22.05.2013 | Férie du Temps ordinaire | Si 4,11-19 Mc 9,38-40

Homélies du Père Jérôme Jean

02 février 2012 | 11h28 1 commentaire

Les malades sont les membres les plus actifs de l’Eglise

D'un geste d'une beauté nuptiale, comme celui du fiancé entraînant à lui sa Bien-Aimée, Jésus «la fait lever». D'un geste d'une beauté nuptiale, comme celui du fiancé entraînant à lui sa Bien-Aimée, Jésus «la fait lever».

5e dimanche Ordinaire B (Mc 1, 29-39)

 

«En quittant la synagogue, Jésus alla chez Simon et André».

 

Dimanche passé, Jésus était à la Synagogue – i.e. dans la demeure de Dieu. Là il avait enseigné et expulsé un démon. Aujourd’hui il passe de la synagogue à une maison privée et, ce faisant, il résume toute la démarche de l'Incarnation.

 

En Jésus, Dieu sort du Temple – inaccessible – pour aller nous rejoindre dans l’ordinaire de nos vies. En Jésus, Dieu descend du Ciel - inaccessible - et vient jusqu'à nous sur la terre ferme. En Jésus le Très-Haut se fait le Très-Bas. Dieu en son Fils, vient planter sa tente parmi nous. Il vient simplement nous rejoindre dans notre vie ordinaire et quotidienne.

 

Et c’est dans cette vie ordinaire qu’il rencontre une belle-mère malade et au lit. «La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre». C’est vraiment pas de chance!

 

La belle-mère de Simon est bien sûr la mère de l'épouse de Pierre. Mais symboliquement elle figure le peuple de la Première Alliance. Elle représente l'humanité qui gît, paralysée, incapable d’accueillir le Messie.

 

Voyez comme cela est beau! Etant incapable de s’approcher du Messie, c'est lui, Jésus, qui «s'approche d'elle, c’est lui qui la prend par la main». D'un geste d'une beauté nuptiale, comme celui du fiancé entraînant à lui sa Bien-Aimée, Jésus «la fait lever».

 

Elle quitte ainsi la position couchée, position de mort, pour être debout dans la position des vivants! Par la parole de Jésus, elle passe de la mort à la vie: «La fièvre la quitta et elle les servait».

 

Qu’est ce que cela veut dire? L'humanité, rendue à la vie par ce contact avec son Sauveur est restaurée dans sa vocation de «servante du Seigneur». Autrement dit, si nous sommes relevés, ce n’est pas pour être debout, mais pour servir! L’homme restauré par le contact avec son sauveur devient un homme nouveau, un homme-serviteur. «Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude» (Mc 10, 45).

 

En quelques mots, nous entendons toute la mission de Jésus, chercher et relever, mettre debout ceux qui sont couchés, ceux qui sont perdus.

 

Dans cette même page d’évangile, Jésus guérit encore toute sorte de malades. Je vous propose ce dimanche de réfléchir sur cet amour de Jésus pour les malades. La maladie fait peur. Dans le fond, nous avons tous peur d’être malade, parce que la maladie terrasse même l’homme le plus fort, l’obligeant à garder le lit et cesser son travail. Dans le fond, chaque maladie est comme un avant-goût de cette ultime maladie qui aura le dernier mot… et la saveur de la mort.

 

Nicolas Sarkozy, il y a 5 ans, lors des dernières présidentielles, avait affirmé n’avoir peur de rien, si ce ne n’est de son médecin, lorsqu'il vient lui communiquer les résultats de ses dernières analyses. Même si la science a fait et fera encore des progrès magnifiques, même, avec la médecine, elles donnent une espérance de guérison ou bien prolongent la durée de vie, la maladie (tout comme la mort) n’est pas et ne sera jamais complètement éradiquée. Il n’y aura jamais de remède contre la maladie et la mort, car maladie et mort font partie de la condition humaine.

 

La force de la foi chrétienne est de pouvoir donner un sens et une valeur à la souffrance causée par la maladie. C’est là le nœud! Pour nous chrétiens, la souffrance peut avoir un sens!

 

Avant la venue du Christ, on était convaincu que la maladie était toujours une conséquence d’un péché personnel à expier. On était malade parce que pécheur. Il fallait payer le péché par la souffrance. Avec Jésus les choses changent. Jésus «a pris nos souffrances, il a porté nos maladies» (Mt 8, 17). Sur la croix il a donné un sens nouveau à la souffrance humaine, y compris la maladie, elles n'ont plus le sens d’une punition mais celui d’une rédemption, d’un retour au bien.

 

L’Eglise nous enseigne que la maladie unit à Jésus, sanctifie, affine l’âme et prépare le jour où Dieu sèchera toute larme et où il n’y aura plus ni maladie, ni pleurs, ni souffrance.

 

Quel étonnement! dans le creuset de nos vies, la souffrance apporte de la profondeur. Etonnement encore, car elle nous rend vraiment solidaires des hommes souffrants et enfin, toujours dans l'étonnement, elle nous unit efficacement à Jésus souffrant pour nous. Ainsi la maladie et la souffrance ouvrent-elles comme un canal de relations privilégiées entre Jésus sur la croix et nous sur la terre.

 

Les malades ne sont pas des membres passifs dans l’Eglise. Ce sont même les membres les plus actifs, les plus précieux! Combien de saints, comme Marthe Robin ou Chiara Luce, couchés dans la souffrance offrent à Dieu leur vie? Aux yeux de Dieu, une heure de leur souffrance, supportée avec patience, peut avoir plus de valeur que toutes les activités du monde, si elles ne sont menées que pour elles-mêmes. On ne souffre pas pour rien. La souffrance offerte a du prix aux yeux de Dieu!

 

Un mot enfin à nous qui visitons les malades chez eux ou dans des centres d’accueil et de soin. Le malade a certes besoin de soins, de compétences scientifiques, mais il a plus encore besoin d’espérance. Aucun médicament ne peut le soulager autant que d’entendre le médecin lui dire: «J’ai de bons espoirs pour toi pour que tu t’en tires». Lorsqu’il est possible de le faire sans tromper, il faut donner de l’espérance aux malades! Le malade ne doit jamais être abandonné dans sa solitude. L’espérance chrétienne, c’est la vie plus forte que la mort pour celui qui croit en Jésus.

 

«J’étais malade et vous m’avez visité» (Mt 25).

 

Seigneur, nous voulons te prier pour nos frères malades. Presque tous les malades de l’Evangile ont été guéris quand quelqu’un les a amenés à Jésus en lui adressant une prière à leur attention.

 

La prière la plus simple est celle de Marthe et Marie pour leur frère Lazare: «Seigneur, celui que tu aimes est malade!».

 

Oui Seigneur, celui que tu aimes est malade…
apprends-moi à le visiter
et à lui donner un peu de mon temps.
Amen.

 

Père Jérome Jean


Dom Romain 02 février 2012 | 14h21

Que voilà un texte de

Que voilà un texte de circonstance! Alors, cher père, bon rétablissement suite à votre refroidissement.

Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée).

Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

Voilà, au plaisir de continuer à vous rédiger mes homélies.
Que Dieu vous bénisse!
Abbé Jérôme Jean Hauswirth

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