Informatique et Bible à Maredsous Les Concordances de la Bible constituent un des domaines où l'utilisation de l'informatique a produit les effets les plus rapides et les plus spectaculaires. Les traductions de la Bible utilisent des tables de concordance, pour vérifier si le même mot, en hébreu ou en grec, est traduit ou non par le même mot français, anglais, latin, etc.
Le site www.knowhowsphere.net met à disposition gratuitement une concordance analytique avec référence aux mots hébreux, araméens ou grecs sous-jacents à la traduction française de la Bible. Le "Centre Informatique et Bible" publie le Bulletin "Interface" depuis 1981, dont la plupart des livraisons sont accessibles via ce site. Il est localisé depuis 2007 dans la "Maison des Ecritures", un pavillon, proche de l'entrée de cette Abbaye bénédictine située entre Sambre et Meuse, dans la Province de Namur. Elle abrite le "Centre Informatique et Bible" fondé en 1979.
La première application de l'informatique à la Bible par l'équipe de Maredsous donna lieu à la réalisation d'une concordance thématique: "La Table Pastorale de la Bible", sortie de presse en février 1974, écrit InfoCatho.be, le site de l'info en continu des médias catholiques en Belgique.
Petit rappel historique: le mot "concordance" a d'abord été appliqué à la "concordance entre les Evangiles" qu'a tenté de mettre en œuvre Eusèbe de Césarée (260-339) à l'aide de ses Canons: rapprochement de passages évangéliques comparables. C'est de là que dériveront les "Synopses" (ou mise en parallèle visuelle, "d'un coup d'œil") des textes parallèles des Evangiles, des livres historiques de l'Ancien Testament ou des Lettres de Paul, mais également les "Concordances" (ou rapprochement de passages qui comportent un même mot ou une même expression).
Ces dernières supposent la division de la Bible en chapitres (ce que fera Etienne Langton au début du 13e siècle). Ce sera le travail des dominicains du couvent de Saint-Jacques à Paris vers 1230-35, sous la direction d'Hugues de Saint-Cher. Mais il faudra attendre la subdivision des chapitres de la Bible en versets au 17e siècle et la diffusion, majoritairement protestante, de Bibles en langues dites "vulgaires" (par opposition au latin de la "Vulgate"), pour avoir des Concordances verbales, dont la diffusion deviendra plus aisée grâce à l'imprimerie. Dans le domaine francophone, seule la petite Concordance sélective de la traduction de Segond sera disponible. C'est dire si l'équipe de Maredsous fit œuvre de pionnier.
La "Table Pastorale de la Bible" (Lethielleux, Paris, 1974) de l'équipe de Maredsous est une première "catholique" pour ce type d'outil facilitant la recherche de passages de la Bible. Elle constitue une sorte de dictionnaire d'usage des mots et expressions dans la Bible. La réalisation d'une Concordance verbale exhaustive pour une Bible spécifique (tous les passages où se trouvent un mot pour tous les mots d'une traduction ramenés sous le "lemme" ou forme du dictionnaire) constitue une première absolue dans le domaine francophone. Ce sera "la Concordance de la Bible de Jérusalem" (Le Cerf – Brepols, Paris, 1982).
Ensuite, nouvelle publication avec "la Concordance de la Bible – T.O.B." (Le Cerf – Société Biblique Française, Paris, 1993), qui met en jeu une concordance analytique avec référence, pour chaque mot de la traduction française, au mot ou à l'expression sous-jacent dans le texte hébreu, araméen ou grec. Un tel travail suppose l'enregistrement préalable des textes de la Bible dans ces langues.
Dès l'apparition des réseaux informatiques (comme le Minitel en France, à partir de 1981) ou des micro-ordinateurs (comme MacIntosh en 1982, ou IBM en 1983), "Informatique & Bible" à Maredsous diffuse des Bibles en français, puis en hébreu, puis en espagnol sur des disquettes, puis des CD-ROM. Elle les met encore "en réseau" avec des programmes de recherche sur l'ensemble du texte, permettant ainsi de faire le même type de recherche qu'à partir d'une Concordance imprimée. La Bible Pastorale de Maredsous est accessible sur internet depuis 2004 avec le moteur de recherche créé par "Informatique & Bible" (Knowhowsphere). Et le 1er juin 2012, c'est une version complète de "La Concordance de la Bible – T.O.B." qui devient ainsi accessible sur internet avec la dernière version du moteur de recherche Knowhowsphere, ou avec le moteur Khsmobi pour tous ceux qui veulent accéder à ces outils avec un téléphone portable ou une tablette (www.knowhowsphere.net ou www.khsmobi.net ). Dates de l'exposition: du 1er juin au 27 août, sur demande auprès d'"Informatique & Bible". Courriel : cib@cibmaredsous.be
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votre commentaire *Bonjour. Ceci devrait vous intéresser:
« La Bible en vers ». Jean Bescond conclut son œuvre
30 janvier 2013 - LE TELEGRAMME
Le Pouldergatois Jean Bescond poursuit sa plongée au cœur des textes anciens qui ont donné la Bible. Après le Nouveau Testament en vers, sortira prochainement, l'intégrale de la Bible réécrite par ses soins.
C'est un signe dans un domaine exigeant sur lequel tout semble avoir été écrit. Christian Terras, catholique progressiste, fondateur de la maison Golias, a signé pour le troisième ouvrage de Jean Bescond. Le premier « Le Nouveau Testament en vers et versets » était sorti en 2010, obtenant l'agrément de plusieurs représentants de l'église. Le second, « Ainsi cheminèrent les papyrus de la Bonne Nouvelle » en 2011. Aujourd'hui, Jean Bescond vient de rendre la suite logique : une version intégrale de la Bible en vers. « Au départ, j'avais été frappé par la beauté d'un manuscrit vu par hasard, rappelle Jean Bescond. Ensuite les lettres grecques m'ont renvoyé à mes études à Pont-Croix. Et j'ai découvert des versets courts, rythmés, simples et clairs dans le style de la tradition orale ».
Ritournelle musicale
« Les mots sont plus dits qu'écrits, plus entendus que lus et c'est en définitive une ritournelle musicale qui facilement se mémorise. Je me suis alors dit pourquoi pas en vers ? ». S'en suivit un long travail sur les textes en grec du Nouveau Testament. « Il y avait le risque avec cette technique des vers de s'écarter du texte et donc du sens. J'ai repris souvent mon texte pour conserver surtout la rythmique » dit l'auteur. Pour la Bible, l'érudit était confronté à un autre problème. Cette fois, pas de texte ancien en grec à travailler. Les plus anciens documents sont en hébreu. Jean Bescond a donc compilé les traductions existantes. « Je me suis ensuite servi de la logique exercée sur les travaux précédents pour aboutir à une synthèse de plusieurs versions d'un texte dont les premiers écrits datent de plusieurs siècles avant JC ». Jean Bescond a donc repris patiemment sa petite musique pour noircir des pages de textes. Le travail est inédit ou presque. Jean Bescond s'est trouvé un prédécesseur en Petrus Riga, un poète français du XIIe siècle qui « proposa dans un latin populaire et accessible une traduction de la bible en vers simples et courts, mais partielle ».
Un regard critique
Jean Bescond en profite aussi pour s'interroger sur les récentes éditions de la Bible. « À quoi bon, si c'est pour reproduire les mêmes erreurs ? » se demande-t-il. Il doute ainsi de l'intérêt d'une traduction « œcuménique » par une équipe d'exégètes réunissant catholiques, protestants et orthodoxes qui aboutit à une version « édulcorée, forgée à partir d'un consensus mou ». Jean Bescond se revendique libre et sans idées préconçues comme un journaliste qui enquête, recoupe, et aussi sans doute un poète qui cherche la musique des mots pour donner du sens au texte.
« La Bible en vers » sortira en avril. L'ouvrage (2.000 pages) est en souscription au prix de 45 € jusqu’au 28 février. Contact : labibleenvers@orange.fr Tel : 02.98.74.63.49.
Article de Ronan Larvor
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