides - nous Seigneur, au long de ce chemin de Carême
à nous laisser mener vers une seconde conversion.
Alors nous serons de vrais disciples.
Alors nous serons des adorateurs en esprit et en vérité. Amen.
Père Jérôme Jean