Après ces considérations générales sur l’assistance au suicide, examinons l’initiative d’Exit. En voici le texte qui prendrait place dans la loi vaudoise sur l’organisation sanitaire:
Les EMS qui bénéficient de subventions publiques doivent accepter la tenue d’une assistance au suicide dans leur établissement pour les résidents qui en font la demande à une association pour le droit de mourir dans la dignité ou à leur médecin traitant.
Dans le canton de Vaud, il y a environ cent cinquante EMS. Seuls cinq d’entre eux ne reçoivent pas de subventions publiques. L’initiative concerne donc la quasi-totalité des EMS vaudois. A première vue, elle tend seulement à généraliser une pratique rare mais existante, déjà tolérée dans bon nombre d’EMS. Toutefois, pour les EMS qui n’en veulent pas, généraliser veut dire imposer. Mais la loi ne peut imposer qu’une démarche positive, légitime, bienfaisante. Or le suicide, en particulier le suicide assisté dans le cadre d’un EMS, est un acte socialement perturbant, négatif. En l’imposant dans tous les EMS, l’initiative fait d’un acte négatif un acte banal, anodin. Et comme cela résulterait d’une loi, cet acte paraîtrait même légitime.
La liberté personnelle garantie par l’article 10 de la Constitution fédérale inclut certes celle de disposer de son corps, de sa vie. Mais elle ne comprend pas le droit d’imposer à des EMS la tenue en leurs murs d’une démarche totalement contraire à la mission fondamentale de ces établissements de soins : accompagner et soigner. En venant à l’EMS, le résident entre dans une communauté qui a un but et des règles subordonnées à ce but. Le désir d’un résident de se suicider n’est pas préférable au désir d’un EMS de ne pas accepter chez lui la négation de ses efforts.
Voilà pourquoi l’initiative d’Exit n’est pas acceptable.
Philippe Gardaz
Valdo, c’est l’équivalent de vaudois , en latin valdensis ou waldensis, c’est-à-dire forestier. Et je suis vaudois. Un Vaudois de toujours, issu du bailliage d’Orbe-Echallens, commun à Berne et Fribourg de 1484 à 1798. Grâce à Leurs Excellences de Fribourg, que je remercie au passage, le culte catholique y subsista.
Ecclésial. Il me paraît évident que sur cath.ch, le sujet principal soit l’Eglise. L’Eglise particulière, diocésaine, l’Eglise universelle, l’Eglise en Suisse, l’Eglise dans le canton de Vaud, les Eglises non romaines, bref l’Eglise du Christ sous toutes ses formes.
Le 17 juin 2012, le canton de Vaud s'est prononcé sur l'aide ...
[lire la suite...]Selon le texte soumis au vote populaire, le médecin responsable ...
[lire la suite...]Les citoyennes et les citoyens du canton de Vaud se sont infligé, le ...
[lire la suite...]Si l’on considère ensemble tous les avis exprimés sur ...
[lire la suite...]Une dizaine d'EMS vaudois ainsi que des représentants de ...
[lire la suite...]L'obligation de l'assistance au suicide dans les ...
[lire la suite...]Les Eglises de la FREE et des représentants de l'Eglise catholique dans le ...
[lire la suite...]La Fédération romande d'Eglises évangéliques ...
[lire la suite...]Comment terminer "dignement" sa vie? Cette question a pris une ...
[lire la suite...]"Comme cette votation comporte des aspects éthiques, voire ...
[lire la suite...]
Bravo!
À votre conclusion, Philippe Gardaz, on peut ajouter: "Et le contre-projet non plus." Le DOUBLE NON est la seule façon de préserver la liberté des EMS.