21.05.2013 | Férie du Temps ordinaire | Si 2,1-11 Mc 9,30-37

Ballestraz | 11 mai 2011 | 03h47
3 commentaires

Crise des vocations - crise de la société ?

Muraz: Entretien avec l'abbé Jérôme Hauswirth, responsable du service des vocations du diocèse de Sion et curé des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est interrogé par le Père David Roduit du Diocèse de Sion.
L'Abbé Hauswirth, curé des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz (Photo: Jean-Luc Ballestraz) L'Abbé Hauswirth, curé des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz (Photo: Jean-Luc Ballestraz)

Chaque baptisé est appelé par Dieu à devenir un saint. Certains de ces baptisés sont appelés par Dieu à devenir prêtre. La vocation de prêtre se comprend comme un service sacré pour aider les baptisés à réaliser leur vocation. Mais voilà, aujourd'hui, il y de moins en moins de prêtre dans notre diocèse. A l'époque actuelle, Mgr Norbert Brunner a consacré à peine plus de 20 prêtres en 15 ans d'épiscopat, alors que, pendant ce même temps, il en a enterré plus de 80. A ce rythme, on ne trouvera peut-être plus que 30 prêtres actifs dans notre diocèse en 2025.

 

Peut-on vraiment parler de crise des vocations ? *

Abbé Hauswirth : Je ne pense pas que nous puissions parler de crise des vocations. Une vocation (du latin vocare), c'est avant tout un appel. Et cet appel vient toujours de Dieu. Parler de crise des vocations signifierait que l'appelant est en crise, ce qui n'a aucun sens ! La crise n'est pas du côté de Dieu, comme s'il n'appelait plus, la crise est du côté de la réponse à cet appel. La crise est de notre côté, du côté des appelés.

 

Et de fait, je pense qu'aujourd'hui il est devenu très difficile d'entendre l'appel du Seigneur, parce qu'il y a un déficit de vie spirituelle, de communion et d'amitié avec Jésus. Pour entendre l'appel, il faut  «avoir les bons écouteurs» ! Il faut être en relation avec le Seigneur et avoir la volonté droite de s'ajuster à sa volonté. Fondamentalement, il s'agit de croire que Dieu a un projet personnel pour chacun, et que notre bonheur consiste à découvrir ce projet et d'y engager notre vie.

 

Est-ce que ce déficit de vie spirituelle est la seule cause à cette «crise de la réponse»? 

Non, évidemment, je pense qu'il faut ajouter que nous vivons aujourd'hui une véritable crise de tous les engagements. Le mariage est en crise, la natalité est en crise, les engagements en politique ou dans les sociétés sont en crise. Bref la crise est générale. Notre société soufre d'individualisme. Dans tous les domaines, il faut toujours plus creuser pour trouver des personnes capables d'œuvrer pour le bien commun. 

 

Il est souvent question du célibat pour justifier le peu de candidat au sacerdoce…

C'est une erreur. Nos frères protestants peuvent être pasteurs mariés et même divorcés remariés et ils connaissent pourtant une pénurie de vocations au moins aussi grande que la nôtre. Cet argument ne tient pas. Aujourd'hui le célibat est un signe suspect, parce que l'on ne croit plus en des vertus comme la «chasteté» ou la «continence parfaite» pour le Royaume de Dieu. Mais j'en suis convaincu : lever l'obligation du célibat pour les prêtres n'est pas une solution. Le célibat est un signe de contradiction. Il faut le garder. Mais de fait, dans une société hyper-sexualisée, hyper-érotisée, il est plus difficile qu'auparavant de vivre le célibat dans la chasteté. Mais la vraie raison de celui-ci est mystique et non disciplinaire.

 

Comment faire pour changer d'état d'esprit et avoir de nouvelles vocations ?  
Le pape Benoît XVI le disait récemment : “la vie spirituelle est un pilier de la pastorale des vocations”.  Une vocation au sacerdoce n'est pas le fruit d'une stratégie humaine, mais elle est le fruit d'une intense vie spirituelle. Vrai pour un jeune qui perçoit confusément l'appel, mais vrai aussi et surtout pour nos communautés : si elles ne prient pas pour avoir des vocations, si le désir n'est pas réel et concret, Dieu pourra appeler tant qu'il voudra, personne ne l'entendra. C'est pour cela qu'il est si important de prier, au quotidien, «le maître de la moisson de donner des ouvriers pour sa moisson.» C'est un devoir et individuel et communautaire !

 

Est-ce que la crise n'est pas aussi du côté du clergé qui n'ose plus interpeller explicitement ?
Oui, j'en suis convaincu. Aujourd'hui, la plupart des vocations s'opèrent sur le mode d'un appel personnel, intérieur. Je crois que l'Église, et en particulier les prêtres, doivent faire un travail pour oser appeler beaucoup plus concrètement. Mais dans tous les cas, le témoignage limpide et transparent de foi, d'espérance et de charité, est le meilleur détonateur pour susciter de nouvelles vocations. 

 

Que faites-vous concrètement dans le diocèse de Sion pour les vocations ? 

La mission que l'évêque nous a confiée est de prier et de faire prier pour les vocations. En ce sens, nous avons conçu des bougies de prières pour les vocations. Accompagnées d'une prière pour les vocations, elles se veulent des invitations concrètes et explicites à prier à cette intention. Nous sommes en train des les distribuer aux prêtres et agents pastoraux, afin que, les diffusant autour d'eux, ces prières deviennent « le levier qui soulève le monde » et lui donnent enfin les vocations dont il la tant besoin.

 

Finalement, ne risque-t-on pas de se décourager ?

Non, car dans le cœur de chacun résonne le “suis-moi” de Jésus aux disciples. Et ces simples mots ont à jamais changé le sens de leur vie. Ce qui fut vrai pour eux l'est aussi pour nous !

 

*Propos recueillis par l'abbé David Roduit.

 

Journée de prière pour les vocations le samedi 14 mai à Sion. 

14h00 à 17h00 : projection du film de Xavier Beauvois, « Des Hommes et des Dieux », à l'aula du collège de la Planta, suivie d'un forum de discussion animé par sœur Marie-Paule Mermoud, du couvent des Bernardines à Collombey.

 

17h15 : adoration eucharistique et confession à la cathédrale.

 

18h00 : eucharistie présidée par notre évêque.

 

19h00 : repas convivial sur le parvis de la cathédrale.


Ballestraz | 11 mai 2011 | 03h47 | © Utilisation des articles et toute reproduction partielle ou intégrale faite sans autorisation de la part de l'éditeur est interdite et illégale.
ID de l'article : 1766
Hervé Farine 16 mai 2011 | 15h05

célibat, vraiment ?

Bonjour abbés David et Jérôme,
Merci pour votre travail de sensibilisation et d'encouragement à prier pour les vocations presbytérales. Le 5 juin à Porrentruy, dans le Jura, nos prières seront exaucées par l'ordination de trois nouveaux prêtres. C'est une grande joie !
Je regrette cependant la manière avec laquelle la question sur le lien entre célibat et prêtrise est traîtée. Ne peut-on vraiment pas être appelé à devenir prêtre quand on est époux et papa ? Est-ce incompatible ?
Si, comme vous l'affirmez - et je suis entièrement d'accord avec vous -, "l'appelant" n'est pas en crise, n'appelle-t-il pas aussi des hommes mariés ou même des femmes à devenir prêtre ? Qu'en savons-nous ? Ne serait-ce pas l'Eglise qui est en crise en refusant systématiquement de s'ouvrir à ces nouveaux appels ?
Avec vous, je prie pour les vocations ; à mon tour, je vous invite à prier avec moi pour que l'Eglise ordonne prêtre toutes les personnes que Dieu appelle.
Au plaisir de vous revoir, peut-être le 5 juin à Porrentruy !
Abbé Jérôme Hauswirth 16 mai 2011 | 22h53

Réponse à Hervé, à propos du célibat des prêtres

Question : Ne peut-on vraiment pas être appelé à devenir prêtre quand on est époux et papa ? Est-ce incompatible ? Si, comme vous l'affirmez - et je suis entièrement d'accord avec vous -, "l'appelant" n'est pas en crise, n'appelle-t-il pas aussi des hommes mariés ou même des femmes à devenir prêtre ? Qu'en savons-nous ? Ne serait-ce pas l'Eglise qui est en crise en refusant systématiquement de s'ouvrir à ces nouveaux appels ?
Réponse : Ce qui authentifie l’appel c’est l’Eglise. Si un homme marié ou une femme dit « être appelé à devenir prêtre », s’il ou elle le dit avec sincérité, cela malheureusement ne suffit pas. Ce qui fonde la véracité de l’appel c’est l’Eglise. Il faut donc un double « oui » : « oui » de l’appelé et le « oui » de l’appelant. C’est un peu comme pour se marier : il faut être deux. Donc aujourd’hui, dans l‘Eglise catholique romaine, il n’y a pas de vraies vocations d’hommes mariés ou de femmes pour devenir prêtre. Mais cela n’enlève rien à leur dignité. La plus grande des vocations, c’est la vocation de baptisés qui appelle chacun à la sainteté.
Abbé Jérôme Hauswirth
RODRIGUE 02 juillet 2012 | 11h27

VOCATION

Bonjour,je suis jeune Camerounais.Je désire devenir pretre en Suisse compte tenu de la crise des vocations;je suis étudiant en Philosophie à l'Université de Yaoundé.Merci de me préciser la procédure à suivre.
Mon mail:yenantorod@gmail.com
ou alors yene.rodrigue@yahoo.com


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