L'Assomption de la Vierge peint par Michel Sittow, vers 1500.
Assomption (Mt 14, 13 -21)
L’Assomption: c’est Marie qui est élevée au Ciel, corps et âme.L’originalité de cette affirmation de foi est que le corps de Marie est aussi au Ciel. Pour les gens ordinaires, la mort sépare le corps et l’âme: le corps reste sur terre dans l’attente de la résurrection, et l’âme monte au Ciel pour s’unir à Dieu après un temps de purification.
Pour Marie, il en fut différemment: elle est montée, nous dit Pie XII solennellement le 1er novembre 1950, elle est montée corps et âme dans la gloire de Dieu. Marie est donc corps et âme auprès de Dieu. Ainsi, il n’y pas de corps de Marie quelque part en Palestine. Il n’y a pas de cadavre de Marie, tout comme il n’y a pas de reliques de Marie. Marie est vraiment corps et âme auprès de Dieu. Toute entière unie à Dieu dans l’unité de sa personne. Elle préfigure ainsi ce qui nous arrivera un jour aussi: nous serons unis à Dieu dans l’unité de notre personne: corps et âme.
L’Assomption de Marie se confond facilement avec l’Ascension de Jésus! Distinguons brièvement «Ascension» de l’«Assomption». Ascension: Jésus monte au Ciel après sa résurrection. Il retourne à la maison, auprès du Père. Il monte de lui-même! Assomption, c’est Marie qui est élevée, au terme de sa vie terrestre, corps et âme auprès de Dieu. Elle est élevée par Dieu.
Qu’est-ce que cela nous apporte de savoir Marie corps et âme auprès de Dieu? Est-ce si important pour notre foi? Pourquoi avoir fait de cette affirmation un dogme, une vérité de foi, en 1950? La raison principale de l’Assomption de Marie est dans la droite ligne de sa conception immaculée, de ses mérites et de son couronnement au Ciel. En clair, l’Assomption de Marie, c’est achèvement d’une vie exceptionnelle. L’Assomption de Marie, c’est la logique d’une vie toute unie à la volonté de Dieu.
Ecoutons St Jean Damascène, un des meilleurs prédicateurs sur ce sujet: «Elle qui avait gardé sa virginité intacte dans l’enfantement, il fallait qu’elle garde son corps, même après la mort, exempt de toute corruption. Elle qui avait porté le Créateur dans son sein comme son enfant, il fallait qu’elle aille faire son séjour dans la lumière divine. Cette épouse que le Père s’était unie, il fallait qu’elle habite la chambre nuptiale. Elle qui avait contemplé son Fils cloué à la croix et qui avait reçu dans son cœur le glaive de douleur qui lui avait été épargné dans l’enfantement, il fallait qu’elle le contemple trônant avec le Père. Il fallait que la Mère de Dieu possède ce qui appartenait à son Fils, et qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la Mère de Dieu et sa servante ».
Qu’est-ce que tout cela veut dire? Eh bien que Marie, la mère de Dieu et sa servante, déploie maintenant pleinement sa maternité. Entendez comme c’est beau: celle qui a été parfaitement femme, parce que parfaitement vierge et parfaitement mère, celle-là devient maintenant mère de nouvelle manière, encore plus complète. Sa maternité dépasse celle de Jésus, le fils de Dieu, pour embrasser tous les hommes. Oui, au Ciel, dans la gloire de Dieu, la Vierge Marie est parfaitement notre Mère! Désormais, la mission de Marie est le rassemblement de tous ses enfants dispersés. En communion avec son fils, Marie attend juste un signe de notre part pour intercéder en notre faveur.
Ainsi cette fête de l’Assomption aurait aussi bien pu s’appeler: «Marie mère des hommes». En clair et en définitif: Marie étant toute à Dieu, elle est désormais aussi toute à nous. Et de notre côté, si nous sommes tout à elle, nous serons aussi tout à Lui. Que Marie soit notre mère pour nous engendrer à la vie éternelle.
Merci Seigneur pour l’Assomption de Marie,
tu l’as élevée corps et âme auprès de Toi.
Désormais commence à notre endroit sa maternité.
Marie, mère des hommes et mère de Dieu.
Marie, soit notre mère et notre guide sur cette terre.
Apprends-nous aimer à ressembler à ton Fils.
Marie aide-nous à croire ce que notre cœur désire:
Une vie plus forte que la mort,
Une foi qui embrasse l’invisible,
Une espérance certaine d’atteindre ce que la foi contemple
Et un amour qui nous unit et nous rassemble en un seul corps.
Sainte Marie, mère de Dieu, mère des hommes, priez pour nous, pauvres pécheurs.
Amen.
Père Jérôme Jean
Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée).
Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.
Voilà, au plaisir de continuer à vous rédiger mes homélies.
Que Dieu vous bénisse!
Abbé Jérôme Jean Hauswirth
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