Visage du Christ peint par Antonello da Messina, toile de fond de la pièce de théâtre controversée ’Sur le concept du visage du fils de Dieu’ de Romeo Castellucci (Photo: dr) Mille cinq cents personnes se rassemblent, le 29 octobre 2011 à Paris, pour dénoncer la provocation "blasphématoire" et "christianophobe" de la présentation de "Sur le concept du visage du fils de Dieu", une pièce de Romeo Castellucci. Les manifestants ne supportent pas qu'un grand portrait du Christ soit utilisé comme toile de fond d'une pièce qu'ils jugent scatophile. La représentation est interrompue par des spectateurs. Des oeufs et de l'huile sont jetés. Plus de 200 personnes sont interpellées.
Comment expliquer l'ampleur de cette réaction? Et celles qui ont entouré l'exposition photographique "Piss Christ", vandalisée en avril en Avignon, et la pièce "Golgota Picnic", chahutée en novembre à Paris?
L'émission "A vue d'esprit" se penchera sur les raisons des artistes contemporains qui revendiquent le droit d'user et d'abuser de l'iconographie chrétienne, et sur celles des croyants qui estiment qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'image ou le nom de Dieu. La série se penchera également sur le blasphème au Pakistan, où la diffamation de l'islam et de son prophète peut conduire à la mort. (apic/com/ggc)
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Mal parti
Si l'angle est celui indiqué dans l'article ci-dessus, l'émission est déjà très mal partie. On peut s'attendre au pire. La vraie question n'est pas blasphème ou pas blasphème (question morale), mais liberté d'expression pour tous ou pas pour tous (question citoyenne). Sur l'autorisation ou non du blasphème, on ne s'entendra jamais, c'est affaire d'appréciation et de choix religieux, moral. Chacun peut en penser ce qu'il veut. En revanche, sur la liberté garantie à tous de s'exprimer et de manifester, on doit s'entendre en démocratie. Si on accorde aux soi-disant artistes une liberté d'expression totale, on doit l'accorder aussi à ceux qui s'indignent, pourvu que les uns et les autres le fassent pacifiquement et légalement. Les deux positions à confronter ne sont pas des "artistes" d'un côté et des "croyants" de l'autre, mais des partisans et des adversaires des libertés démocratiques pour tous: de s'exprimer, de manifester, de critiquer, de le faire isolément ou en association. Si l'article ci-dessus reflète un communiqué de "A vue d'esprit" et annonce bel et bien ce que sera l'émission, je ne la regarderai pas. Cela me dispensera de la critiquer a posteriori et de me rengorger en disant que le pire était d'avance prévisible. Peut-être y aura-t-il tout de même quelques bonnes réflexions dans dite émission. Je m'en réjouis pour celles et ceux qui la regarderont. En espérant qu'ils n'auront pas, pour cela, à avaler trop de couleuvres.