Bon d’accord fiston. Je t’accorde encore un an ou deux pour assouvir tes fantasmes d’enfant, mais après il nous faudra, avec ton père, sortir nos «armes» de parents pour te faire mettre «une fleur à tes idées»… (Photo: Sabine Gisler) Mon garçon de 7 ans, ne m’en déplaise, voue une passion juvénile pour le monde militaire et guerrier! A maintes reprises, j’essaie de lui rappeler qu’un fusil ça tue des êtres humains, des papas, des mamans, des enfants. Rien n’y fait. Comme sa petite sœur rêve d’être une princesse; lui rêve de force, de puissance. Naturel pour un garçon de son âge, me direz-vous peut-être, cela lui passera? N’empêche que sa maman, elle, rêve d’un petit garçon dont le souhait est d’apporter un peu plus d’humanité, de joie à ce monde en folie! J’imagine déjà un sourire en coin sur votre visage!
Il faut qu’on en parle. J’invite mon guerrier à s’asseoir avec moi. Une discussion intéressante est lancée. «Dis-moi… pourquoi tu aimes autant les fusils et les militaires? Tu sais qu’ils ne servent qu’à tuer? Je te l’ai déjà dit. Alors pourquoi?». «Mais non maman. Moi, ce que j’aime, c’est les militaires qui défendent leur peuple avec les fusils, pas ceux qui tuent!». Connaissant la ruse de mon fils pour arriver chaque fois à ses fins, je poursuis. «La réponse est un peu facile tu ne crois pas? Ils défendent en tuant tout de même!» «Mais non maman, ils n’ont pas besoin de tirer car leurs fusils suffisent à faire peur! Et puis moi ce que j’aime c’est le fusil des chasseurs aussi!». Là je le tiens… pensais-je «Eh bien, justement, les chasseurs tuent avec leurs fusils!», «Oui, mais maman, depuis toujours les hommes ont chassés pour se nourrir. C’est pas méchant, c’est normal!». La discussion s’enchaîne en ping-pong, mon fils argumente avec détermination et… objectivité, parfois, je l’avoue.
Bon d’accord fiston. Je t’accorde encore un an ou deux pour assouvir tes fantasmes d’enfant, mais après il nous faudra, avec ton père, sortir nos «armes» de parents pour te faire mettre «une fleur à tes idées»…
Sabine Gisler
Parution Echo Magazine – no. 40
Retrouvez Sabine Gisler dans Echo magazine. Elle y tient la chronique "Comme une maman".
Une fois ouvert, consommer sans retenue (sans en parler à votre pharmacien). Convient à toute catégorie d’âge et de religion. Pas d’agent conservateur, seulement les piments et colorants naturels de vie.
Date péremption: jusqu’à prescription
Composants: douceur, humour, humilité, sincérité, patience et impatience aussi…
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