Se décentrer
Mt 13, 44-52 L'évangile de ce dimanche parle d'une perle de...
4ème dimanche de Pâques Jean 10,1-10
En ce dimanche de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses,
une question m'habite : ne vise-t-on pas trop haut en proposant aux jeunes
et moins jeunes de se mettre corps et âme à la suite du Christ ? Ne faudrait-
il pas d'abord un terreau suffisant pour que puisse germer une vocation ? Je
m'explique.
A la question de la baisse des vocations un peu partout en Suisse, le regretté
Mgr Genoud, a eu cette réponse surprenante mais à mon avis tout à fait
lucide : pour le nombre de pratiquants, il y a encore assez de prêtres. Il ajoutait
que les paroisses doivent devenir mères pour engendrer les pères dont elles
ont besoin. Il faut qu'elles manifestent le désir d'une présence sacerdotale et
religieuse, il importe qu'elles disent si oui ou non elles ont besoin d'un berger
pour les conduire.
Si oui, il est souhaitable qu'elles transmettent aux générations nouvelles une
vraie connaissance du Christ et de son message. Et c'est certainement là
qu'il convient de concentrer ses efforts car la tâche est ardue. Les enfants, les
jeunes, les adultes ne voient souvent pas comment l'Évangile peut changer leur
vie et surtout aujourd'hui plus que jamais retentit la voix des sirènes qui est bien
plus puissante et séduisante que celle du bon pasteur.
La vocation est pour moi liée à la foi. Avant de réclamer des prêtres, des
religieux, des religieuses, il faut demander au Seigneur, des croyants qui
deviendront par la suite capables de faire le grand saut de la vocation.
Aimer le Christ et le faire aimer doit être la préoccupation principale de tout
chrétien, des parents jusqu'aux responsables d'Église. Une foi sincère et
rayonnante est donc nécessaire. Elle ne le sera que dans la mesure où nous
garderons dans le coeur cette certitude bienheureuse d'être "choisis par le
Père" pour être "témoins de sa tendresse".
Chne Calixte Dubosson