Cath.ch | 25 avril 2011 | 08h26
Lancement du site internet cath.ch

Interventions de Mgr Broccard et Mgr Werlen, parrains de cath.ch

Intervention du chanoine Bernard Broccard
Vicaire général de Sion, président de la COR

La Suisse est une véritable mosaïque de particularités. Nous sommes riches de quatre régions linguistiques dont la Suisse romande. Celle-ci, pour ne parler que d’elle, est également une mosaïque en elle-même, formant de loin l’image d’un pays romand que l’on chante volontiers en chœur, uni par la même langue et la même culture. Mais si nous regardons cette mosaïque de plus près, nous nous rendons vite compte qu’il y a énormément de diversités entre les cantons et même à l’intérieur des cantons. Et si nous parlons de l’Église catholique, nous retrouvons la même diversité avec des diocèses qui ne correspondent ni aux frontières cantonales ou nationales, ni aux frontières linguistiques. Sans parler des rapports entre Églises et États qui sont différents dans chaque canton. Autrement dit, même si on peut avoir l’impression de faire partie d’une réalité romande, force nous est de constater que les pierres de la mosaïque qui composent l’image de la Suisse romande ne sont pas toujours reliées entre elles par du ciment. Mais ce constat, cette prise de conscience est aussi un appel.

En effet, en 1971, les supérieurs majeurs de Suisse romande et le Conseil des vicaires généraux d’alors demandent la constitution d'un groupe des évêques de Suisse romande. La nécessité se fait également sentir d’avoir une sorte de « Conseil pastoral romand » car de plus en plus de choses prennent corps au niveau de la Suisse romande et il faut bien les gérer ensemble. C’est ainsi que la Conférence des ordinaires de la Suisse romande (la COR) est née et sa structure actuelle remonte à 1996. Une instance financière romande a également vu le jour dans un but similaire.

La conscience de faire partie d’une Église catholique en Suisse romande est donc récente, mais elle devient de plus en plus forte. Les médias ont certainement joué un rôle important dans cette prise de conscience qui a fait naître cette volonté de travailler davantage ensemble. Si certains médias écrits romands subsistent encore, ils sont souvent supplantés par des publications qui nous viennent de France avec qui nous partageons la langue et la culture. Mais ces médias français sont aussi éloignés de notre réalité romande. Et nos identités ecclésiales romande ne s’y retrouvent pas. Avec l’évolution des médias, grâce à des précurseurs convaincus, nous sommes passés au premier site internet romand avec c@tholink. En effet, comme beaucoup de gens aujourd’hui, quand nous avons besoin d’informations, nous n’allons pas chercher dans une bibliothèque ou dans une revue. Nous regardons sur internet. C@tholink a ainsi pu offrir une belle palette d’informations. Mais l’actualité de chaque région romande n’était pas assez présente. Il fallait faire mieux.

Le rapport Rüthimann sur l’information catholique en Suisse romande, commandé par les évêques suisses, proposa alors une solution. La création d’un portail romand avec des moyens suffisants pour être toujours à la pointe de l’actualité en Suisse romande et sur ce qui se passe dans le monde avec un regard romand. À mon avis, cath.ch est le portail dont l’Église catholique en Suisse romande a besoin aujourd’hui pour que l’information passe toujours mieux entre les différentes réalités en Suisse romande et que les pierres de la mosaïque ecclésiale romande soient toujours mieux reliées entre elles par un Esprit commun et par une plus grande volonté de synergie.
 
De plus, je crois que cath.ch contribuera aussi à donner chez nous et dans le monde l’image d’une Église romande vivante et dynamique. Et Dieu sait si une bonne image de l’Église peut aider les hommes et les femmes de notre temps à s’intéresser de plus près à la Bonne Nouvelle que nous avons pour mission de proclamer sans relâche, y compris sur des sites internet !

Je suis donc très heureux de me retrouver aujourd’hui ici à Lausanne, au nom de la COR, pour le lancement du site internet cath.ch. C’est une superbe réalisation qui, j’en suis sûr, portera ses fruits avec la collaboration fidèle de toutes les personnes chargées d’informations dans les différents diocèses en Suisse romande. Un grand merci à tous ceux qui ont permis la réalisation de ce portail romand et bon vent pour ce site prometteur.
Merci de votre attention.

 

Intervention de Monseigneur Martin Werlen

Père abbé d'Einsiedeln et représentant des Evêques de Suisse à la Commission pour la communication et les médias.

Mesdames, Messieurs!

L’Eglise est une réalité riche en tradition. La communication fait partie de cette tradition. S’ouvrir à des situations différentes et nouvelles fait partie de cette tradition. De plus: Le terme ‚catholique‘ qui signifie ‘universel’, définit l’Eglise comme réalité ouverte. C’est pour cela que le Concile Vatican II a parlé de l’importance de la communication. En 1971 la remarquable instruction pastorale “Communion et Progrès”, voulue par le Concile, a été approuvée par le Pape Paul VI.

L’instruction dit avec des paroles très claires: “Durant son séjour sur cette terre, le Christ s'est révélé lui-même le parfait ‘Communicateur’. Devenu, par l'Incarnation, semblable à ceux qui devaient recevoir son message, il a proclamé celui-ci avec puissance et sans compromission, par ses paroles et par toute sa conduite, vivant au milieu de son peuple, adoptant la façon de s'exprimer et de penser conforme à son pays et à sa condition” (11).

D’ici l’Eglise doit prendre au sérieux sa vocation de communication. L’Eglise ne se proclame pas elle-même. L’Eglise proclame l’Evangile. ”Communication et dialogue sont donc nécessaires aux catholiques”, dit l’Instruction “Communion et Progrès” (114). Communication et dialogue ne sont donc pas quelque chose ‘nice to have’.
Il ne faut pas oublier: Avant toute communication vers l’extérieur, il faut écouter.

Le nouveau site internet cath.ch est en premier lieu une occasion d’écouter, d’écouter même les critiques, comme Saint Benoît dit: Si l’hôte “fait quelques observations ou suggère quelques propositions raisonnable, l’abbé réfléchira pour savoir si, par hazard, le Seigneur ne l’a pas envoyé précisément dans ce but” (RB 61,4). Saint Benoît sait bien qu’il est plus facile d’accepter une critique si elle est exprimée “dans un esprit d’humilité et de charité” (RB 61,4).

Le site internet cath.ch rend possible d’écouter mieux les jeunes. Ici il s’agit d’une question centrale pour l’Eglise. Je veux citer de nouveau Saint Benoît. Il écrit: “Chaque fois que des questions importantes doivent être traitées dans le monastère, l’abbé convoquera toute la communauté et expliquera personnellement de quoi il s’agit. Après avoir écouté attentivement l’avis de ses confrères, il réfléchira bien et décidera ce qu’il aura jugé le plus utile.” Et maintenant, écoutez bien: “Nous avons dit qu’il fallait convoquer tous les frères en conseil car souvent le Seigneur peut aussi révéler la meilleure solution à celui que est le plus jeune” (RB 3,1-3). A la fin du même chapitre le patron de l’Europe écrit: “Lorsqu’il s’agira de discuter de questions de moindre importance pour le bien du monastère, l’abbé recourra simplement au conseil des plus anciens” (RB 3,12).

Je suis convaincu: L’homme moderne écoutera seulement si l’Eglise elle-même se met à l’écoute. L’homme moderne nous aide à écouter, ainsi: il nous provoque à écouter.

Comme dans la tradition, l’Eglise peut proclamer aujourd’hui l’Evangile, en utilisant tous les moyens de communication, qui sont des “dons de Dieu” (2). Je veux mentionner surtout les "Social Media".

De l’expérience personnelle je peux dire que twitter e facebook sont vraiment l’aréopage de notre temps. Comme Saint Paul il faut être présent. Il faut écouter. Il faut parler du dieu inconnu. Comme partenaire, pas d’en haut. Je suis accepté et respecté comme homme de l’Eglise. J'ai été invité pour des congrès comme TEDX-Zürich où j’ai pu parler de la Règle de Saint Benoît et de la vie monastique (http://www.youtube.com/watch?v=GFPQV7jEJBM).

C’est le Pape Benoît XVI lui-même qui dit dans son message pour la journée mondiale des communications sociales: “Je voudrais inviter, de toute façon, les chrétiens à s'unir avec confiance et avec une créativité consciente et responsable dans le réseau de relations que l'ère numérique a rendu possible. Non pas simplement pour satisfaire le désir d'être présent, mais parce que ce réseau est une partie intégrante de la vie humaine. Le web contribue au développement de nouvelles et plus complexes formes de conscience intellectuelle et spirituelle, de conviction partagée. Même dans ce champ, nous sommes appelés à annoncer notre foi que le Christ est Dieu, le Sauveur de l'homme et de l'histoire, Celui dans lequel toutes choses trouvent leur accomplissement (cf. Ep. 1, 10). La proclamation de l'Évangile demande une forme respectueuse et discrète de communication, qui stimule le cœur et interpelle la conscience; une forme qui rappelle le style de Jésus Ressuscité lorsqu’il se fit compagnon sur le chemin des disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24,13-35), qui furent conduits graduellement à la compréhension du mystère à travers la proximité et le dialogue avec eux, pour faire émerger avec délicatesse ce qu’il y avait dans leur cœur.“

Je remercie toutes les personnes qui se sont engagées au nouveau projet. Que Dieu nous aide à l’utiliser pour écouter et proclamer!


Cath.ch | 25 avril 2011 | 08h26 | © Utilisation des articles et toute reproduction partielle ou intégrale faite sans autorisation de la part de l'éditeur est interdite et illégale.
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