Zitouna, la mosquée de l’olivier à Tunis (Photo: www.mosquee-lyon.org) Jadis considérées comme des oasis de paix et de piété, les mosquées sont maintenant devenues des lieux de tension et des foyers de rivalités entre les salafistes, groupes radicaux musulmans, et les fidèles qui pratiquent un islam modéré.
De plus en plus, pendant les moments de prières, les militants barbus sèment le trouble. Des prédicateurs sont muselés, d'autres sont agressés. Les prêches s'achèvent dans le désordre, en queue de poisson.
En plus, les militants salafistes perturbent en permanence les heures d'ouverture et de fermeture des mosquées, distribuent à l'entrée et à l'intérieur de ces mosquées des tracts faisant l'éloge du salafisme. Ces tracts sont parfois distribués aux fidèles, en plein appel à la prière.
En guise de "renaissance islamique", ils ont envahis les alentours des mosquées, avec partout, des étals anarchiques où ne sont exposés à la vente, que les tenues traditionnelles de la religion et les produits d'encens importés de la Mecque et d'Afghanistan, peut-on lire dans l'édition de lundi de "La Presse". Le journal précise que la police municipale n'a jamais réussi à enlever ces étals anarchiques, devenus encombrants.
A l'intérieur des mosquées, c'est la rivalité entre les salafistes et les autres fidèles, chacune des deux parties cherchant à imposer sa domination ou son hégémonie sur les lieux de culte. Les incidents y sont désormais monnaie courante. A la mosquée de la Cité Ghezala, dans le gouvernorat ou région de l'Ariana, au nord du pays, des fidèles salafistes barbus et non salafistes d'une mosquée en sont même arrivés aux mains, pour "incompatibilité d'humeur et de conviction". Pour les salafistes, touts ceux qui ne sont pas avec eux sont "les ennemis de l'islam".
"Cela fait 40 ans que je fais mes prières à la mosquée. Et j'avoue amèrement que ce qu'on voit aujourd'hui dans ce lieu de culte est du jamais vu", déplore un vieil habitué d'une mosquée à Tunis, la capitale. "Nos mosquées sont devenues pratiquement infréquentables, voire inaccessibles", s'est-il indigné, avant de s'interroger: "à quand la fin de la fuite en avant des autorités? Pourquoi ces barbus continuent-ils de sévir et de faire la loi en toute impunité?"
Autant d'interrogations qui sonnent comme un malaise profond auprès des Tunisiens dont beaucoup commencent à regretter le régime déchu de Ben Ali. "En dépit des manœuvres basses de ses milices et de sa police secrète, il n'a pas causé autant de dégâts à nos mosquées", déclare un fidèle à "La Presse". "Etant donné qu'aller à la mosquée est devenu, de nos jours, une véritable aventure aux conséquences imprévisibles, j'ai décidé, sans doute à l'instar de milliers d'autres fidèles, de ne fréquenter ces lieux de culte que les vendredi. Pourvu que j'en sorte à bon compte", a-t-il ajouté.
Pour tenir tête aux intimidations et agressions des salafistes, les prédicateurs et prêcheurs de mosquées se sont regroupés récemment au sein d'un syndicat. A travers cette structure, ils espèrent mieux se battre et se protéger contre les "visées expansionnistes des salafistes".
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