Le duc d’Édimbourg et la reine Élisabeth II lors de son couronnement en 1953. (Photo: dr)
«Je rends hommage à mon mari Philippe, qui a été une force constante et un guide». Ces paroles vibrantes sont tombées de la très royale bouche d’Elisabeth II, reine d’Angleterre. Son époux, Philippe Mountbatten, se tenait à ses côtés lors de ce discours prononcé devant le parlement de Westminster, en mars dernier, à l’occasion des cérémonies de son jubilé de diamant, 60 ans de règne.
Les illustres époux ont dépassé le stade des noces de diamant, puisque unis par le mariage depuis 65 ans. «Une force constante et un guide»... Il est extrêmement rare que la souveraine dévoile ainsi ses sentiments en public, noblesse oblige. Qui plus est devant une galerie de parlementaires et de responsables religieux. Ces paroles sobres, directes, dans une allocution orientée vers l’histoire du Royaume-Uni et son influence dans le monde, ont frappé.
«Une force constante et un guide»... L’âge aidant, les confidences – même publiques – revêtent encore davantage d’importance. Sa Majesté a semblé soudain moins lointaine, plus épouse, moins souveraine: son mari, comme peuvent l’être bien des conjoints, l’a soutenue durant toute sa vie. Emouvant aveu et mots de belle humanité. Et quel hommage au couple, fondement de la société, ferment de vie, fontaine d’équilibre. Les jeunes générations peuvent ainsi toucher à une base du développement humain durable. Le couple source de longévité, de constance, de persévérance. Une source qu’une reine de 86 ans s’autorise à confier après 65 ans de vie commune, quatre enfants (aux destins matrimoniaux chaotiques), 60 ans d’une vie vouée au service de l’Empire britannique.
Celle qui, à l’âge de 18 ans, conduisit des camions durant la Seconde Guerre mondiale, a démontré qu’elle a également su mener sa vie de femme au destin particulier. Il est des vieux couples qui donnent goût à la vie. Qu’ils soient reine ou simples sujets ne change rien. L’homme est une plante qui a besoin d’amour. Même en haut lieu.
Bernard Litzler
Bernard Litzler, directeur du Centre Catholique de Radio et Télévision (CCRT), nous fait l'honneur et l'amitié de tenir sur cath.ch une chronique politico-religieuse baptisée : "Rue Brique". Elle devient de plus en plus "Rue Briques" !
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