Homélies du Père Jérôme Jean

15 novembre 2011 | 21h15

Le Christ-Roi

Roi étonnant que ce Jésus! Il ne l’est pas à la manière des hommes. Il ne cherche ni le pouvoir, ni le prestige, ni la grandeur, ni la puissance. Au contraire, il est l’ami des pauvres et des petits... Roi étonnant que ce Jésus! Il ne l’est pas à la manière des hommes. Il ne cherche ni le pouvoir, ni le prestige, ni la grandeur, ni la puissance. Au contraire, il est l’ami des pauvres et des petits...

34e dimanche A (Mt 25, 31 -46)

 

Disons-le d’entrée, c’est assez étonnant de parler de Christ-Roi. La fête du Christ-Roi est une fête récente, datant de 1925. Elle a été instituée par Pie XI en réponse aux régimes athées et totalitaires (communisme, nazisme et fascisme) qui niaient les droits de Dieu et de l’Eglise. Mais si l’institution de cette fête est récente, son contenu est lui très ancien. Le thème du «règne du Christ» remonte en effet à l’époque de la prédication des apôtres.

 

Dans l’évangile de ce jour, Jésus se présente comme le roi qui viendra juger le monde. Cette prérogative est divine: seul Dieu peut juger le monde. En se plaçant très clairement comme juge, Jésus affirme avec force sa divinité. Jésus juge donc légitimement, car il est le fils de Dieu ayant autorité pour juger les vivants et les morts. Il est le «Fils de l’homme», le grand juge de la fin des temps déjà annoncé par le prophète Daniel (Dn 7).

 

Roi étonnant que ce Jésus! Il ne l’est pas à la manière des hommes. Il ne cherche ni le pouvoir, ni le prestige, ni la grandeur, ni la puissance. Au contraire, il est l’ami des pauvres et des petits, venu dans le monde uniquement pour faire la volonté du Père et se livrer pour le salut des hommes. Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Ainsi demande-t-il à ses disciples d’agir de même: «Si l’un de vous veut être le premier, qu’il se fasse le serviteur de tous» (Mc 10, 44-45). Toute la vie de Jésus (et même sa mort !) est un service plein d’amour. Le disciple de Jésus a donc le devoir d’aimer son prochain, amour de Dieu et du prochain étant inséparables pour un chrétien, le second étant le lieu de vérification du premier. «Si tu dis aimer Dieu que tu ne vois pas et que tu n’aimes pas ton prochain que tu vois, alors ton amour est menteur».

 

Avec l’évangile de ce jour, le critère du jugement dernier nous est donné. Au soir de cette vie, nous ne serons pas jugés selon notre fidélité aux commandements, mais nous serons jugés sur l’amour, sur nos actes concrets de charité, sur nos œuvres de miséricorde: donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les prisonniers, soigner les malades. L’étonnant de notre évangile consiste en ce que Jésus s’identifie lui-même à ces personnes qui sont dans l’indigence. Entendez à nouveau comme l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont inséparables. Donner à manger à celui qui a faim, c’est nourrir le Christ ! Soigner un malade, c’est soigner le Christ ! Le chrétien reconnaît le Christ dans chaque personne qui est dans le besoin.

 

En définitive, tout homme, chrétien ou non, sera jugé au dernier jour, d’après le choix qu’il aura fait ou non d’être au service de ceux qui sont dans le besoin. Après nous avoir enseigné l’importance de veiller, d’être prévoyant (les vierges folles), d’avoir une vigilance active (paraboles des talents), l’évangéliste Mathieu précise maintenant ce que doit être cette activité. Ainsi, le sens de notre vie est de servir celui qui est dans le besoin, c’est de donner à celui qui ne peut rien rendre, c'est l'amour gratuit dépensé en pure perte sans rien attendre en retour «heureux seras-tu parce qu’ils n’ont pas de quoi te rendre!» (Lc 14, 14). Entendez bien! par le service gratuit, nous communions à l’amour même du Père manifesté en Jésus! Nous aimons du même amour que nous sommes aimés.

 

Le royaume de Dieu ne doit rien aux richesses et au prestige. Il n’est pas un royaume de puissance. Au contraire, il est réservé aux petits, aux pauvres et à ceux qui auront choisi librement de donner gratuitement, sans contrepartie. D’ailleurs, qui éprouve le besoin d’affirmer sa puissance par la force… est un faible. Jésus est le roi le plus puissant, parce qu’il est le roi-serviteur. Le service couronne la puissance!

 

Ainsi, honorer le Christ-Roi, ce n’est pas lui brûler de l’encens ou lui organiser des cérémonies triomphales ressemblant aux vanités des rois de la terre. Mais c’est écouter sa voix, et surtout conformer notre vie personnelle, familiale et professionnelle à cette voix.

 

Dès lors la question la plus importante que nous devons nous poser lors de la fête du Christ-Roi n’est pas si Jésus règne ou non dans le monde, mais s’il règne ou non en chacun de nous! Entendez bien! non pas si sa royauté est reconnue par le politique, mais si chacun de nous la reconnaît et la vit. En clair : Le Christ est-il le Roi et le Seigneur de ma vie? Est-il celui qui guide, éclaire, ordonne et gouverne ma vie? Concrètement, qui règne en moi, qui fixe les objectifs et qui régit les priorités? Le Christ? Ou quelqu’un d’autre?

 

Selon saint Paul il n’existe dans le fond que deux manières de vivre: soit vivre pour soi, soit vivre pour le Seigneur (Rm 14, 7-9). Vivre «pour soi» signifie vivre comme celui qui possède en lui-même son principe et sa fin. Cela veut dire une existence renfermée sur elle-même, tendue uniquement vers sa propre satisfaction et sa propre gloire, sans aucune perspective d’éternité. Vivre «pour le Seigneur», en revanche, signifie rechercher d’abord sa gloire et l’éclat de son règne. C’est mettre ses qualités au service du Maître. Si on fait le choix libre de vivre pour le Seigneur, alors il s’agit vraiment, réellement et personnellement d’une nouvelle existence!

 

Et dans cette nouvelle existence, la mort elle-même a perdu son caractère irréparable. Elle n’a plus le dernier mot! La mort est comme retournée: de coupure radicale et de séparation définitive, elle devient passage en vue d’une union plus intime et plus profonde. Ainsi, la plus grande contradiction dont l’homme ait jamais fait l’expérience - la contradiction entre la vie et la mort – a-t-elle été dépassée. Entendez bien! la contradiction la plus radicale n’est plus désormais entre « vivre » et « mourir », MAIS ENTRE VIVRE «POUR SOI» ET VIVRE «POUR LE SEIGNEUR».

 

Au final, au dernier mot, au dernier moment, tout se joue là, en ces deux affirmations : Ou pour moi ou pour le Seigneur.

 

Seigneur, tu es le Christ-Roi, tu règnes par la foi,
par la confiance que nous faisons à ta Parole,
tu règnes par la correspondance entre notre vie quotidienne et ta Parole.
Seigneur, je veux t’honorer comme Christ-Roi,
en écoutant ta voix, et en conformant  ma vie personnelle,
familiale et professionnelle à ta voix.

 

Seigneur, je t’en prie: que ton règne vienne.

Amen.

 

Père Jérôme Jean


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Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée).

Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

Voilà, au plaisir de continuer à vous rédiger mes homélies.
Que Dieu vous bénisse!
Abbé Jérôme Jean Hauswirth

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