Mentionnant au passage la tragique récupération de certaines musiques par le nazisme, l’émission montre que la musique accompagne le plus souvent des efforts de paix. Ainsi, le chef israélien Daniel Barenboïm a-t-il fondé en 1999, avec le concours du Palestinien Edward Saïd, le West-Eastern Divan Orchestra, constitué de musiciens d’Israël, de Palestine et des pays arabes environnants. Réunir des musiciens de pays ennemis est un symbole fort qui montre que la musique peut être un instrument de paix et de réconciliation. Ainsi, en musique, l’harmonie ne concerne pas que les sons…
Pour s’écarter un peu des sujets traités dans «Geopolitis», on peut ajouter que l’on trouve également cette dimension unificatrice dans le domaine de la musique sacrée. On n’insistera jamais assez sur le fait que la musique a été un trait d’union entre les confessions chrétiennes, au moment même où les guerres de religion faisaient rage. Les compositeurs italiens ou français influençaient les musiciens réformés allemands et vice-versa, dans une estime mutuelle. De nombreuses musiques d’une confession pouvaient être reprises dans une autre, en changeant simplement le texte, comme lorsque le «Stabat Mater» de Giovanni Battista Pergolesi est devenu, chez Bach, la cantate «Tilge, Höchster, meine Sünden»…
«Sacrée musique…» vous parle de préférence de musique dite sacrée. Ce que «Geopolitis» et sa description de l’orchestre pacifiste de Barenboïm pourrait nous enseigner est que la musique est sacrée en soi. Si cet art est souvent précurseur dans les efforts de paix et de réconciliation, c’est probablement qu’elle est d’inspiration divine. Les penseurs médiévaux imaginaient que la musique humaine était un reflet du chœur des anges. Cela expliquerait pourquoi, malgré les tragiques récupérations politiques, la musique, comme langage universel, sait si bien unir des personnes que tout oppose.
Damien Savoy
Voir l’émission Geopolitis