Brésil Le Père Amaro célébrant la messe (Photo: Jean-Claude Gerez) Tant à Belém, capitale du Para, au cœur de l'Amazonie brésilienne, qu'à Fortaleza ou à Anapu, à 1'000 km plus au sud, à l'endroit où elle a vécu, lutté et a trouvé la mort, la mémoire de la religieuse américaine a été honorée. Agée de 73 ans, Sœur Dorothy Stang, originaire de Dayton, dans l'Etat américain de l'Ohio, avait acquis la nationalité brésilienne.
"Voici mon âme". C'est en prononçant cette phrase que Soeur Dorothy Stang est morte, mitraillée par des tueurs à gages. La missionnaire américaine luttait pour le respect des droits des petits agriculteurs de la région et contre les grands propriétaires terriens et exploitants forestiers illégaux.
"Sept ans après sa disparition tragique, le souvenir est intact dans les communautés de la région. Le travail qu'elle a accompli est toujours très visible et n'a cessé de croître, explique le Père José Amaro. Le curé d'Anapu continue d'accompagner les petits agriculteurs avec, notamment, l'appui de deux religieuses". Il célébrait dimanche 12 février une messe tout près du lieu où la religieuse a été assassinée. Malgré les difficultés, les conditions de vie des petits paysans se sont améliorées. La plupart ont ainsi pu construire leurs maisons et vivent de leurs productions de cacao, dans les Projets de Développement Durables (PDS) Esperança et Virola.
Pour se convaincre de la présence de Sœur Dorothy dans les esprits, il suffit d'ailleurs de rentrer dans les maisons de ces petits agriculteurs. Toutes en effet possèdent une image de la missionnaire. "Elle continue à nous guider, assure Antonia, une habitante d'Esperança. Et sa mort, contrairement à ce qu'espéraient ses assassins, nous a réunis encore davantage". Une solidarité accrue avec la menace que constitue aujourd'hui le Nouveau Code Forestier, un texte adopté le 24 novembre dernier par le Sénat et qui prévoit, notamment, de restreindre considérablement les zones actuelles de protection de la forêt. Résultat, quelque 75 millions d'hectares pourraient disparaître. Sans compter l'amnistie des atteintes portées à l'environnement depuis juillet 2008.
En attendant, et même si les jugements n'ont pas tous été rendus, le sentiment chez les amis de Sœur Dorothy est que justice a été rendue. Notamment à l'encontre de Regivaldo Pereira Galvao, l'un des principaux commanditaires de l'assassinat. Condamné à 30 ans de prison, il est aujourd'hui derrière les verrous. Et sa demande de mise en liberté, présentée par la Défense, a été rejetée la semaine dernière par le Tribunal Suprême de Justice (STJ).
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