Herbert Winter, président de la FSCI et du SCR (Photo: FSCI) Le nouveau président du Conseil suisse des religions (SCR) estime que la Suisse est un Etat de droit libéral, "et tout le monde devrait pouvoir porter ce qu'il veut. Toutefois, le visage doit parfois être visible, devant les autorités par exemple". Et de se demander si les codes vestimentaires religieux ont encore un avenir, en disant sa crainte que si la tendance se poursuivait dans le même sens, "le port de la kippa juive finira aussi par être remis en question". "La tolérance à l'égard des minorités a tendance à diminuer, et j'en suis très inquiet", a-t-il déclaré au journal alémanique. Le président de la FSCI et du SCR relève qu'après l'adoption de l'initiative anti-minarets fin novembre 2009, il y a eu des déclarations problématiques faites par les politiciens. "Je mentionne à titre d'exemple les demandes d'interdiction des cimetières séparés pour les minorités religieuses, des absences à l'école pour des motifs religieux ou des circoncisions pour les garçons".
"Je vois cela comme une humeur générale, déclenchée par une prise de conscience qui veut mettre l'accent sur les choses censées être typiquement suisses, et où les écarts ne sont pas acceptés", poursuit-il. Si certaines femmes juives mariées ne peuvent pas montrer leurs cheveux en public et les dissimulent avec un foulard ou en portant une perruque, cela ne concerne qu'une petite partie de la communauté juive, souligne-t-il, "mais il ne s'agit pas d'un voile, le visage est visible; ce n'est donc jamais un problème".
Herbert Winter dit cependant sa compréhension pour l'interdiction du foulard pour les enseignants dans les écoles publiques. "La Tribunal fédéral a souligné dans une décision que, pour des raisons de neutralité religieuse, le foulard des enseignants n'est pas acceptable. Pour les écolières, je ne vois toutefois aucune raison pour une telle interdiction!" Au Conseil suisse des religions (SRC), dans lequel chrétiens, juifs et musulmans siègent ensemble, c'est généralement le thème des symboles religieux sur la place publique qui est un sujet perpétuel de discussion, poursuit-il. En tant que président du SCR, "je peux leur dire que les étudiants n'ont pas de problèmes de dispenses pour les fêtes juives. Des cas isolés peuvent cependant se produire".
Concernant la population musulmane en Suisse, il concède que de telles demandes sont refusées "souvent au motif que de telles dispenses scolaires ne sont pas propices à l'intégration". En ce qui concerne la communauté juive, qui est depuis longtemps partie intégrante de la population suisse, "la question de l'intégration ne se pose pas", estime-t-il.
(*) La burqa ou le niqab (voile intégral chez les musulmans) et toute forme de dissimulation du visage dans les lieux publics ne doivent pas être interdites à l'échelon fédéral. Le Conseil des Etats a en effet rejeté mercredi 9 mars par 24 voix contre 4 une initiative du canton d'Argovie allant dans ce sens. Le Conseil national doit encore se prononcer sur le sujet. Selon la majorité de la chambre haute du Parlement helvétique, il n'est pas nécessaire de légiférer. Le port de vêtements couvrant l'intégralité ou une grande partie du visage n'est pas un réel problème en Suisse, car il ne concerne que 100 à 150 personnes par an. Cette mesure frapperait plutôt une poignée de touristes des pays islamiques qui visitent notamment Genève.
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