Mgr Camillo Ballin, vicaire apostolique d’Arabie du Nord (Photo: Vicariat apostolique d’Arabie du Nord) Ce dernier s'est encore réjoui du don d'un terrain de 9'000 m2 par le Bahreïn pour la construction d'une nouvelle église, celle de la capitale Manama étant trop petite. Mgr Camillo Ballin, un missionnaire combonien italien de la région de Padoue, a dit espérer que ce signe d'ouverture soit un exemple qui serve de modèle pour les autres pays de la région.
Son vicariat est sept fois plus étendu que l'Italie, et les catholiques y sont plus de 2 millions. Ce sont tous des immigrés, venant principalement des Philippines, d'Inde, du Bangladesh et du Sri Lanka. Le Koweït compte environ 350'000 catholiques. Le même nombre vit au Qatar, tandis qu'au Bahreïn, il y entre 100 et 140'000 fidèles catholiques. En Arabie saoudite, ils sont un million et demi.
Le vicaire apostolique n'a pas précisé de quel pays il s'agissait quand il a dit espérer que l'exemple du Bahreïn serve de modèle pour les autres pays de la région. Il faut en effet noter qu'il n'y a pas de liberté religieuse en Arabie saoudite où la vaste majorité des citoyens sont des musulmans sunnites et où la religion officielle de l'Etat est la doctrine wahhabite, rappelle l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International dans un communiqué diffusé le 10 août 2012 (*). Le Bahreïn connaît également une vague de troubles suite aux revendications d'une large majorité de sa population, qui se sent discriminée en raison de son appartenance à l'islam chiite.
Dans l'interview accordée le 10 août à Radio Vatican, Mgr Camillo Ballin relève la position géographique centrale de l'île du Bahreïn, qui se trouve entre le Koweït et le Qatar, en face de l'Arabie saoudite, mais surtout le fait que cet Etat facilite beaucoup l'entrée dans le pays en cas de rencontres de prêtres, de catéchistes et de responsables chrétiens. Les visas peuvent être obtenus avec plus de facilité.
Evoquant les principaux défis pastoraux que rencontre l'Eglise catholique dans cette région, Mgr Ballin évoque notamment les différences de nationalités, de langues, de cultures et de rites religieux. "Dans la cathédrale de Koweït, nous célébrons en cinq rites différents – le rite latin, le syro-malabar, le syro-malankar, le maronite et le copte – et en 12 langues. Cette diversité de rites et de langues cause, parfois, des tensions".
"Le problème principal, dans ces pays, note Mgr Ballin, est de toute façon toujours celui de l'espace: nous avons des centaines de milliers de fidèles, mais l'espace que nous pouvons utiliser est toujours très réduit. Et cela aussi cause – de nombreuses fois – des tensions entre les groupes eux-mêmes. Un autre défi est de réussir à comprendre comment faire de cette communauté une seule Eglise catholique et pas tellement avoir des églises catholiques les unes à côté des autres".
La situation au Koweït est devenue "très critique" pour les chrétiens, confiait en avril dernier le vicaire apostolique d'Arabie du Sud, Mgr Paul Hinder, dans une interview à l'agence de presse catholique américaine CNS. "Il n'y a aucun doute, nous sommes tous sous surveillance", avait affirmé le religieux capucin d'origine suisse s'exprimant après que l'assemblée nationale du Koweït eût approuvé à une immense majorité, le 12 avril dernier, l'introduction de la peine de mort pour les cas de blasphème.
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