Une croix dans les montagnes valaisannes (Photo: Nicolas Amherd/©valais-community)
Un bus, un tunnel et un choc. Mortel. Tragique. Et 28 vies s’éteignent soudain, dont celles de 22 enfants. L’émoi est considérable. Le tunnel autoroutier de Sierre restera à jamais marqué de ce 13 mars 2012. Des enfants sont passés en une seconde de la blancheur des sommets enneigés à la nuit de la mort. Le tunnel a marqué la fin de leur voyage terrestre. Nous sommes frappés d’hébétude, d’incompréhension. Et nous devenons tous Belges, nous nous sentons proches, solidaires, unis dans la même douleur. Ces enfants sont devenus nos enfants. Ces skieurs sont nôtres.
Le Vieux-Pays s’unit au Plat Pays dans une même communion de souffrance. Nous imaginons les parents, les amis, les proches des enfants disparus, nous partageons l’espoir pour les survivants de ce drame incroyable et rare.
Que faire d’autre, de fait, que de se taire devant un tel déluge de sensations. Les «pourquoi?» et les «comment?» nous viennent à l’esprit, naturellement. Mais un flot d’informations et une vague d’émotions nous submergent. Il ne reste alors qu’à nous taire, à faire silence, à partager un chagrin et une espérance. Mon Dieu, comment un tel drame est-il possible? Comment des vies frêles, belles, pleines de sève, finissent-elles aussi rapidement? Nous sommes bouleversés, révoltés. Et sans voix.
Se taire et se mettre en communion profonde avec les victimes, leurs familles, leurs amis. Un échange secret, intime presque qui nous lie au-delà des mots, au-delà de la mort. En espérant, nous les vivants, être à la hauteur de cet événement. Car il appelle à la profondeur de notre cœur, à l’étendue de notre solidarité priante, à la densité de notre présence invisible.
Un voile passe sur le Valais. Ce printemps commençant a le poids de vies enlevées. Le réveil de la nature va garder la marque de jeunesses entravées, de vies arrachées, de deuils entamés. Quel souffle faudra-t-il pour nous enlever ce goût de mort? Il est des moments où, comme l’écrivait ce camarade d’école, on voudrait que le cauchemar prenne fin. Car nous sommes des êtres d’espérance. C’est ce qui nous donne le goût d’une vie qui n’aura pas de fin.
Bernard Litzler
Bernard Litzler, directeur du Centre Catholique de Radio et Télévision (CCRT), nous fait l'honneur et l'amitié de tenir sur cath.ch une chronique politico-religieuse baptisée : "Rue Brique". Elle devient de plus en plus "Rue Briques" !
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Oui nous sommes tous belges
Merci Bernard d'avoir trouvé la force d'écrire.Soyons-tous UN.