22.05.2013 | Férie du Temps ordinaire | Si 4,11-19 Mc 9,38-40
03 octobre 2012

Saint Chrodegang

Jb 9,1-12.14-16  Première lecture

Aux reproches de ses amis Job répondit : « Je sais bien que vos paroles sont vraies. Comment l'homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ? Si l'on s'avise de discuter avec lui, on ne trouvera pas à lui répondre une fois sur mille. Serait-on plein de sagesse et d'une force invincible, on ne lui tient pas tête impunément. C'est lui qui soudainement déplace les montagnes, qui les renverse dans sa colère;il secoue la terre sur sa base, et fait vaciller ses colonnes. Il donne un ordre, et le soleil ne se lève pas, il enferme les étoiles derrière une porte scellée. À lui seul il déploie les cieux, il marche sur la crête des vagues. Il fabrique la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et les constellations du Sud. Il est l'auteur d'œuvres grandioses et insondables, ses merveilles sont innombrables. S'il passe à côté de moi, je ne le vois pas ; s'il s'éloigne, je ne m'en aperçois pas. S'il empoigne quelqu'un, qui donc lui fera lâcher prise, qui donc osera lui demander : 'Que fais-tu là ?' Et moi, je prétendrais lui répliquer, je chercherais des arguments contre lui ! Même si j'ai raison, à quoi bon me défendre ? Je ne puis que demander grâce à mon juge. Même s'il répond à mon appel, je ne suis pas sûr qu'il écoute ma prière ! »

Lc 9,57-62  Évangile

En cours de route, un homme dit à Jésus: «Je te suivrai partout où tu iras.» Jésus lui déclara: «Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête.» Il dit à un autre: «Suis-moi.» L'homme répondit: «Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père.» Mais Jésus répliqua: «Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu.» Un autre encore lui dit: «Je te suivrai, Seigneur; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison.» Jésus lui répondit: «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu.» 

Commentaire

 

Un compagnon de saint François d'Assise (13ème siècle) 
Sacrum commercium, 22 (trad. Vorreux, Documents, p. 1289 rev. ; cf AELF)
 
«Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête»
 
Ô Dame Pauvreté, le fils du Père souverain «est devenu amoureux de ta beauté» (Sg 8,2)..., sachant que tu serais sa plus fidèle compagne. Avant qu'il ne descende de sa patrie lumineuse, c'est toi qui lui a préparé un endroit convenable, un trône où s'asseoir, un lit où se reposer: la Vierge très pauvre, de qui il est né. Dès sa naissance tu as été à son chevet; on l'a déposé «dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place à l'hôtellerie» (Lc 2,7). Et tu l'as accompagné toujours, tant qu'il était sur terre: «Les renards avaient leurs tanières, les oiseaux leurs nids, mais lui n'a pas eu de lieu où reposer sa tête». Quand il s'est mis à enseigner lui-même, après avoir laissé les prophètes parler en son nom, c'est de toi la première qu'il a fait la louange: «Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux!» (Mt 5,3)
 
Puis, lorsqu'il s'est choisi quelques amis comme ses témoins pour le salut de l'humanité, il n'a pas appelé de riches commerçants, mais des pêcheurs modestes, afin de montrer à tous combien l'estime qu'il te portait à toi, Dame Pauvreté, devait engendrer de l'amour pour toi. Finalement, comme s'il fallait une preuve éclatante et définitive de ta valeur, de ta noblesse, de ton courage, de ta prééminence sur les autres vertus, tu as été la seule à rester attachée au Roi de gloire alors que les amis qu'il s'était choisis l'avaient abandonné.
 
Toi sa fidèle compagne, sa tendre amante, tu ne l'as pas quitté un instant ; tu t'es attachée même d'autant plus à lui que tu le voyais davantage et plus universellement méprisé... Toi seule, tu le consolais. Tu ne l'as pas quitté «jusqu'à la mort, à la mort sur une croix» (Ph 2,8), nu, les bras étendus, mains et pieds cloués..., si bien qu'il ne lui restait plus rien à montrer de sa gloire que toi.

Saint du jour