La religion musulmane est la première "industrie lourde" au Sénégal. Au fil des années, elle est devenue une activité lucrative, un secteur commercial dynamique, qui alimente nombre d’activités connexes.
Dignitaires musulmans lors d'un mariage à Dakar (Photo: Bernard Litzler)
Selon le journal sénégalais, "Sud Quotidien", l'islam est capable de mobiliser toute une infrastructure, d'alimenter des entreprises et des branches commerciales, tels que les sociétés de transport, les vendeurs ou loueurs de bâches, de chaises, de matériel de sonorisation pour les conférences, et autres rassemblements religieux. Sans parler de l'alimentation. Comme toute industrie, la religion occupe une abondante main d'œuvre, brasse d'énormes chiffres d'affaires, et engendre des profits. Elle a ses chefs d'entreprise, ses ouvriers et même ses travailleurs au noir, ses syndicats et ses grands patrons. Elle a aussi ses exigences et a développé une expertise certaine. L'"industrie" de la religion musulmane au Sénégal a ses pics. Ce sont les périodes du mois de ramadan, du grand magal de Touba, et du gamou annuel de Tivaouane. Le grand magal de Touba rassemble chaque année des millions de musulmans de la confrérie des mourides qui célèbrent le retour d'exil du Gabon, du fondateur de la confrérie, le cheikh Ahmadou Bamba. Le gamou de Tivaouane, attire lui aussi, des millions de musulmans de la confrérie des tidjanes, la plus importante du pays, pour célébrer la naissance du prophète Mohamet. Tous ces évènements sont l'occasion de louer des véhicules, des bâches, des chaises, etc. Les entreprises ou les ouvriers chargés de leurs installations sont payés.
Le mois de ramadan qui tire à sa fin, est une période particulièrement bénie pour les "opérateurs" religieux du pays. Pendant ce mois, ils développent un riche commerce de dattes, transforment certains marchés de Dakar en 'hub' de produits, censés venir de La Mecque, mais en réalité fabriqués à Shanghai (Chine), Jakarta (Indonésie) ou Bangkok (Thaïlande). Ils envahissent les plateaux des chaînes de télévision et de radios du pays. Sous les caméras, ils rivalisent d'ardeur dans les gestes de "solidarité avec les pauvres, les démunis, les orphelins". A un point tel que le quotidien local, "Le Pays" dénonce cette forme de "solidarité avec les comme du "du tape-à-l'œil".
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