La prison de Guantánamo, 10 ans d’horreur (Photo: Culdesac / fotolibre / CC BY-SA 2.5) 171 prisonniers sont toujours détenus à Guantánamo, malgré la promesse faite par le président américain, Barack Obama, de fermer la prison d'ici au 22 janvier 2010. Parmi eux, 89 sont considérés comme libérables et attendent d'être renvoyées dans leur pays d'origine ou transférées dans un pays tiers. Un seul fait actuellement l'objet de poursuites judiciaires, rapporte un communiqué d'ACAT-France. L'administration prévoit de détenir au moins 46 personnes indéfiniment, sans qu'il soit retenu aucune charge à leur encontre, sous le prétexte qu'elles représentent un danger pour la sécurité. En dix ans, un seul détenu a été transféré aux Etats-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun.
L'avenir des prisonniers de Guantánamo s'est encore assombri avec la signature de la Loi d'autorisation de la défense nationale (NDAA), le 31 décembre 2011 par le président Obama. Ce texte légalise la détention illimitée, sans inculpation ni procès. Il élargit les pouvoirs de l'armée dans la lutte antiterroriste, portant un nouveau coup au respect des droits de l'homme aux États-Unis.
En 2010, les autorités ont évoqué des "centaines d'enquêtes sur des allégations de violations des droits des détenus" survenues à Guantánamo et "l'adoption de centaines de mesures disciplinaires". Dans les faits, l'impunité est restée de mise pour les instigateurs et les auteurs de tortures, rappelle ACAT-France.
A l'occasion de l'anniversaire de l'ouverture de Guantánamo, l'organisation de confession chrétienne rappelle que la détention prolongée, en dehors de toute procédure judiciaire, porte atteinte à la dignité humaine. Elle constitue une violation du droit international et condamne fermement la promulgation de la Loi d'autorisation de la défense nationale.
L'ACAT appelle le président Obama à respecter la promesse de fermer le centre de détention de Guantánamo, à organiser le retour de tous détenus libérables dans leur pays ou dans un pays d'accueil, à libérer les personnes détenues arbitrairement à Guantánamo et en Afghanistan ou à les traduire en justice, à poursuivre les auteurs de tortures et autres violations des droits de l'homme perpétrées au nom de la lutte contre le terrorisme.
En 2002, les premiers "ennemis combattants" étaient incarcérés dans le centre de détention de Guantánamo, devenu le symbole des violations des droits de l'homme perpétrées par l'administration américaine, après les attaques du 11 septembre 2001.
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