Le leader paysan guatémaltèque José Maria Romero, lauréat du Prix Caritas 2012 (Photo: Bernard Bovigny) La cérémonie de remise du prix s'est déroulée devant quelque 800 invités et bienfaiteurs de Caritas-Suisse, dont de nombreuses personnalités issues des milieux politique, économique, culturel et ecclésial. La Conférence des évêques suisses était représentée par Mgr Martin Werlen, Père Abbé d'Einsiedeln.
José Maria Romero, 45 ans, a été récompensé pour sa lutte avec Instancia Tierra Norte pour permettre à des milliers de familles indigènes d'avoir accès à un bout de terre qu'elles peuvent cultiver, avec la sécurité d'un contrat, indique Caritas Suisse. La répartition inéquitable des terres constitue au Guatemala un problème social fondamental.
Dans son hommage prononcé devant un parterre de salle bondé, le conseiller fédéral Alain Berset a affirmé: «L'engagement de José Maria Romero est exemplaire et laisse espérer un avenir pacifique pour le Guatemala et une répartition plus équitable des terres». Il a encouragé le lauréat et le mouvement Instancia Terra Norte à poursuivre sur la même voie «car ils garantissent des droits humains fondamentaux, au nom d'une population indigène marginalisée et défavorisée».
Le conseiller fédéral socialiste a assuré que des œuvres d'entraide privées, mais également le gouvernement suisse, s'engageaient au Guatemala pour le soutien des droits politiques et sociaux. La Confédération a en effet mis des experts à disposition du Guatemala pour traiter et numériser des archives policières longtemps considérées comme disparues ou cachées. Selon Alain Berset, «cette contribution de la Suisse est une profession de foi contre l'oubli». «C'est en effet une manière de garder en mémoire les violences étatiques des années noirs de la dictature au Guatemala», a-t-il affirmé.
La cérémonie a été ouverte par la présidente de Caritas Suisse, Mariangela Wallimann-Bornatico. Elle a souligné l'importance de l'action menée par Instancia Terra Norte dans un pays qui a connu une guerre civile de 30 ans ayant provoqué plus de 200'000 morts et de très nombreux disparus.
José Maria Romero, 46 ans, est marié et père de 7 enfants. Il vit et travaille près de Melchior de Menos, dans le nord-est du département de Petren, indique Caritas Suisse dans son bulletin d'information de juin 2012. Sa famille s'est installée à cet endroit durant la période de dictature militaire pour rechercher un peu de terre. Il a dû régulièrement lutter pour conserver cette ressource car l'administration du district a souvent tenté de reprendre son lopin de terre, ce qui lui aurait empêché de subvenir aux besoins de sa famille.
A côté de son travail d'agriculteur, José Maria Romero se lance comme enseignant et comptable. Il garde de sa formation chez les franciscains à Antigua l'envie de s'engager avec d'autres pour une cause utile et importante. Sous son impulsion, le mouvement Instancia Terra Norte a permis à plus de 2'000 familles indigènes d'accéder à un bout de terre à cultiver, avec la sécurité d'un contrat.
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